A la veille de son centenaire en 2026, le groupe CAM se fixe des objectifs ambitieux de développement. Cet assureur du BTP, membre du groupe Sgam BTP, ancré dans l’Est et qui a élargi son champ géographique à d’autres territoires en France, a rédigé " une feuille de route " à compter de cette année qui vise un doublement de taille. « Le document inscrit un objectif de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2032, par rapport aux 223 millions d’euros de 2023 », déclare Raphaël Dillinger, directeur général. Le bilan 2024, en cours de consolidation, devrait traduire une croissance annuelle « de l’ordre de 5 % », selon le dirigeant, qui occupe sa fonction actuelle depuis le 1er juillet 2024 après avoir été directeur général adjoint.
Anne Lienhart Raphaël Dillinger est le directeur général du groupe CAM depuis le 1er juillet 2024. © Anne Lienhart
Le groupe d’assurances au statut mutualiste s’estime en mesure de réussir son pari à partir de son socle actuel d’activité. Celui-ci ne manque effectivement pas de solidité. Dans les huit départements de l’Est qui constituent son fief historique (Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle, Meurthe-et-Moselle, Vosges, Territoire de Belfort, Haute-Saône, Doubs) depuis son siège à Strasbourg, il revendique une part de marché de 25 % parmi les architectes, 28 % parmi les entreprises de construction de plus de 5 salariés et de 50 % pour le segment des plus de 50 salariés.
« Notre stratégie est guidée par cet axe directeur : rester l’assureur leader de notre territoire », poursuit Raphaël Dillinger. Pour y parvenir, l’assureur confirme et consolide son réseau « de proximité » formé de 12 agences en direct, et celui de courtage sous la marque CAM Courtage, qu’il a déployé ces dernières années à Lyon, Aix-en-Provence et Toulouse.
1,5 milliard d’euros d’actifs
La direction du groupe peut aussi appuyer ses ambitions sur une base financière conséquente. « Nos capitaux propres situés à 436 millions d’euros à fin 2023 représentent ainsi près de deux fois le chiffre d’affaires », souligne Raphaël Dillinger qui rapporte également un ratio de solvabilité de " 305 % " (contre une moyenne des compagnies d’assurances françaises à 247 % en 2022) qui est mesurée en formule dite « standard », la plus exigeante, précise le dirigeant.
Au total, le groupe CAM rassemble huit sociétés, dont trois compagnies d’assurance (la mutuelle CAM BTP, Acte IARD et Acte Vie) qui emploient 250 salariés, pour un total d’actifs gérés d’1,57 milliard d’euros à fin 2024, principalement réparti entre les produits de taux et liquidités (52 %), des actions (17 %), et de l’immobilier (11 %).
Appuyé sur son histoire, l’assureur entend bien sûr être acteur des « mutations » des prochaines années de sorte à respecter sa feuille de route. La montée de la digitalisation de son offre en parallèle de ses implantations physiques est inscrite dans son document-cadre, de même que la réponse aux nouveaux enjeux. Il revendique ainsi une expertise particulière dans l’assurance des installations photovoltaïques et la gestion du sujet " retrait-gonflement d’argiles ".
But marqué à la Meinau
Rare est la réponse du groupe CAM à des appels d’offres publics. Mais quand il les cible, c’est pour marquer le but décisif. Et quoi de mieux pour cet assureur alsacien que de le faire au stade de la Meinau de Strasbourg. Avec SMABTP, il a remporté auprès de la métropole le marché de la couverture des risques du gros chantier (160 millions d’euros) de rénovation de la célèbre enceinte de football qui se déroule jusqu’à l’été 2026. Il se charge du lot dommages-ouvrages, tous risques chantiers et « contrat collectif de responsabilité décennale » (CCRD). « Nous nous devions d’être présents, en démontrant nos capacités à accompagner les entreprises sur un chantier hors normes comme celui-ci », souligne Joseph Pultrini, directeur général adjoint du groupe CAM. Celui-ci assure déjà de façon générale bon nombre des intervenants de la maîtrise d’œuvre (OTE Ingénierie, les architectes Rey-de Crécy) et des travaux (Demathieu Bard).
Propriétaire de forêt
Acquisition d’actif inédite pour le groupe CAM, il est propriétaire depuis l’an dernier de 104 hectares de forêt en Meuse. © Christian Robischon
L’assureur du BTP ajoute une corde inédite à son arc : la propriété forestière. L’an dernier, il a acquis un massif de 104 hectares dans la Meuse, auprès de la Safer Grand Est. Il entend ainsi apporter une dimension de développement durable à son patrimoine d’actifs. Il s’est engagé à « garantir une exploitation durable » de protection de la ressource à long terme et de captage-stockage de CO2, avec une gestion dite « en couvert continu, sans coupe rase, permettant une régénération constante ». Il compte poursuivre dans cette voie à partir de ce prototype.
















