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Reconversion de la Gaîté-Lyrique à Paris, par Manuelle Gautrand Architecture
Du théâtre à l’italienne aux cultures numériques - © © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

Diaporama

Reconversion de la Gaîté-Lyrique à Paris, par Manuelle Gautrand Architecture

MILENA CHESSA |  le 03/03/2011  |  ArchitectureParis

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Du théâtre à l’italienne aux cultures numériques

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

Bordé par le square Papin (Paris 3e), le théâtre à l'italienne de la Gaîté-Lyrique inauguré en 1862 a rouvert en tant qu'espace dédié aux cultures numériques et musiques actuelles le 2 mars 2011. L'agence Manuelle Gautrand Architecture a mené cette opération de reconversion pour la Ville de Paris.

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Démolition-reconstruction

© © Image Contemporaine

Le chantier de démolition-reconstruction (entreprise générale Eiffage Construction) a été réalisé au cœur d'un îlot haussmannien habité. Plus rien n'est resté du mini-parc d'attractions « Planète magique » qui, dans les années 1980, avait remplacé la salle du XIXe siècle dans laquelle avait joué Offenbach. L'image, datée du 12 janvier 2009, montre une fosse de 70 mètres de profondeur et 35 m de largeur.

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Un projet, deux époques

© © Manuelle Gautrand Architecture

Le projet de Manuelle Gautrand, retenu sur concours en 2003, juxtapose deux époques : le XIXe siècle, avec un bâtiment sur rue préservant façade, vestibule et foyer d'origine ; et le XXIe siècle, avec un bâtiment en cœur d'îlot accueillant notamment deux salles de spectacles et un auditorium. Les deux derniers niveaux étant réservés aux artistes. L'ensemble totalise une surface hors œuvre nette de 9.500 m2.

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Vestibule

© © Régis Grima (cliché daté du 3 décembre 2010)

L'architecte du patrimoine Régis Grima est intervenu sur les espaces du bâtiment d'origine, en s'aidant d'archives graphiques et photographiques. Dans le vestibule, il raconte que sols, murs et plafonds à caissons ont été respectivement reconstitués (en pierre blanche de Bourgogne et pierre noire du Portugal), restitués (en fausse pierre peinte) et restaurés (en staff).

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Escalier sans apparat

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

Pour sa partie, l'architecte Manuelle Gautrand indique que son « choix s'est très vite porté sur la création de circulations verticales uniquement fonctionnelles et non pas "d'apparat" : aucun escalier ne vient couper les espaces des plateaux, sauf celui disposé entre le rez-de-chaussée et le premier étage » (à l'image). Son but : maximiser les surfaces utiles.

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Plateforme de jeu

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

Un espace de 80 m2, délimité par des parois translucides, est logé au premier étage. Il propose aux visiteurs (une vingtaine) de prendre les manettes de six consoles de jeux vidéo. Au programme : des jeux dits de « plateforme », du type « Super Mario Bros », « Uncharted 2 » ou encore « Braid ».

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Un centre de ressources éclairé

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

Le centre de ressources, également au premier étage, peut accueillir une centaine de personnes. Cet espace assez neutre est parsemé d'« éclaireuses ». Ce sont des modules de 3 m2 (2,40 x 1,40 m pour 2,30 m de haut) réalisés en ossature métallique par l'entreprise italienne de mobilier Cassina. Aménagements intérieurs et couleurs varient selon les fonctions : bureau blanc pour travailler, banquette rose pour consulter un écran multimédia ou étagères orange pour ranger divers magazines (voir photo suivante). Des roulettes permettent de les déplacer si besoin est.

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L’ère numérique expliquée sur papier

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

Les visiteurs peuvent consulter une sélection d'ouvrages et de magazines papier qui traitent de tous les domaines liés à la création et à la vie quotidienne à l'ère du numérique.

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Images projetées

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

La Gaîté-Lyrique offre aux artistes un espace d'exposition de 1.000 m2 modulables sur deux niveaux (rez-de-chaussée et premier sous-sol), ainsi qu'une surface de projection vidéo de 20 x 4 m. L'image (œuvre d'UVA) habille tel un papier peint le mur blanc derrière lequel se trouve la « petite salle » de spectacles (70 places assises, 150 debout).

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Boîtes dans la boîte

© © Manuelle Gautrand Architecture

« Nous avons créé une très forte protection sonore vis-à-vis de l'environnement du bâtiment, composé par plus d'une centaine de logements quasi mitoyens à notre volume bâti, décrit Manuelle Gautrand. Le projet est conçu avec un principe de "boîtes dans la boîte", à l'image des poupées russes, qui isolent progressivement les différents espaces, jusqu'à envelopper en son cœur les trois espaces les plus "sonores", dont la "grande salle". Ce sont ainsi trois enveloppes successives qui s'imbriquent les unes dans les autres pour fabriquer une isolation acoustique de plus en plus performante lorsqu'on va vers la périphérie du bâtiment. Entre les deux premières enveloppes se situent tous les espaces servants du projet dont les circulations verticales. »

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Son et lumière

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

Le bâtiment est truffé de dispositifs sonores et lumineux. Dans les plafonds : 320 haut-parleurs connectés par la technique « ethersound » (une technologie utilisée pour véhiculer le son par fibre optique et câbles réseaux). Chaque haut-parleur est modulable, piloté et amplifié séparément. Commande individuelle également pour les 700 points lumineux, dont une partie se reflète sur l'enveloppe extérieure miroitante de la « grande salle ».

