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Au Centre Pompidou-Metz, l’architecture ne manque pas d’air
Haus-Rucker-Co, Gelbes Herz, 1968. - © Haus-Rucker-Co/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Georges Meguerditchian/Dist. RMN-GP
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Au Centre Pompidou-Metz, l’architecture ne manque pas d’air

JACQUES-FRANCK DEGIOANNI |  le 03/02/2021  |  MetzExpositionCentre Pompidou

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L’air est un matériau d’architecture à part entière. La preuve avec l’exposition Aerodream, «Architecture, design et structures gonflables»...

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Haus-Rucker-Co, Gelbes Herz, 1968.

© Haus-Rucker-Co/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Georges Meguerditchian/Dist. RMN-GP

Le "cœur jaune" propose une autre expérience de l’habitat, en quasi apesanteur, sur un sol mou et avec des membranes transparentes. Un confinement soft, somme toute.

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Yutaka Murata, Pavillon du groupe Fuji, Osaka, 1970.

© Yutaka Murata/Osaka Prefectural Expo 1970 Commemorative Park Office

A partir des années 1960, l’architecte japonais exploite les possibilités des structures tendues à membranes. A l’Exposition universelle d’Osaka, le Pavillon du groupe Fuji se compose de seize tubes gonflables sur une fondation circulaire de 50 mètres de diamètre.

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Haus-Rucker-Co, Oasis Nr. 7, documenta 5, Kassel 1972.

© Haus-Rucker-Co

Une cellule gonflable est accrochée à la façade du bâtiment de la documenta 5. Image iconique d’un rapport critique à la ville, à la recherche de nouveaux modes d’habiter.

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Anish Kapoor, Ark Nova, 2013.

© Anish Kapoor. All rights reserved DACS/ADAGP, 2021. / Photo Credits : Anish Kapoor Studio; Iwan Baan; Yu Terayama; IAA Isozaki Aoki and Associates.

Le sculpteur anglais Anish Kapoor, associé à l’architecte japonais Arata Isozaki, a créé ici la première salle de concert gonflable au monde (500 places). Une structure mobile pour le Festival de Lucerne Ark Nova 2013.

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AZC, Pont Trampoline à Paris, 2012.

© AZC architectes

Un concept de pont imaginé à l’origine par l’atelier d’architectes de Grégoire Zündel et Irina Cristea (AZC) à l’occasion d’un concours organisé par le site ArchTriumph. Objectif? Imaginer le 38e pont de Paris.

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L’architecte Hans Hollein dans son bureau mobile, 1969.

© Hans Hollein/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Jean-Claude Planchet/Dist. RMN-GP

Bien dans sa bulle, l’architecte hors-sol peut travailler depuis n’importe où. Une préfiguration du travail nomade généralisé ? Voire…

De pierre, de terre, de fer ou de béton ; l’architecture est souvent pesante, comme l’air du temps en cette période sombre. Et d’air il sera précisément question dans l’exposition qui ouvrira [mais quand?] jusqu’au 23 août 2021 au Centre Pompidou-Metz.

Au commencement était le pneuma - souffle, respiration, âme, cœur, esprit ; et sans doute un peu tout cela à la fois - et l’enveloppe, métaphore de la peau, de la finitude du corps, mais aussi de son extension au travers de la montgolfière et des aérostats. L’histoire des gonflables est imprégnée de cette symbolique, comme elle l’est de l’histoire industrielle, militaire et spatiale : ballons dirigeables, leurres, radômes, ballons-sondes de la Nasa, etc. Des architectures de la mobilité, sans fondations ; des enveloppes climatiques protectrices, en phase avec la nature, loin des locaux climatisés des bureaux.


Coolitude

L’apparition de nouveaux matériaux (caoutchouc et dérivés, plastiques, etc.) a démultiplié les applications possibles de ces structures que des architectes comme Victor Lundy, Walter Bird, Frei Otto ou Cedric Price exploiteront avec brio.

En mai 1967, un colloque sur le sujet fait événement à Stuttgart et constitue la référence vers une nouvelle architecture légère, mobile et modulable, auprès de collectifs comme Archigram, Coop Himmelb(l)au etc. et des architectes et/ou artistes tels Graham Stevens, Panamarenko, Jean Aubert, Hans Walter Muller, etc. Quelques expositions «mythiques» populariseront à l’international le gonflable : musée d’art moderne de la Ville de Paris (1968), pavillons de l’Exposition universelle d’Osaka (1970), Documenta 4 et 5 de Kassel (1968 et 1972).

Dès lors, le gonflable gagne une image de coolitude en adéquation avec le pop art et prend corps au travers de multiples déclinaisons : mobilier, habitation, structures expérimentales, etc. Le gonflable acquiert même une fonction critique envers l’urbanisme et la société, dimension dont s’emparent des artistes comme Piero Manzoni, Yves Klein, Andy Warhol et d’autres pour intervenir dans l’espace public au travers de performances.


Come-back

La crise pétrolière de 1973 sonne le glas du tout-plastique et le gonflable s’évapore… pour mieux faire son come-back depuis une dizaine d’années, avec l’apparition de nouveaux matériaux et technologies plus respectueux de l’environnement. Un revival qui séduit des architectes comme Diller Scofidio + Renfro, Nicholas Grimshaw, Arata Isozaki, Herzog & de Meuron, Snøhetta ; et des artistes comme Anish Kapoor. Des recherches morphologiques et constructives qui se poursuivent, via les expériences d’Achim Menges, de Kengo Kuma, de Mad Architects, de  Selgascano et autres…
 

Aerodream / Architecture, design et structures gonflables

Une co-production du Centre Pompidou-Metz et de la Cité de l’architecture et du patrimoine, avec le soutien du Centre Georges-Pompidou.

Commissaires :
Frédéric Migayrou et Valentina Moimas, Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle, Centre Pompidou.
Stéphanie Quantin-Biancalani, conseiller scientifique et conservateur, responsable de la collection d’architecture moderne et contemporaine de la Cité de l'architecture et du patrimoine.
 

 

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