« Le logement neuf poursuit son redressement », a souligné Olivier Salleron, président de la Fédération française du Bâtiment (FFB), ce lundi 14 septembre, en conférence de presse.
Au premier semestre (1S) 2021 comparé au 1S 2019, mises en chantier et permis de construire ont gagné respectivement 1,8 % et 3,1 %.
Ce dynamisme est porté par l’individuel neuf. Les permis délivrés ont progressé de 18,3 %, les mises en chantier, de 4 %, et les ventes, de 16,3 %.
Des métropoles compromettent la reprise
A contrario, le collectif, qui inclut les logements en résidence, fait pâle figure. Si la progression de 3,5 % des chantiers lancés est liée au rattrapage du premier confinement, les ventes régressent de 7,3 % et les permis, de 6,9 %.
« En zone tendue, les permis en collectif s’effondrent, à rebours des souhaits de densification dans la Loi Climat et Résilience », analyse Olivier Salleron, qui pointe du doigt les nouveaux élus municipaux et métropolitains qui ont tardé à se mettre en place sur fond de crise sanitaire et « certaines équipes écolos extrémistes qui ont bridé le développement » du neuf.
Un exemple ? « A Bordeaux, le maire n’accepte plus de nouveaux habitants… On est à Shenzhen ? En planification ? » se demande le Périgourdin.
Concernant l’amélioration-entretien, « la montée en puissance » de MaPrimeRénov’ a stimulé les travaux de rénovation énergétique dans les logements (+4,1 %). Insuffisant, toutefois, pour doper l’ensemble des travaux, en baisse de 4,8 %.
Au global, l’activité bâtiment a perdu 6,3 % par rapport au S1 2019. Le recul devrait avoisiner les 5 % sur l'année, selon les prévisions de la FFB.
60 000 créations d’emplois en 2021
En cette rentrée marquée par une couverture vaccinale - chez les adultes - supérieure à 80 % et le passage sous la barre des 10 000 hospitalisations liées au Covid, « la meilleure des surprises » concerne l’emploi.
La FFB table cette année sur environ 60 000 créations de postes salariés et intérimaires en équivalent temps plein. En décembre 2020, lors de ses dernières prévisions, elle envisageait une destruction de 50 000 emplois.
Le prolongement de six mois, jusqu’au 30 juin 2022, des aides en faveur de l’apprentissage, est un signal encourageant à destination des 410 000 employeurs du bâtiment, selon la fédération aux 50 000 entreprises adhérentes.
Cet optimisme contraste avec les multiples menaces qui pèsent sur le secteur.
Citons les marges des entreprises qui « peinent à se redresser », selon le président de la FFB. En effet, le taux de marge opérationnelle corrigé de la rémunération des chefs d’entreprises non-salariés a retrouvé son niveau de 2018 (25 %), mais pas celui de 2019 (27 %). Contrairement à « des secteurs connexes au bâtiment comme l’industrie manufacturière », qui affiche un taux supérieur à 35 %.
S'inspirer de la Roumanie
La principale inquiétude concerne la crise des matières premières, qui ralentit la production. Depuis janvier dernier, l’indice des prix des PVC et mélanges à base de PVC a augmenté de 55 %, celui des plastiques alvéolaires (hors emballages), de 20 %... Sans oublier la pénurie mondiale de semi-conducteurs qui affecte les TPE-PME de plomberie, chauffage… « Le délai de livraison est passé de deux semaines à deux mois et demi », témoigne Olivier Saleron.
« Le pic (NDRL : des prix) devrait être atteint d’ici la fin d’année. C’est notamment ce que prévoient les aciéristes européens », annonce-t-il.
Sur le bois, le dirigeant conseille au gouvernement de suivre les exemples de la Roumanie et de la Hongrie qui « ont décidé qu’aucun bois non-transformé ne quitte le pays » afin de décourager les investisseurs étrangers qui font leur marché en France.
Selon lui, la crise des matériaux est responsable d’une hausse annuelle « de 5 à 7 % » des prix des logements individuels. « Sans compter les surcoûts de la RE 2020 », pointe-t-il. D’où la nécessité d’un « accompagnement financier » via « un crédit d’impôt sur les amortissements d’emprunt en neuf ».
Dans l’attente des premières conclusions de la commission Rebsamen, annoncées pour le 20 septembre, Olivier Salleron conclut sur une bonne note : « Nous sommes un secteur qui paie bien : un CAP de 17 ans qui débute gagne entre 9 et 10 % de plus que le smic. Outre les jeunes, nous attirons des reconvertis qui se sont retrouvé sur le carreau dans un autre secteur, des réfugiés en situation régulière. Le bâtiment jouit d’une bonne image. » Voilà un bon point pour gagner la bataille de la relance.