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Message à LED

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

Des diodes électroluminescentes (LED), intégrées dans des panneaux au sol, diffusent des messages dynamiques dans certains espaces parcourus par le public (circulation autour de la « grande salle », espace d'exposition). Un outil de signalétique, mais aussi artistique.

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Gradins et écrans rétractables

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

Dans la « grande salle », les gradins (à droite) et les écrans (à gauche) sont rétractables. Pour les gradins, cela permet de varier le rapport artiste/public : 308 personnes assises ou bien 750 debout ou encore 150 assises et jusqu'à 500 debout, en milieu de salle. Pour les écrans (46 au total répartis sur les quatre faces), cela permet une immersion totale du spectateur dans l'image. « C'est une salle pleine de possibilités pour les artistes », commente Manuelle Gautrand.

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Double coque

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

La « grande salle » et la « petite salle » sont enveloppées par deux coques isolantes, désolidarisées entre elles via une centaine de boîtes à ressorts. Chacune d'elles est également disposée sur des boîtes à ressorts qui évitent toutes transmissions solidiennes parasites via la structure du bâtiment vis-à-vis des logements mitoyens. Un dispositif rendu nécessaire par les niveaux sonores prévisibles à l'intérieur des locaux et la richesse du contenu en basses fréquences de la musique amplifiée qui y sera diffusée. Tous les réseaux de ventilation ont également été traités de manière à être découplés de la structure et à ne pas propager les sons en direction de l'extérieur.

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Authentique

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

Manuelle Gautrand (architecte) remercie Régis Grima (architecte du patrimoine) pour cette « fine insertion de l'architecture contemporaine dans l'existant ». « Le foyer (en arrière-plan) n'a pas été reconstitué ou pastiché, nous avons gardé ce qu'il en restait, ce qui est plus authentique, plus romantique aussi », estime Manuelle Gautrand. Selon Régis Grima : « Cette évocation est plus riche en sensation, en imagination. »

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Foyer d’origine

© © Document Manuelle Gautrand Architecture

Image du foyer tel qu'il était à l'origine, au XIXe siècle.

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Murs sondés

© © Régis Grima (cliché daté du 18 février 2009)

Au gré des occupants, l'aspect du foyer a été modifié (installation de miroirs, colonnes repeintes en vert, etc.). « La Ville de Paris a demandé à un restaurateur d'effectuer un sondage des murs, raconte Régis Grima. Cela a permis de connaître les différentes couches de décor (quatre en tout), jusqu'à celle d'origine qui était rouge et or. » Concernant le sol en parquet de Hongrie, il a entièrement été refait en chêne.

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Décor fantomatique

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

« La salle à l'italienne n'existant plus, nous n'avions pas l'obligation de restaurer le foyer dans son intégrité, explique l'architecte du patrimoine. Les miroirs du XIXe siècle au-dessus des deux cheminées ont été laissés, et ceux du XXe siècle enlevés. Le décor d'origine n'étant alors plus qu'un fantôme, nous avons pris la décision d'en réaliser un autre, un peu flou. » Un travail réalisé par l'Atelier Meriguet-Carrère, qui a participé en 2005 à la remise en état des peintures décoratives du « grand foyer » de l'Opéra Garnier à Paris. A la Gaîté-Lyrique, il s'agit d'un mélange d'enduit et de peinture à l'eau, qui autorise la réversibilité de l'opération.

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Goudron noir

© © Régis Grima (cliché daté du 25 juin 2009)

Surface de goudron noir découverte lors du chantier.

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Interprétation dans le foyer

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

Inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, le foyer n'a justement pas fait l'objet d'une restitution historique, mais d'une interprétation contemporaine destinée à « accompagner ce qui reste » et « satisfaire l'œil », selon les termes de Régis Grima. Quant au mobilier géométrique qui l'accompagne, Manuelle Gautrand pense qu'il crée « une mise en résonance des décors avec notre époque ».

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Etat pendant travaux

© © Régis Grima (cliché daté du 29 octobre 2009)

L'architecte du patrimoine considère que : « La Gaîté-Lyrique est un bâtiment qui a souffert. »

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Etat après travaux

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

Aujourd'hui, les plaies ont été pansées.

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Plafond doré

© © Régis Grima (cliché daté du 29 octobre 2009)

Le plafond du foyer a conservé ses dorures d'origine.

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Lustres

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

« La technique d'aujourd'hui a été intégrée en gardant l'esprit d'autrefois », indique Régis Grima. Ainsi, les quatre lustres d'antan ont été remplacés par de nouveaux dispositifs d'éclairage permettant également la diffusion de vidéo et de son.

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Façade

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

« La façade en pierre a fait l'objet d'un micro-sablage, le faux marbre des colonnes est à nouveau pimpant et les chapiteaux en fonte ont été repeints en vert », conclut l'architecte du patrimoine.
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