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Infrastructures, architecture, urbanisme : l'héritage de Valéry Giscard d'Estaing
Valéry Giscard d'Estaing - © PHILIPPE DESMAZES/AFP
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Infrastructures, architecture, urbanisme : l'héritage de Valéry Giscard d'Estaing

La rédaction du Moniteur |  le 03/12/2020  |  France

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Décédé le 2 décembre 2020 à l'âge de 94 ans, l'ancien président de la République et du Conseil régional d'Auvergne a initié dans la deuxième partie des années 70 plusieurs virages majeurs pour l'activité du bâtiment et des travaux publics.

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Valéry Giscard d'Estaing

© PHILIPPE DESMAZES/AFP

Plus jeune président de la Ve République lorsqu’il est élu en 1974, Valéry Giscard d’Estaing, mort mercredi 2 décembre à l’âge de 94 ans, se voulait l’incarnation d’une modernité triomphante.

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TGV plutôt qu'aérotrain : le choix de Pompidou, le chantier de Giscard

© aerotrain.fr

Valérie Giscard d’Estaing s’oppose au projet de train à grande vitesse (TGV) de la SNCF, lui préférant le projet d’aérotrain (en photo, le reste de l’infrastructure test). En mars 1974, lors d’un conseil interministériel restreint sur les économies d’énergie, après trois heures de discussions, le président Pompidou coupe court au débat en avalisant le projet. Une fois élu président, VGE accélère la construction du TGV en déclarant le projet d’intérêt public en 1976. Le chantier de la première ligne à grande vitesse débute entre Paris et Lyon (Rhône). Deux ans plus tard, le fameux train orange Patrick est livré et peut débuter ses tests.

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La première réglementation thermique, conséquence du choc pétrolier

© © Isover.

Ministre de l’Economie de Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing doit gérer les conséquences du premier choc pétrolier. C’est en 1974 que naît donc la première réglementation thermique des bâtiments. L’objectif de cette première « RT » est une réduction de la consommation énergétique de 25 % (225 kWh/m2/an) par rapport à une estimation énergétique sur les bâtiments construits suivant les normes en vigueur entre les années 1950 et 1973 (300 kWh/m2/an.).

Après le décret du 10 avril 1974, la RT 1974 s’applique, dès le 1er mai 1974, aux bâtiments neufs d’habitation ou aux projets de construction (avec permis de construire ou déclaration préalable de travaux), imposant une isolation thermique des parois et un réglage automatique des installations de chauffage.

La RT 1974 créait un coefficient G des « déperditions thermiques » par les parois du bâtiment dont la valeur ne devait pas dépasser un certain seuil suivant l’une des trois zones définie en France (de A, froide, à C, chaude) et de l’une des deux phases, le 1er mai 1974 pour la première et après le 1er juillet 1975 pour la seconde.

Lors de cette première RT 1974, l’isolation des murs se faisait principalement par lame d’air et l’isolation des toitures par un matériau isolant de 4 à 6 cm d’épaisseur.

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Une grande loi pour l'architecture

© Journal officiel

La loi du 3 janvier 1977 affirme que l’architecture est une expression de la culture et qu’en conséquence, la création architecturale, la qualité des constructions, leur insertion dans le milieu environnant, le respect du paysage naturel et urbain ainsi que du patrimoine sont d’intérêt public.

Pour respecter l’intérêt public de la qualité architecturale, trois décisions sont prises :

- le monopole partiel des architectes pour les constructions publiques et pour les particuliers au-delà d’un seuil de 170 m2 (aujourd’hui 150 m2) devient la garantie de la qualité architecturale des constructions.

- en contrepartie, une assistance architecturale gratuite est mise en place pour les constructions les plus modestes ; ces conseils aux candidats à la construction et aux élus locaux seront donnés dans chaque département par un organisme autonome, le CAUE ; l’amendement Josselin précise que leur président sera un élu ; le financement des CAUE sera assuré par une taxe additionnelle à la taxe locale d'équipement (TLE).

- enfin, l’Ordre des architectes et l’exercice de la profession sont réorganisés.

Source : fédération des CAUE

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Urbain, trop urbain

© Nightman1965 - stock.adobe.com

VGE, à l’exemple de Georges Pompidou, mais dans un registre opposé, se montre intéressé par les questions urbaines et, en particulier, par l’aménagement de la capitale. Elu en mai 1974, le nouveau président de la République s’était exprimé à plusieurs reprises, pendant la campagne électorale, sur la nécessité de mettre un frein à la production en masse des grands ensembles. De même, VGE se montre soucieux de promouvoir la qualité du cadre de vie. En septembre 1974, il adresse une lettre à son Premier ministre d’alors, Jacques Chirac, au sujet de « la nécessité d’une nouvelle politique urbaine à Paris ». A ses yeux, quatre principes devraient prévaloir :

Observer une pause dans la construction de bureaux dans Paris ;

Respecter, dans les opérations d’aménagement, le caractère actuel des quartiers de la capitale et maintenir ou rétablir la possibilité d’y résider, pour les diverses catégories sociales, en privilégiant les opérations de restauration ;

Privilégier, en matière de transports, des avenues urbaines améliorant l’agrément des quartiers, favoriser les transports en commun, éviter la construction de nouvelles voies de circulation à caractère autoroutier ;

Développer et améliorer le cadre de vie des Parisiens grâce à l’aménagement d’espaces verts et d’espaces de loisirs sur les terrains rendus disponibles.

