L'atelier bordelais de design Félix Associés a élaboré une « matériauthèque verte » au sein de ses locaux près du Grand Parc. Il s'agit d'un outil de travail qui permet d'inciter au recours aux matériaux biosourcés et géosourcés, issus du recyclage ou de l'économie circulaire. « Pour construire autrement, il faut trouver d'autres matériaux », indique simplement Alexandre Lobstein, architecte et associé de l'agence. Ici se mêlent des produits fabriqués à partir de journaux, chanvre, ouate, granulés réalisés à base de filets de pêche, coquilles Saint-Jacques, lin, roseaux, cuir de saumon… « Chinés » aussi bien dans des petites entreprises que chez des industriels comme Saint-Gobain ou Knauf. Les designers accompagnent les fabricants pour leur trouver de nouveaux usages. « Il faut parfois inventer les process », précise Thomas Félix, fondateur de l'atelier.
« La preuve par l'exemple ». Afin d'enrichir le débat et de développer l'usage de ces produits, Félix Associés organise une fois par trimestre (la prochaine aura lieu le 8 juillet) des rencontres entre industriels et fabricants autour d'une thématique comme la plâtrerie, l'acoustique, la lumière, l'isolation thermique et phonique… L'objectif est de « donner la preuve par l'exemple », souligne Fabienne Versluys, l'une des cinq associés de l'atelier. Trois prototypes sont d'ailleurs en cours d'élaboration, parmi lesquels des parois constructives en chutes de bois industrielles.
A terme, l'objectif est de prescrire ces nouvelles solutions. Un palier pas si évident à franchir… « Parfois, les fabricants n'ont pas conscience des débouchés, constate Alexandre Lobstein, et il manque des fournisseurs et des distributeurs. Au cours de la première rencontre, en mars, des entreprises ont découvert des références qu'elles ne connaissaient pas. Il y a une filière à organiser. » Une filière qui, pour l'agence, démarre par l'échange entre les structures certifiées B Corp, comme elle. « Il y a également un surcoût, mais il est à valoriser : quand un peintre aura fait plusieurs chantiers avec une peinture qui ne lui fait plus mal à la tête ou qu'un menuisier sera habitué aux cloisons sans colle avec formaldéhyde, ils ne voudront plus travailler autrement », espère Alexandre Lobstein.
















