Vente par Colas en 2019, cession de ses activités industrielles en 2021, plan de relance de la rentabilité sur 5 ans initié en 2018 et finalisation de son rachat le 25 avril : l’histoire récente de Smac s'est écrite au travers d'une série de mouvements marquants.
Franck Davoine, président du groupe spécialisé dans les travaux d’étanchéité, de façade et d’entretien de l’enveloppe du bâtiment, accueille aujourd'hui Frédéric Jousset, cofondateur du fournisseur de solutions relation client Webhelp, fondateur de la Compagnie financière Jousset (CFJ) et acquéreur de 77% du capital de Smac.
« Après un redressement réussi de l’entreprise, le fonds OpenGate Capital cherchait à céder ses parts », détaille Franck Davoine. « Mais dans une conjoncture complexe, notamment avec la crise du logement, continue Frédéric Jousset, il était difficile pour eux de trouver un repreneur, alors même que ce segment du logement neuf représente une très faible part d’activité de Smac (moins de 10% du chiffre d’affaires, NDLR). » L’équipe dirigeante détiendra, quant à elle, 23% des parts de Smac.
Diversification et internationalisation
La cession désormais réalisée, Frédéric Jousset assure qu'il sera « un investisseur actif, sans être dans l’organisation opérationnelle » et qu'il n’a donc « pas l’intention » d’occuper un rôle dans la gouvernance de l’entreprise. « J’ai déjà commencé à faire un tour des agences de Smac, étalé sur un an, afin de rencontrer les équipes et comprendre ses activités », ajoute-t-il.
Un conseil de surveillance va être mis en place pour accompagner ce nouveau chapitre stratégique, résumée par l’investisseur :« Il est temps pour le groupe de réaliser des acquisitions sur ce marché atomisé, d’intégrer des entreprises régionales qui permettront de créer des synergies avec Smac et potentiellement diversifier son offre. »
Cette diversification concernerait en France « d’autres métiers de la rénovation énergétique, comme la menuiserie, le CVC ou encore l’ITE », précise Franck Davoine. De son côté, Frédéric Jousset souhaite « accélérer le déploiement de Smac à l’international, alors que le groupe a déjà une expertise reconnue au Chili, au Pérou, au Maroc, en Arabie Saoudite ou encore en Espagne ». Ce développement à l’international passerait plutôt par de la croissance externe sur ses métiers historiques comme l’étanchéité.
Croissance de 10% en 2023
Cette vision s'adosse à la dynamique de croissance de Smac initiée depuis son redressement en 2018, avec un Ebitda 2023 de 30M€ (multiplié par trois en cinq ans) et une augmentation du carnet de commandes de 11% sur un an. Fin mars, celui-ci représentait dix mois d’activité.
« Le chiffre d’affaires de Smac est en croissance de 10% en 2023 à 496M€, malgré une baisse de 25% de notre activité sur le segment du logement neuf, qui représente cependant moins de 10% du CA », souligne Franck Davoine. « Et nous maintenons notre objectif de doubler notre activité en cinq ans afin d’atteindre le milliard d’euros », rappelle le président de Smac. Le groupe est porté par la rénovation énergétique des HLM, des copropriétés privées et des bâtiments publics.
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300 recrutements par an
Le rachat de Smac n’impliquera pas de licenciements. Au contraire. « Nous souhaitons embaucher chaque année pendant cinq ans 300 collaborateurs », affirme Franck Davoine, qui viendraient s’ajouter aux 2300 salariés actuels. « L’intégralité des élus du CSEC (Comité Social et Économique Central) de Smac ont voté pour ce rachat », insiste de son côté Frédéric Jousset.