Dans son ouvrage « Démocratie française » (Fayard, 1976), le nouveau président enfonce le clou en prônant « un coup d’arrêt donné, dans les villes, au gigantisme destructeur et niveleur ; l’amélioration de la qualité de la vie retenue comme objectif essentiel de l’action gouvernementale ; l’écologie introduite dans l’étude de tous les grands projets ; une politique d’ensemble mise en place pour les espaces verts autour des grandes villes ».

De cette volonté sera créé, en 1978, un ministère de l’Environnement et du Cadre de vie dont Michel d’Ornano sera le premier titulaire jusqu’à l’alternance de mai 1981. VGE s’investit également dans la mise en chantier de nouveaux équipements publics structurants. Outre l’aménagement du quartier de La Défense, il remet en route le projet de rénovation des Halles ainsi que, plus tard, le projet de Cité des Sciences et de l’Industrie de La Villette.

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Musée d’Orsay : voulu par Giscard, inauguré par Mitterrand

© © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

La construction de la gare d’Orsay, à Paris VIIe, démarre en 1898. Son architecte, Victor Laloux, grand prix de Rome, imagine une structure métallique qui disparaît derrière la pierre de la façade. A l’intérieur, des voies construites en tranchées et en sous-sol. Ouverte en 1900, son trafic grandes lignes cesse en 1939. La desserte de la banlieue, en revanche, n’a jamais cessé et la ligne C du RER emprunte aujourd’hui le parcours imaginé en 1898.

Voulue par Giscard, sa transformation en musée a bénéficié du traumatisme de la démolition des halles de Baltard, au cœur de Paris, en 1973 ; et de l’attention plus grande désormais accordée au patrimoine industriel du XIXe siècle. Cette même année, Orsay est inscrite à l’Inventaire des monuments historiques. Georges Pompidou décède en 1974 et c’est en 1978, à mi-septennat, que son successeur crée l’établissement public chargé de la réalisation du musée.

L’équipe d’architectes lauréate Colboc-Bardon-Philippon entreprend la rénovation du bâtiment. Leur projet, sélectionné en 1979 parmi six propositions, devait respecter l’architecture de Victor Laloux tout en la réinterprétant en fonction de sa nouvelle vocation. Il permettait de mettre en valeur la grande nef et de transformer la marquise en entrée principale. L’architecte italienne Gae Aulenti (1927-2012), de son côté, avait été chargée de l’aménagement intérieur des lieux.

Ironie de l’histoire : c’est François Mitterrand qui inaugurera le musée le 1er décembre 1986. Beau joueur, il avait invité à l’événement son prédécesseur, Valéry Giscard d’Estaing, ainsi que le Premier ministre Jacques Chirac et Claude Pompidou, veuve du président décédé.

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Un volcan s’est éveillé

© © Aglaia Konrad 2014

VGE, c’est enfin Vulcania, « parc européen du volcanisme », qui a ouvert ses portes en février 2002 à Saint-Ours-les-Roches, en plein cœur de l’Auvergne, à une quinzaine de kilomètres de Clermont-Ferrand, au pied de la chaîne des puys. Construit sur un terrain de 57 hectares, ce « musée vivant » du volcanisme a constitué le premier parc d’exploration scientifique français. Le visiteur, tour à tour acteur et spectateur, y est amené à vivre la dynamique planétaire, effectuant un voyage au centre de la terre, avec pour objectif de comprendre le phénomène volcanique et les sciences de la planète.
Conçu par l’architecte autrichien Hans Hollein (1934-2014), Vulcania, aux trois-quarts souterrain, s’intègre au site de la chaîne des volcans d’Auvergne, avec comme signe extérieur un cône de 28 m de hauteur recouvert de lave grise. A l’intérieur, animations spectaculaires, simulation de tremblement de terre, rivières de lave et descente dans un cratère sont les moments forts de la visite.
Imaginé et promu par l’ancien président de la République, ce n’est qu’en juillet 1997, plus de quinze ans après son départ de l’Elysée, que les travaux de construction ont commencé sur cet ancien terrain militaire. L’opposition des écologistes puis l’effondrement, en août 2000, d’une dalle de béton de 150 m2 sur le site des travaux, avaient conduit au report de l’ouverture du parc qui a accueilli près de 326 000 visiteurs en 2019.

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