A Paris, la Fondation Victor Lyon renaît à la Cité internationale universitaire

Sur le vaste site estudiantin, les architectes Suzel Brout et Paul Ravaux ont transformé ce bâtiment de 1950 en résidence pour chercheurs. La Fondation est désormais dotée d’une salle de conférence avec structure préfabriquée en béton haute performance.

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Semi-enterrée, la salle de conférence vient s’insérer entre les deux ailes de la Fondation Victor Lyon construite en 1950.

Inaugurée le 29 juin 1950 au sein de la Cité U internationale, dans le XIVe arrondissement de Paris, la Fondation Victor Lyon l’a été une deuxième fois le 31 janvier 2018, après 18 mois de travaux. La réhabilitation de cet édifice signé Lucien Bechmann a été confiée à l’architecte Paul Ravaux, associé à Suzel Brout, par la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP). Les 109 chambres d’étudiants ont aujourd’hui laissé place à 39 logements pour chercheurs de tous pays, plus une salle de conférence.

« La Fondation Victor Lyon n’est pas une œuvre majeure. Son architecte, très éclectique, a manifesté ici une sorte de modernité classique. Mais il n’était pas question pour autant de la brutaliser ni de la déguiser », insiste Suzel Brout. Le duo d’architectes se contente donc de nettoyer ses façades en briques fines et sa tourelle en pierres et d’installer de nouveaux châssis performants et des menuiseries en aluminium à rupture de pont thermique sur « les belles fenêtres avec leurs cadres préfabriqués et leurs meneaux en béton ». L’isolation des murs est faite par l’intérieur et la toiture terrasse végétalisée.

Image d'illustration de l'article© Hervé Abbadie
Les logements familiaux pour chercheurs ont été aménagés avec des panneaux de bouleau. Les architectes Suzel Brout et Paul Ravaux ont été également chargés du choix du mobilier. Les logements familiaux pour chercheurs ont été aménagés avec des panneaux de bouleau. Les architectes Suzel Brout et Paul Ravaux ont été également chargés du choix du mobilier.

« Esprit à la fois scandinave et japonais »

Grâce à la structure poteaux-poutres, les étages se révèlent faciles à transformer, une fois retrouvés les grands plateaux libres. La création d’un second escalier permet de remanier les circulations, de réduire au maximum les couloirs et d’organiser des appartements traversants, à double ou triple orientation. Du studio au T5, ils sont aménagés à l’aide de panneaux de bouleau qui servent à réaliser une partie du mobilier, les portes et les parois coulissantes dissimulant la salle de bains et la cuisine. « Tout est unifié et intégré avec ce bois pour que l’espace paraisse plus calme et plus grand, dans un esprit à la fois scandinave et japonais », précise Suzel Brout. Au rez-de-chaussée, le salon-bibliothèque, qui s’étire au sud, entre les deux ailes, est traité à la manière les lobbies des universités anglaises, avec des murs revêtus de sombres panneaux en bois replaqué Oberflex.

Image d'illustration de l'article© Hervé Abbadie
Les poteaux et les poutres de la salle de conférence ont été préfabriqués en béton haute performance. Les gradins rétractables offrent 120 places assises. Les murs sont revêtus de panneaux Oberflex. Les poteaux et les poutres de la salle de conférence ont été préfabriqués en béton haute performance. Les gradins rétractables offrent 120 places assises. Les murs sont revêtus de panneaux Oberflex.

Plafond mouvant

Au rez-de-jardin, la nouvelle salle de conférence se glisse entre les deux ailes du pavillon en U, à moins d’un mètre de profondeur. L’enterrer partiellement permet de préserver la vue sur le parc depuis le salon-bibliothèque tout en profitant de l’éclairage naturel. « Son plafond un peu mouvant et sa volumétrie en éventail donnent un élan dynamique à la salle. » Très minces, les poteaux et les poutres d’un seul tenant sont préfabriqués en béton haute performance. « Le résultat est parfait, cela permet d’avoir de belles portées et que tout s’enclenche bien sur le chantier », apprécie Suzel Brout.

Directement accessible par l’intérieur pour les chercheurs, la salle fonctionne aussi de manière autonome avec sa seconde entrée par le parc. Vue de l’extérieur, cette extension crée un effet de socle dans la continuité du soubassement existant en béton. Le soir, ses vitrages opalescents transforment la salle en lanterne et lui assurent une visibilité au sein du campus.

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