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Tadao Ando, architecte et superstar au centre Pompidou
Naoshima, l’île reconquise - © Tadao Ando Architect & Associates

Diaporama

Tadao Ando, architecte et superstar au centre Pompidou

Marie-Douce Albert |  le 10/10/2018  |  CultureParisBétonTadao Ando Exposition

A Paris, une exposition monographique consacrée à l’architecte japonais a ouvert mercredi 10 octobre. L’occasion, jusqu’au 31 décembre prochain, de mieux comprendre un mythe, celui d’un autodidacte passé maître dans l’art du béton, et de découvrir une œuvre que Tadao Ando a voulu « animée par la lumière et le vent ».

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Naoshima, l’île reconquise

© Tadao Ando Architect & Associates

Au cœur de l’exposition parisienne, une large place est consacrée au projet développé depuis maintenant trente ans sur cette île au sud du Japon. Alors que le site avait été dévasté par l’activité industrielle, Tadao Ando a accompagné un richissime homme d’affaires et mécène dans la reconquête de Naoshima par la nature et la culture. Plusieurs musées y ont été construits dont, en 2004 ce musée d’art de Chichu, enfoui dans le sol.

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Projet de la bourse de Commerce

© Marie-Douce Albert / Le Moniteur

Aussi dodue que l’est l’ancienne halle aux Blés de Paris, la maquette du projet de transformation du monument permet de souligner les liens que Tadao Ando a su tisser avec les éléments du patrimoine. Epaulé par la jeune agence parisienne NeM et l’architecte en chef des monuments historiques Pierre-Antoine Gatier, le japonais va insérer un cylindre de béton au cœur de l’édifice, lui permettant d’accueillir les œuvres de la collection d’art de l’homme d’affaires François Pinault.

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L'Eglise sur l'eau

© Yoshio Shiratori

Pour Tadao Ando, les lieux de culture et de cultes sont des programmes essentiels parce que dédié à l’accueil du public. L’architecte a réalisé une cinquantaine de musées et une quinzaine d’édifices liés à la spiritualité. Au centre Pompidou, trois églises sont notamment mises en avant, comme cette Eglise sur l’eau, achevée en 1988 sur l’île d’Hokkaïdo.

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L'Eglise de la lumière

© Marie-Douce Albert / Le Moniteur

Avec sa croix taillée dans la matière même de l’édifice, l’Eglise de la lumière livrée en 1989 dans une banlieue résidentielle d’Osaka est, selon Frédéric Migayrou, le commissaire de l’exposition, une des « œuvres iconiques » de Tadao Ando. La maquette du projet n’est pas moins extraordinaire. Comme l’Eglise, elle a été réalisée en béton banché.

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Le Bouddha enseveli

© Shigeo Ogawa

Depuis 2015 à Sapporo, sur l’île d’Hokkaïdo, Bouddha émerge des tréfonds d’une colline. Cette statue de pierre de 13,5 m de haut, qui avait été créée une quinzaine d’années plus tôt, ne s’insérait pas bien dans le site. Tadao Ando s’est attaché à recomposer un paysage plus propice à la spiritualité et a créé cette butte dont seule la tête du Bouddha dépasse.

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Signé Ando

© Marie-Douce Albert

Voilà qui n’était pas prévu. Si la scénographie de l’exposition monographique du centre Pompidou a été conçue par Tadao Ando, l’architecte a profité du temps de l’inauguration pour agrémenter la présentation de croquis exécutés en quelques secondes à main levée, devant un auditoire conquis. Au Centre, on se demande maintenant s’il ne faudra pas conserver les cimaises après le 31 décembre…

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Tadao Ando au Centre Pompidou à Paris en octobre 2018

© Anne Bourguignon

Tadao Ando (né en 1941 à Osaka, Japon) abandonne une carrière de boxeur professionnel et, passionné d’architecture, commence un tour de monde en 1965 pour se former à la discipline. Il crée sa propre agence en 1969 à Osaka, où il produit une architecture sobre et épurée, en dehors de la tendance des années 1970. Tadao Ando a reçu de nombreux prix et distinctions internationales parmi lesquels le Prix Pritzker d’architecture en 1995. Plus de 300 projets sont répertoriés dans le monde entier au cours de ses cinquante années de carrière.

Et soudain Tadao Ando parut. Puis aussitôt disparut. En ce jour de visite presse de l’exposition monographique que le centre Pompidou lui consacre jusqu’au 31 décembre prochain, l’architecte japonais venait d’être englouti par la foule des micros tendus et des caméras braquées. Si l’on en doutait encore, confirmation était donnée que l’homme est une superstar dans sa discipline.

Flanqué de son interprète, il a profité de son auditoire pour répondre à quelques questions - l’importance du dessin dans sa pratique ou sa relation avec l’homme d’affaires français François Pinault pour lequel il a mené plusieurs projets et réaménage actuellement l’ancienne bourse de Commerce à Paris – et pour conter des anecdotes comme l’histoire de ce chien égaré qu’il avait voulu baptisé du nom de son éminent aîné Kenzo Tange avant de l’appeler finalement Le Corbusier. Souriant, il a égrené aussi quelques sentences comme savent en livrer les vieux sages : « J’ai accroché une pomme verte à l’entrée de l’exposition. C’est pour moi le symbole de la jeunesse. On peut tous avoir des pommes vertes dans le cœur. »

 

Boxeur autodidacte

 

Le commissaire de l’exposition, Frédéric Migayrou, l’avait glissé quelques minutes plus tôt, Tadao Ando est « un mythe », parfois même savamment auto-entretenu. Sa vie est ainsi l’histoire d’un homme né en 1941 à Osaka, « d’un boxeur autodidacte élevé par sa grand-mère et qui découvre l’architecture dans un livre de Le Corbusier ».

Mais l’exposition est surtout l’occasion de découvrir une œuvre qui a commencé par la construction de petites maisons, qui préservent leurs intérieurs de la ville alentour, avant de conquérir des territoires entiers et de chambouler des paysages jusque dans leurs profondeurs.

L’exposition explore ainsi les diverses dimensions du travail de Tadao Ando, le tout dans une scénographie qu’il a conçue, faite de colonnes et de murs blancs. Du moins, qui étaient blancs. Venu le temps de l’inauguration, l’architecte a dégainé un feutre pour semer des croquis imprévus, ici et là, dans l’espace.

 

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