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Les Rubans du patrimoine 2012
Barrettali, Haute?Corse ? 159 habitants : Restauration de l’église Saint?Pantaléon - © © PL Colonna d’Istria - architecture d’opération

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Les Rubans du patrimoine 2012

le 18/06/2012  |  Architecture

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Barrettali Haute?Corse ? 159 habitants : Restauration de l’église Saint?Pantaléon

© © PL Colonna d’Istria - architecture d’opération

Fermée et déclarée « menaçant ruine » en 1995 en raison de chutes de plaques d’enduit au niveau des voûtes, des murs et contreforts fissurés et une charpente/couverture reposant sur les voutes et coupoles fragilisées, l’église Saint?Pantaléon (1822) a subi une 3e restauration après celles de 1875 et 1929. Les désordres étaient imputés jusqu’alors aux poussées de la voute de la nef mais les études qui suivirent démontrèrent qu’une grande partie de ces désordres était due à une faiblesse du sous?sol (alternance de schiste dur et de schiste très altéré). Une étude complémentaire a révélé des caractéristiques géo?mécaniques préoccupantes du sous?sol pouvant entraîner, à moyen ou à long terme, la ruine de l’édifice religieux. Il a donc été préconisé des fondations profondes (micro?pieux) pour asseoir le bâtiment sur un substratum sain situé entre 4 à 9 mètres de profondeur. La charpente et la couverture reposant sur la voûte et la coupole de l’abside, une charpente avec structure principale en lamellé collé a été mise en oeuvre afin de maintenir, autant que faire se peut, la volumétrie d’ensemble de l’église et libérer le couvrement. La couverture est en lauzes. Le dallage intérieur a également été restauré. Les dalles abimées ont été remplacées et un dallage en marbre a été posé dans le choeur et l’abside en remplacement d’un carrelage des années 30. Le ravalement des façades et le réaménagement des abords finalisent cette restauration.

2/5

Vitré, Ille?et?Vilaine ? 18000 habitants : Restauration de la tour de la Bridole

© © Architecte Ville de Vitré

Inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1926, la vieille tour de la Bridole (XVe siècle) est remarquablement conservée mais son environnement a été considérablement perturbé : la porte d’En?Haut a disparu, tout comme la courtine qui les reliait, le profond fossé a été comblé et enfin, le développement urbain a placé la tour au centre de la ville alors qu’elle en constituait l’une des extrémités autrefois. L’élévation intérieure disposait encore de deux salles voutées à nervures. Le projet avait pour objectif la restauration et la mise en valeur de la tour, élément phare des fortification de la vieille ville. Les maçonneries ont été restaurées ou reprises à l’identique des pierres de taille détériorées avec un rejointoiement des parements. Le dernier niveau a été remonté avec la restitution du chemin de ronde (structure légère en bois recouverte d’essentes de châtaignier). Concernant la couverture, la ville a privilégié la restitution de la couverture en poivrière car elle permet une mise en valeur de l’ensemble avec un profil de couverture lisible dans le paysage urbain. Un épi de faitage portant les armes de la ville couronne la toiture.

3/5

Epinal, Vosges ? 34 605 habitants Réhabilitation de la Tour Chinoise

© © Ville d’Epinal

La Tour Chinoise d’Epinal fait partie d’un vaste ensemble paysagé mis en oeuvre par Christophe Doublat, receveur général des finances du département des Vosges, à partir de 1804 sur le site de l’ancien château d’Epinal. A l’origine appelée « kiosk », elle a été conçue à l’image d’une pagode. Elle permettait un accès direct aux jardins en terrasses par un escalier à deux rampes de 84 marches depuis la demeure du receveur située en ville basse. Depuis la fin de la dernière guerre, l’édifice, monument historique appartenant à la ville depuis 1861, était dans un état de dégradation avancée. En 1985, une tempête a raison de sa toiture d’origine qui est remplacée par une toiture provisoire afin de sauvegarder la maçonnerie. Les balcons avaient disparus depuis le 19e, l’escalier était détruit à 80 %, les menuiseries anciennes restées en place se trouvaient dans un état médiocre.Façades, toitures, porte?à?faux en bascule des balcons et menuiseries, tout a été restauré à l’identique sur la base de documents historiques. La charpente est en chêne, le toit est constitué de plaques de plomb de 1 mètre sur 5 reliées par des bandes de cuivre, ceux des balcons sont en essentes (ou « essies ») en châtaignier. L’escalier en pierre de taille a été restitué ainsi que sa rambarde en fer. La sécurisation du cheminement haut au niveau du mur de soutènement a également été pris en compte.

