En Mayenne, l'attractivité passe aussi par les infras

Collectivités locales -

Depuis un an, le département déploie sa stratégie pour séduire habitants et entreprises.

 

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Le département compte sur son futur équipement sportif pour accueillir des délégations internationales lors des JO 2024 à Paris.

C 'est un territoire d'un peu moins de 310 000 habitants, coincé entre Rennes et Angers, et à une heure et dix minutes de Paris en TGV. A côté de ces grands pôles, la Mayenne souffre d'un déficit de notoriété. C'est pourquoi le département met en œuvre, depuis l'année dernière, une stratégie pour améliorer son attractivité. Objectifs : faire de cette proximité une force, et « regagner entre 0,5 et 1 % de population par an », expose Olivier Richefou, le président du conseil départemental. L'enjeu est d'autant plus important que « nous avons l'un des taux de chômage les plus bas de France : 5,8 %. C'est un point positif, certes, mais nos entreprises connaissent des difficultés à trouver du personnel », nuance-t-il. Les principaux axes de cette stratégie sont la santé, le tourisme, l'agriculture ou encore le numérique. Mais elles ne pourront se concrétiser qu'à une condition : que les infrastructures suivent.

La fibre partout en 2021. Le développement de la Mayenne passe d'abord par le déploiement de la fibre optique, avec l'objectif de raccorder tous les habitants et les entreprises d'ici à 2021. « Des pendulaires [travailleurs qui font le trajet en TGV tous les jours, NDLR] entre Laval et Paris commencent à s'installer, observe Olivier Richefou. Si nous voulons en attirer davantage, mais aussi faire de la Mayenne la troisième couronne de Rennes, nous devons accélérer. » L'investissement pour connecter les 232 communes, ses 95 000 locaux et ses 110 000 logements, s'élève à 141 M€. Le privé, notamment le délégataire, Orange, assume 80 % du financement. Côté public, le département déboursera un peu plus de 7 M€ pour le projet, l'Etat, 16 M€ et la région Pays de la Loire, 6 M€.

« La stratégie d'attractivité passe aussi par les axes routiers », assure Olivier Richefou. Les élus mayennais ont commencé par élaborer un plan, doté de 90 M€ sur la mandature. Ce qui permet notamment de renouveler 300 km par an, au lieu des 200 prévus initialement.

Par ailleurs, Olivier Richefou demande « depuis deux ou trois ans » le transfert de la route nationale 162 au département. Un axe stratégique qui relie la ville de Mayenne, au nord, au Maine-et-Loire, au sud, via Laval. Ce transfert, promis par le Premier ministre en début d'année dans le cadre des compensations liées à l'abandon de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, permettrait au département d'engager des travaux de mise à 2 x 2 voies de l'axe, « ce que l'Etat ne compte pas faire. Pourtant, ils faciliteraient les trajets, la sécurité et la fluidité. »

L'élu compte bien mener ce chantier dans les dix ans à venir, et a même « déjà prévu le lancement des études dans le budget 2019 ». Ainsi, 1 M€ sont déjà inscrits symboliquement, sur les 100 M€ estimés pour la totalité du projet. En attendant, le conseil départemental participe, à hauteur de 31 %, aux travaux du contournement nord de Château-Gontier, à la frontière sud du territoire. Un projet de 33,5 M€ pour 4,1 km, qui comprend également la construction de deux ouvrages d'art. La région (40 %) et la communauté de communes du Pays de Château-Gontier (29 %) cofinancent l'opération, décrite par Olivier Richefou comme « nécessaire au développement et à l'attractivité du territoire ». Mise en service prévue en 2022.

Un plan de 90 M€ dédié aux routes a été élaboré afin de renouveler 300 km par an

Enfin, un nouvel équipement culturel et sportif, dont la livraison est prévue à l'été 2020, doit permettre d'accroître le rayonnement du territoire. Baptisé Espace Mayenne, ce projet prévoit la construction d'une salle principale multifonction et modulable, d'un espace secondaire principalement destiné au sport et comprenant, entre autres, un mur d'escalade de 16,5 m aux normes internationales, ou encore une salle de congrès supplémentaire. A l'extérieur, un vélodrome complétera l'ensemble, qui représente, selon Olivier Richefou, environ 40 M€ d'investissement. L'objectif est de pouvoir y accueillir des compétitions locales, régionales, mais aussi nationales. L'élu espère même qu'elle deviendra un site d'entraînement, grâce notamment au mur d'escalade, pour les délégations internationales présentes lors des Jeux olympiques de Paris, en 2024.

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