Pour respecter l'identité patrimoniale d'Alençon (Orne), l'enjeu est double : préserver l'existant en le rénovant, et produire des extensions contemporaines. Il s'agit d'éviter de s'inscrire dans un mimétisme maussade et d'apparaître comme ne regardant que le passé, lance Stéphane Jambet, directeur de l'aménagement et du développement de la Ville. Ainsi, quand l'architecte Antonin Ziegler s'est vu confier la réhabilitation-extension d'un ensemble du XIXe siècle pour créer le pôle de santé libéral et ambulatoire Simone-Iff, la collectivité attendait qu'il trouve ce juste équilibre entre un existant historique et une écriture moderne. Livrée en janvier dernier, l'opération menée sous maîtrise d'ouvrage de la Shema, une société d'économie mixte régionale mandatée par la Ville, a permis l'installation de 21 cabinets médicaux et paramédicaux.
L'équipement s'étend, pour partie, sur l'îlot formé par un ancien hôtel particulier et ses deux dépendances. Situés au pied d'anciens remparts et tout près de la basilique Notre-Dame, les édifices ont été restaurés, en particulier leurs extérieurs, « toujours en lien avec l'architecte des bâtiments des France (ABF). Et ce, malgré les surprises… » relate Stéphane Jambet. Un pignon qui s'était effondré pendant le chantier a, par exemple, dû être rebâti. Les toitures ont, quant à elles, été refaites, de même que les intérieurs qui avaient été vidés. La réalisation de nouveaux planchers a permis de rendre l'ensemble accessible aux personnes à mobilité réduite.
Liaisons vitrées. Afin de répondre aux besoins du programme, ont été ajoutés « deux bâtiments très simples, légèrement déhanchés, de telle manière que l'un se positionne dans la continuité des édifices existants, et l'autre, dans celle de la rue », décrit Antonin Ziegler. Pour créer ces nouvelles surfaces, l'architecte a choisi de scinder l'extension en deux, afin que sa volumétrie s'harmonise avec le tissu environnant. Toutefois, les différents corps de bâtiment sont reliés par une circulation vitrée qui traverse l'ensemble du pôle, tout en amenant de la transparence.
Toujours dans ce souci d'intégration, l'équipe de conception a encore allégé la silhouette des extensions en jouant sur des joints creux qui partitionnent visuellement les nouvelles façades, habillées d'un camaïeu de briques brunes et grises. « Cette brique dialogue avec la pierre utilisée à Alençon. Son appareillage s'inspire aussi de la diversité des modénatures de la ville », explique Antonin Ziegler.
Toitures-terrasses. La réinterprétation, plutôt que la reproduction, d'éléments du patrimoine sur l'extension permet d'éviter le pastiche, tout comme le choix de toitures-terrasses qui lui confèrent une géométrie contemporaine. Visibles depuis les remparts, ces dernières ont été traitées telle une cinquième façade, en pierre, et sans verrue technique apparente. Les ouvertures, enfin, sont différenciées. Côté ville, les fenêtres adoptent l'ordonnancement des architectures traditionnelles, tandis que, côté parc, les grandes dimensions dominent.
PHOTOS : ANTOINE CARDI
PHOTOS : ANTOINE CARDI
PHOTOS : ANTOINE CARDI
Informations techniques
Maîtrise d'ouvrage : Shema pour la communauté urbaine d'Alençon.
Maîtrise d'œuvre : Antonin Ziegler, (architecte, mandataire). BET : B Ingénierie (TCE), B14 (thermique, fluides, aéraulique), Bader (courants forts et faibles), Orfea (acoustique).
Principales entreprises : Sagir (gros œuvre et briques), Lefèvre (façades de l'existant), Denis Marié (charpente bois), Lessinger Menuiserie (cloisons), SMA (menuiseries aluminium de l'existant), SPBM (menuiseries aluminium de l'extension), Menuiserie Louise (menuiseries bois).
Surface : 1 217 m² SP, soit 842 m² réhabilités et 375 m² d'extension.
Calendrier : lancement du projet en 2016, travaux de 2021 à 2023, livraison en janvier 2024.
Coût de l'opération : 4,2 M€ HT.













