« Le secteur de la défense est porteur d’affaires pour la location », selon Carole Bachmann de l'ERA

Alors que l’Association européenne de la location (ERA) a fêté cette année ses 20 ans d’existence, sa secrétaire générale revient sur ses origines et dévoile sa feuille de route 2026-2028.

Pour NL
Carole Bachmann, secrétaire générale de l'ERA durant le dernier congrès de l'association.

En marge de l’APEX & IRE Show, événement conjoint du secteur des plateformes élévatrices et de la location de matériels organisé début juin, l’Association européenne de location (ERA) a célébré son vingtième anniversaire. Quelle est la recette de cette longévité ?

Carole Bachmann : Ce qui a permis à l’ERA de durer toutes ces années, c’est le fait que nous travaillons sur des sujets concrets et proches des préoccupations de nos membres. Elle a été créée à une époque où plusieurs sociétés de location ont commencé à développer leurs activités hors de leurs frontières nationales et à devenir pan-européennes. Si elles pouvaient être déjà accompagnées par leur association nationale respective, il existait un réel besoin qu’a senti Gérard Déprez, le PD-G de Loxam en proposant de créer l’ERA. Elle s’est ainsi bâtie autour de trois piliers principaux : la promotion du métier de la location, la compilation de statistiques marché et l’harmonisation des règles européennes.

Comment se positionne l’association dans le paysage européen de la location ?

Relativement rapidement, l’ERA est devenue la voix de la location en Europe. De 30 signataires du premier accord il y a vingt ans, nous sommes passés à 130 membres, dont la moitié de loueurs et associations nationales dédiées au secteur, et pour le reste des fabricants et des fournisseurs. Nous sommes en quelque sorte une plateforme d’échange et de partage. Nous travaillons ainsi en collaboration avec notre écosystème représenté par les organisations professionnelles de fabricants d’équipements, d’entreprises de construction ou des associations partenaires du secteur. C’est une grande fierté pour l’ERA que de réunir ces différents acteurs pour relever ensemble les défis de l’industrie.

Quels sont les principaux défis pour la location actuellement ?

La transition énergétique est, je pense, la plus importante révolution à laquelle doit faire face la location depuis qu’elle existe. C’est un défi de long terme sur lequel il nous faut accompagner nos membres, ce qui n’est pas forcément évident car ils sont parfois aussi pris par le court terme et des enjeux financiers. Mais elle peut bénéficier au secteur car la location est un levier de décarbonation. La transition digitale est une autre révolution, même si, là aussi, elle peut ouvrir des portes formidables en faisant évoluer notre métier, notre relation avec les clients et positionner les acteurs comme des fournisseurs de solutions et non seulement de machines. 

« La location est le modèle qui répond le mieux aux incertitudes. Il nous faut toutefois être impliqués plus en amont des projets »

Comment se traduit concrètement l’accompagnement de l’ERA auprès de ses membres ?

Nous essayons de leur fournir des outils, notamment pour leur permettre d’atteindre leurs objectifs en matière de durabilité comme le calculateur de CO2 ou le guide du reporting carbone. De façon générale, nous souhaitons faciliter encore plus le calcul de l’empreinte carbone pour les sociétés, notamment les plus petites. Pour la digitalisation, l’an dernier, nous avons publié un rapport sur l’intelligence artificielle appelé « From Digitalization to AI », dans le but aussi de donner une image objective, neutre, d’où en est notre industrie et de montrer aussi dans quelles fonctions de l’entreprise l’IA peut avoir une vraie valeur ajoutée. Par ailleurs, nous utilisons aussi tous ces supports pour promouvoir la location auprès des pouvoirs publics et des décideurs politiques.

Pouvez-vous présenter votre plan stratégique 2026-2028 ?

Il s’articule autour de quatre piliers : durabilité, technologie, promotion et people. Dans le premier volet, en plus de ce que j’ai pu mentionner précédemment, nous souhaitons aussi insister sur les concepts d’économie de la fonctionnalité et d’économie circulaire. L’axe technologie inclut tout ce qui est digital et tout ce qui s’applique aux matériels, comme la télématique. Nous souhaitons aussi accompagner nos membres autour des sujets d’automatisation et de robotique qui peuvent concerner les interventions en milieu hostile par exemple ou ouvrir de nouveaux horizons à notre industrie dans la défense. Nous continuerons enfin à œuvrer pour accroître la visibilité et l’attractivité de notre industrie, d’où la volonté de créer les deux derniers piliers.

La défense peut-elle constituer un vrai relai de croissance ?

Elle est déjà devenue un nouveau secteur d’activités pour certains acteurs de la location et pourrait le devenir plus largement pour d’autres. Au niveau européen, un programme de développement des infrastructures de transport – notamment routières et ferroviaires – est en cours afin d’améliorer la connectivité et de faciliter la circulation des biens à travers l’Europe, y compris pour renforcer la résilience des réseaux en cas de crise ou de besoins stratégiques, comme en mobilité militaire. Des demandes d’équipements vont donc pouvoir être satisfaites par la location. En temps de guerre, comme on l’a vu en Ukraine, des entreprises de location, locales ou non, ont fourni des générateurs. Les loueurs ont l’avantage d’avoir un réseau qui dépasse les frontières, ce qui constitue aussi un atout pour réparer les matériels. Ce sont autant de ressources qui pourraient être mobilisées pour soutenir une défense européenne si besoin ou des situations d’urgence comme les désastres naturels. En Italie, s’il y a un tremblement de terre, les sociétés de location sont par exemple plus organisées pour aller porter assistance.

Qu’est-ce qui doit permettre à la location de continuer à s’inscrire dans la durée malgré un contexte de marché difficile ?

En dépit de ces incertitudes, il est indispensable de rester proche de nos clients. En vingt ans, les loueurs sont passés de simples fournisseurs à partenaires. Les changements digitaux, énergétiques amènent à encore plus d’accompagnement. Et, pour satisfaire au mieux les attentes, il nous faut aussi être plus impliqués en amont des projets, dès l’appel d’offres. Nous sommes au milieu d’un écosystème et nous avons besoin de travailler tous ensemble. Il me semble aussi que la location est le modèle qui répond le mieux aux périodes d’incertitude.

L'interview complète est à retrouver dans le numéro de juillet. 

Newsletter Le Récap
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Conférence
CONNECT MATERIELSOpens in new window
Le rendez-vous d’affaires qui connecte les utilisateurs, loueurs et constructeurs de matériels !
19-20 Novembre 2026
Magny-le-Hongre
Programme et inscriptionOpens in new window
Trophée
ÉQUERRE D’ARGENTOpens in new window
Le trophée qui récompense la collaboration entre la maîtrise d’œuvre et la maîtrise d’ouvrage
23 Novembre 2026
Paris
Programme et inscriptionOpens in new window
Conférence
BATIR POUR LE CLIMATOpens in new window
Le forum des solutions décarbonées pour maîtres d’œuvre, maîtres d’ouvrage et entreprises du BTP
3 Décembre 2026
Paris
Programme et inscriptionOpens in new window
Les services Le Moniteur
La solution en ligne pour bien construire !
L'expertise juridique des Éditions du Moniteur
Trouvez des fournisseurs du BTP !
Détectez vos opportunités d’affaires