La formation des maires au paysage va connaître un coup d’accélérateur au premier semestre 2023. La secrétaire d’Etat à l’écologie Bérangère Couillard en a précisé le cadre contractuel le 28 novembre, avant de remettre le huitième grand prix national du paysage à Alain Freytet : une convention tripartite associera la fédération nationale des Conseils d’aménagement, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE), le ministère de la Transition écologique et l’Association des maires de France.
Greffe paysagère chez les élus locaux
Issue d’une enquête initiée en 2021 par le Conseil général de l’environnement et du développement durable sur la perception du paysage par les élus locaux, le lancement des formations permettra de corriger les clichés qui freinent le recours aux paysagistes concepteurs, officiellement identifiés comme des maillons clé de la transition écologique : « Leur intervention ne se limite ni à la décoration, ni aux sites d’exception. De la connaissance géographique au sensible et à l’intime, ils offrent une clé de lecture du fonctionnement et des dysfonctionnements des écosystèmes et des territoires », analyse la secrétaire d’Etat.
Pour diffuser la culture du paysage chez les élus locaux, Bérangère Couillard compte sur les Grands sites de France (GSF). Une réforme de leur gouvernance y garantira la représentation des communes. Une mission d’essaimage confiée au réseau passe par l'objectivation du bilan de ses membres, grâce à des indicateurs communs.
25 ans de complicité
Maître d’ouvrage de la protection et de la valorisation du cap Fréhel entre 2017 et 2019, le conservatoire du Littoral a préparé le terrain à l’entrée de ce site dans le réseau des GSF, en 2019. Dans le choix du jury du Grand prix national décerné à Alain Freytet pour ce projet, la directrice de l’établissement public voit la récompense d’une action au long court : « 25 ans de complicité créatrice et de fidélité réciproque revendiquée », résume Agnès Vince.
De la Corse à la Réunion en passant par la Bretagne, les interventions d’Alain Freytet pour le conservatoire du Littoral prolongent une lignée d’où émergent deux noms et deux dates : en 1991, Bernard Lassus livre le Jardin des retours de Rochefort-sur-mer (Charente-Maritime), seule œuvre française titulaire du prix mondial décerné par l’association internationale des architectes paysagistes ; en 2008, Gilles Clément redonne vie au Domaine du Rayol (Var). La même inspiration sert de fil conducteur : « Tourner le dos à la banalisation de l’espace littoral », résume Agnès Vince.
Hymne à la sobriété
Caractérisé par la sobriété d’une intervention qui soustrait plus qu’elle n’additionne, afin de concentrer l’attention du visiteur sur le phare et la mer, le grand prix 2022 va consolider cet acquis : Bérangère Couillard a annoncé la création du poste de paysagiste conseil attaché à au conservatoire du Littoral.Victor Miramand étrennera cette fonction
« Une grande chance », a salué Alain Freytet avant de recevoir son prix auquel il a tenu à associer de nombreux amis et complices qui ont accompagné ses interventions pour l’établissement public : Soline Archambault, directrice des GSF, pour son « fourmillement d’idées » ; les inspecteurs des sites classés, « hussards verts de la République », dont Camille le Mao, en poste en Bretagne ; Patrick Moquay, directeur du laboratoire de recherche rattaché à l’école du paysage de Versailles ; et enfin Alice, la fille d’Alain Freytet, qui a choisi le métier de paysagiste après avoir observé le bonheur de son père dans cet exercice professionnel.
Toutes et tous contribuent selon lui à alimenter l’espoir symbolisé par le prix : « Trouver son ressourcement grâce à l’action du Conservatoire du Littoral ». Et de conclure : « Le monde est beau, si chacun y met du sien pour le protéger et prendre la transition écologique dans le bon sens ».
