4/5

Eu, Seine?Maritime ? 7794 habitants Reconstitution de la galerie de Guise

© © Ville d’Eu

Ce château construit à la renaissance n'a cessé de connaître des travaux d’embellissements jusqu’à devenir la résidence du roi Louis?Philippe au XIXème puis la mairie en 1964 et le Musée Louis?Philippe en 1973. En 2001, la ville d’Eu rachète une collection de 141 portraits peints des collections Orléans?Nemours, dont la totalité des portrait de l'ancienne galerie de Guise du château qui avait brûlé en 1902. Le plafond est reconstitué en 2002 et les 46 portraits, tous marqués par des encrassements importants, des oxydations de vernis et la formation de chancis, sont également remis en état. En 2010, les travaux reprennent. La structure de briques et de métal soutenant l’ancien parquet est enlevée. Au parquet s’est substituée une couche d’isolant permettant de niveler le sol et servant de base au nouveau parquet. Les murs sont creusés afin de laisser la place aux nouvelles installations électriques. Les nouvelles boiseries sont mises en place, des arabesques en staff sont également insérées. Afin de redonner toute sa richesse à ce décor, des staffeurs, marbriers, lustriers, doreurs ont su exercer leur savoir?faire. Cette vaste salle de réception devenue, au fil de l’histoire du château d’Eu, la pièce la plus prestigieuse de l’édifice, a ouvert ses portes au public en mars 2012.

5/5

La Tour de Scay, Doubs ? 259 habitants : Réhabilitation du lavoir à impluvium du Beney

© © Mairie de La Tour de Scay

L e lavoir circulaire à impluvium du « beney » a été édifié en 1834 sur un terrain communal où sourdaient de petites sources qui l’alimentent encore aujourd’hui. Implanté dans les prés, il est distant de 400 m du village. Déserté par les laveuses depuis l’arrivée de l’eau courante en 1958, il s’est retrouvé totalement enclavé en plein pré au remembrement de 1970. Un pan de mur a été abattu pour que les bovins puissent aller s’y abreuver. L’architecte lui avait donné une forme circulaire afin d’obtenir le plus grand développement possible avec peu d’eau. Il l‘avait entouré et couvert afin de mettre autant que possible l’eau et les lavandières à l’abri du vent et de la gelée. Toujours afin de ne perdre aucune goutte d’eau, il avait fait construire le toit en entonnoir afin de recueillir les eaux de pluie. Une cheminée était incorporée dans le mur. La municipalité a décidé sa restauration à l’identique, rendue possible grâce à la copie d’un document rédigé par l’architecte de l’époque détenu en mairie. Le maçon a remonté les murs manquants en moellons équarris et a repris la totalité du dallage en camembert. Les corniches manquantes, les bancs circulaires bouchardés, les éléments défectueux du bassin, les corbeaux, la gargouille ont été taillés et installés dans les règles de l’art. La charpente massive en chêne a été taillée, assemblée et posée dans l’esprit et le rendu de l’époque. Le bois est issu de la forêt du village. La couverture en entonnoir a été réalisée en petites tuiles plates posées sur un platelage en peuplier. Afin de les protéger, les corniches ont été habillées de plomb. Une ceinture en zinc termine l’entonnoir. Afin de désenclaver le lavoir et lui redonner un accès public, la commune a acheté 30 ares aux abords immédiats. Un parking a été créé à l’entrée de la parcelle et un chemin piétonnier relie le village au lavoir en répondant aux prescriptions relatives à l’accessibilité.
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