Il y a un mois, le mur de soutènement situé au niveau de la culée du viaduc de Gennevilliers - qui assure la liaison entre la ville et la commune d’Argenteuil via l’A15 - s’est en partie affaissé. L’effondrement d'un remblai de 12 m de haut en terre armée a bloqué une partie du trafic automobile, puisque que l'accès à la chaussée a été temporairement fermé. Depuis, une réouverture partielle a été mise en place (deux voies sur quatre sont actuellement rouvertes). Vendredi 15 juin 2018, la direction des routes d’Ile-de-France (DiRIF) a organisé une visite du chantier, ce qui a permis de faire un premier retour sur l’origine de cet incident.
La cause de l’incident identifiée
Un mois après les événements, la cause de l’effondrement est à présent identifiée : « les pénétrations de l’eau ont « noyé » les armatures de renforcement du remblai, ce qui a eu pour effet de corroder celles-ci », explique Pierre Peyrac, responsable du département d’ingénierie ouvrages d’art (DIOA). Pour l’expert, ce signe de détérioration était impossible à repérer à l’œil nu, et il aurait fallu réaliser un carottage en amont pour le voir. Une démarche qui, à l’heure actuelle, est « difficile à systématiser sur toutes les zones ».
Dès la survenue de l’incident, des experts de la DiRIF et du Cerema se sont rendus sur place pour dresser un premier diagnostic. Depuis le 19 mai, des interventions quotidiennes ont été menées pour sécuriser les abords du mur de soutènement. « Nous avons fait des analyses pour savoir si le mur de front [celui sur lequel s’appuie le tablier du viaduc, et qui assure la stabilité du remblai, NDLR] était en bon état, et si ses armatures étaient suffisamment solides, ce qui est le cas », précise Pierre Peyrac.
Les abords sécurisés
Un certain nombre de travaux ont également été menés en parallèle des premiers diagnostics. D’une part, il a fallu déblayer la terre et réaliser une dalle de béton pour permettre aux engins de chantier d’accéder à l’ouvrage. Puis il a fallu stabiliser le remblai actuel en répandant du béton sec, ce qui a permis de protéger la butte en sablon contre les venues d’eau. « L’affaissement ne s’est pas propagé car le sable a constitué un tas sur la partie basse, ce qui a permis d’éviter que les écailles qui jouaient le rôle de soutènement ne tombent. Par la suite, nous envisageons d’équiper la partie verticale avec un treillis supplémentaire, pour stabiliser davantage le remblai », détaille le responsable.
Mais le plus gros des travaux reste à venir, puisque la sécurisation de la zone nécessite d’évacuer par grutage une dalle de plus de 40 t, rendue instable suite à l’effondrement d’une partie du mur. Cette opération sera effectuée samedi 23 juin 2018, et nécessitera une fermeture à la circulation de l’A15 en direction de Paris dès le vendredi soir. Une fois les abords du mur sécurisés, des investigations plus approfondies devraient être réalisées courant juillet 2018. « On va refaire un certain nombre de tests pour évaluer la portance des armatures restantes. Si celle-ci est suffisante, on pourra envisager de rouvrir trois voies au lieu de deux actuellement », assure les responsables.
Travaux définitifs : pas avant l’automne
Quant aux travaux définitifs, il faudra attendre encore un peu : le marché public accéléré doit être lancé dès cet été, pour un début de réparation du remblai et de la chaussée au mois d’octobre 2018. Ceux-ci devraient se prolonger jusque début 2019, a fait savoir la DiRIF.









