L'écriture d'une nouvelle page de l'histoire de l'ingénierie territoriale de l'Etat se réfère aux grands hommes de la Ve République : « De Gaulle a inventé la déconcentration, Mitterrand la décentralisation. Voici l'heure de passer à la mutualisation, à travers une organisation agile et experte, pour reconstruire, par la confiance, des territoires quelquefois abîmés, mais toujours résilients », s'est enflammée Marie-Claude Jarrot, le 28 janvier, lors de sa première apparition publique comme présidente du Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema).
L'ambition ainsi résumée ouvre la voie à une innovation juridique : l'organisme devrait se transformer en établissement public local, tout en conservant la tutelle de l'Etat. Grâce à ce double statut, les collectivités lui commanderaient des prestations sans appels d'offres, comme elles le font avec les sociétés publiques locales ou les agences d'urbanisme. Le fonctionnement en régie reposerait sur une cotisation. Avec ses textes d'application, la loi Décentralisation, différenciation, déconcentration et décomplexification pourrait encadrer cette transformation.
Adaptation climatique. Cette perspective mettra-t-elle fin à la sévère cure d'amaigrissement subie depuis plus de quinze ans ? Quelque 4 000 personnes travaillaient en 2005 dans les entités fusionnées en 2014. Il en restait 3 200 lors de la création du nouvel établissement doté d'un budget annuel de 240 millions d'euros, dont 190 apportés par l'Etat, lequel diminue ses subventions au rythme de 3 à 4 % par an. Pour stabiliser son effectif à 2 400 en 2022 à la faveur du nouveau statut, le directeur Pascal Berteaud affiche une ambition fédératrice, appliquée au bâtiment comme aux infrastructures ou à la planification : « L'adaptation au changement climatique guidera les politiques publiques des trente ou quarante prochaines années. » La dominante verte de la nouvelle identité visuelle symbolise la ligne directrice, de même que la baseline : « Climat et territoires de demain ». A court terme, le nouveau Cerema a identifié une rampe de lancement idéale pour imprimer sa marque dans les cinq ans à venir : les centaines de contrats de relance et de transition écologique en instance de signature, une initiative d'Etat entre les mains des élus locaux.












