Grand Est : la sobriété énergétique des lycées prend de l'avance

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Menée en site occupé, la rénovation du lycée Frédéric-Chopin de Nancy a été achevée en août 2023.

D'un montant de 450 M€ sur cinq ans à partir de 2022, le plan « Lycées verts » du conseil régional du Grand Est respecte sa feuille de route dans le domaine de la transition écologique et de la sobriété énergétique des 235 établissements publics gérés par la collectivité. « Nous sommes même en avance sur la baisse visée de 40 % de leurs consommations d'énergie en 2030 par rapport à 2012, un objectif aligné sur celui, général, de notre Sraddet [schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires, NDLR] », relève Christèle Willer, vice-présidente à l'éducation. La collectivité fait état, en effet, d'une économie de 17 % en un an d'application du plan, soit une consommation cumulée ramenée à 578 GWh en 2022, alors que la trajectoire prévoyait 620 GWh. Le bilan 2023, en cours de consolidation, devrait confirmer ces bons résultats.

Support sécurisé. Parmi les facteurs expliquant la performance, la région met en avant son mode opératoire qui conjugue la rénovation des structures des bâtiments et la pose de panneaux photovoltaïques, la seconde intervention attendant systématiquement que la première soit opérée, ce qui accroît la durabilité du matériel. « Nous renforçons au préalable, si besoin, les charpentes métalliques de façon à ce qu'elles supportent bien le poids des panneaux. Les toitures, dont la résistance thermique est portée au moins à 7,5 m2 .K/W, deviennent ainsi un support sécurisé qui tiendra mieux dans le temps », décrit Pascal Weibel, directeur de l'immobilier et de la maîtrise d'ouvrage.

D'ici 2026 et moyennant un budget de 135 M€, 220 établissements bénéficieront de panneaux solaires pour un cumul de 1,5 million de m2 générant une puissance de 300 MW. Ces équipements leur offriront ainsi une autonomie d'au moins 25 %. Au lycée Robert-Schuman de Metz (Moselle), les 420 000 euros investis seront amortis en seulement sept ans, grâce à l'autoconsommation et ses 50 000 euros d'économies annuelles, ainsi qu'aux 11 000 euros de recettes de revente au réseau, selon les calculs de la région.

La rénovation des structures des bâtiments précède systématiquement la pose de panneaux photovoltaïques

Par ailleurs, « certains investissements s'avèrent très rentables, quand on met en balance leur coût et leur impact énergétique », note Christèle Willer. L'élue dresse cette conclusion pour l'éclairage, avec « 3 GWh annuels économisés grâce aux 6 M€ de la première phase de Neolux », le programme de déploiement d'éclairages leds.

Les nouvelles technologies apportent aussi leur contribution. L'installation de robinets thermo statiques à têtes con nectées sur les radiateurs du lycée Pierre-Mendès-France d'Epinal (Vosges) « génère à elle seule une diminution de 18,5 % des consommations de chauffage dans l'établissement », illustre la vice-présidente. Au lycée Emile-Mathis de Schiltigheim (Bas-Rhin), la baisse, pour l'électricité, atteint même 36 % grâce à la régulation modernisée. Elle consiste en un pilotage des centrales de traitement d'air, des coupures d'électricité la nuit et le week-end, etc. Des compteurs d'eau connectés doivent par ailleurs permettre d'économiser 240 000 m3 par an sur l'ensemble des lycées régionaux, « l'équivalent de 96 piscines olympiques », compare Christèle Willer.

Rénovations lourdes. Les rénovations énergétiques lourdes, menées en lots séparés ou par macrolots, restent les principales contributrices à la sobriété dans les 29 établissements bénéficiaires à ce jour. Seize sont achevées, dont celle du lycée Frédéric-Chopin de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Conçue par Pierron Architecture pour un montant de 7,1 M€ TTC, elle a notamment concerné la toiture et les façades (préfabriquées par Cunin). Au lycée François-Ier de Vitry-le-François (Marne), le bâtiment « Unesco » datant de 1969 a été débarrassé de ses produits amiantés (toiture, enduits extérieurs, panneaux d'allège…). Sous la maîtrise d'œuvre de l'agence rémoise P+S, ils laissent place à de nouvelles menuiseries extérieures (coefficient thermique Uw inférieur à 1,3 W.m2 /K), à un toit neuf et à une isolation thermique par l'extérieur de l'entreprise Bim'Steel.

Un plan de 450 M€ en cinq volets

Le plan régional, qui s'étale sur la période 2022-2026, prévoit :

  • 250 M€ de rénovations thermiques globales ou partielles ;
  • 135 M€ pour l'installation de 1,5 million de m2 de panneaux solaires (programme Solar'Est) ;
  • 43 M€ pour l'éclairage leds (programme Neolux) ;
  • 12 M€ pour des raccordements à des réseaux de chaleur ;
  • 10 M€ pour l'installation de régulateurs de tension et autres dispositifs de régulation.
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