En direct

A Paris, le chantier de la Bourse de Commerce dévoilé
La bourse de commerce de Paris.Collection Pinault, Paris. - © Patrick Tourneboeuf / Tendance Floue
Diaporama

A Paris, le chantier de la Bourse de Commerce dévoilé

Amélie Luquain |  le 03/12/2019  |  ParisReconversionRéhabilitation d'ouvrageMonument historiqueTadao Ando

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Chantiers
Paris
Reconversion
Réhabilitation d'ouvrage
Monument historique
Tadao Ando
Béton
Valider

Au cœur de la capitale, l’emblématique édifice circulaire abritera bientôt les œuvres de la collection François Pinault. En attendant, Le Moniteur a pu visiter le chantier en avant-première.

1/5

La bourse de commerce de Paris.Collection Pinault, Paris.

© Patrick Tourneboeuf / Tendance Floue

La bourse de commerce de Paris, futur musée de la collection Pinault, dévoile les voiles de béton du silo central avec la fresque restaurée sous la coupole.

2/5

Promenade sur promontoire

© Patrick Tourneboeuf / Tendance Floue

Epousant l'anneau de béton, l'escalier dessert un promontoire qui répond au balcon existant aux garde-corps en fer forgé.

3/5

Sablage des voiles béton

© Patrick Tourneboeuf / Tendance Floue

Les ouvriers terminent le patinage sablé du béton banché

4/5

Lumière en tête

© Maxime Tétard

La casquette en tête de l'anneau de béton intégrera les luminaires qui viendront doucher le mur de haut en bas, en relais de la lumière naturelle.

5/5

Restauration du dôme

© Patrick Tourneboeuf / Tendance Floue

Réfection de la couverture en zinc, peinture de la structure en fonte, intégrations de nouveaux produits verriers.... Le dôme et sa verrière ont été entièrement restaurés.

Dans le premier arrondissement parisien, face à la canopée des Halles, un chantier d’envergure s’achève. « Les travaux de reconversion de la Bourse de Commerce en espace muséal dédié à la collection Pinault seront terminés fin janvier 2020 », annonce Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture et actuel conseiller auprès de François Pinault. « Ses portes ouvriront au public la première quinzaine de juin », poursuit-il.

Pour l’heure, les palissades de chantier masquent encore les travaux en cours.

Ils se déroulent dans un bâtiment inscrit, et classé pour partie (façades intérieures, verrières, peintures) à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques. L’édifice est accolé à la première colonne isolée de Paris, érigée au 16e siècle par Catherine de Médicis dans la cour de l’Hôtel de la Reine qu’elle venait de se faire construire.

Seul vestige conservé in extremis, cette colonne intègre en 1763 une halle destinée au stockage du blé. Conçue par l’architecte De Mézières, son plan circulaire et ses arcades déployées autour d’une cour centrale sont caractéristiques de l’esthétique des bâtiments utopiques de la fin du 18e siècle. En 1813, une coupole en fer de fonte de grande portée, une première en ce début du 19e siècle signé des architectes Bélanger et Hittorff, viendra recouvrir la cour.

L’ensemble est  finalement recomposé en 1889 par Blondel pour y abriter la Bourse de Commerce.

 

Plusieurs chantiers en simultanés

 

« C’est à cet état, jugé comme étant le plus abouti, que se réfère la restauration actuelle conduite par Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des Monuments historiques », informe Fanny Houmeau, chef de projet à l’agence Gatier.

De la même manière, le lieu doit s’adapter à ses futures fonctions d’établissement recevant du public. Un projet mené par l’architecte lauréat du Pritzker, Tadao Ando, qui a par ailleurs déjà réhabilité trois bâtiments à Venise pour François Pinault.  Il est ici secondé par les architectes Lucie Niney et Thibault Marca, associés de l’agence d’architecture parisienne NeM.

Mené dans des délais très courts par l’entreprise Bouygues Bâtiment Ile-de-France Rénovation Privée depuis l’été 2017, ce chantier a impliqué une organisation atypique de l’opération.

En amont, pendant les études de conception, une opération de curage, de mise à nu du bâtiment ainsi que l’installation de protection des éléments patrimoniaux les plus précieux a été initiée. Puis, pour éviter un phasage du chantier niveau par niveau, un échafaudage unique a été réalisé. Il permet des interventions majeures conduites en simultanées : la restructuration du sous-sol, la construction du cylindre de béton et les complexes opérations de restauration qui concernent aussi bien les  façades intérieures, les décors peints en partie inférieure du dôme et la verrière.

 

Un cylindre de béton de 30 m de diamètre

 

Ainsi, la maîtrise d’œuvre concilie avec subtilité le dialogue entre le passé et le présent. « L’élément structurant du projet contemporain fait écho à la circularité de l’ouvrage existant », explique  Lucie Niney. Un cylindre en béton de 30 m de diamètre et haut de 9 m s’imbrique dans le vide central. Il organise désormais les nouveaux volumes. Ses parois lisses percées de quatre ouvertures identiques, définissent d’un côté la déambulation, avec un grand escalier qui épouse l’anneau, et en son sein un premier espace d’exposition. Occupant un tiers de la hauteur sous la coupole (soit 9 m), qui culmine à 35 m de hauteur, « cet ouvrage donnera une échelle aux œuvres monumentales présentées », commente Martin Bethenod, directeur général délégué de la collection Pinault.

« Les voiles se prolongent jusqu’au sous-sol, où ils délimitent un auditorium de 288 places », poursuit l’architecte. Quant aux 2800 m² de galeries d’expositions aux murs courbes, aux surfaces et hauteurs variées (150, 300 et 600 m² pour des hauteurs sous plafonds comprises entre 3 à 8 m), elles seront réparties dans les arcades sur les trois niveaux de l’édifice. Le vaste promenoir qui ceint la tête du cylindre de béton  permettra d’y accéder tout en offrant un point de vue unique sur la fresque et la coupole restaurée. Près de 8000 m² supplémentaires  sont destinés à l’accueil des visiteurs, qui rentreront traditionnellement par la rue du Louvre. 

 

Un anneau outil

 

« Cet anneau monumental est conçu comme un outil au service des nouveaux usages », explique Lucie Niney, avant de poursuivre : « la vingtaine de voiles de béton banché, calepinés aux dimensions des tatamis cher à l’architecte japonais, ont été coulé de part et d’autre d’une âme creuse métallique dans laquelle circulent la plupart des fluides ». Les circuits chaud et froid serviront à réguler la température et l’humidité de l’air sous la rotonde.

Ce même volume abrite le dispositif d’éclairage et l’alimentation des luminaires qui passeront sous la casquette en tête de l’anneau de béton et viendront doucher le mur de haut en bas. Un système de caissons intégrés dans les trous de banches devrait aussi permettre d’absorber les fréquences acoustiques. Enfin, ces trous, grâce à un système d’accroche, permettront de suspendre les œuvres.  

 

Restitution à l’état 1889

 

Outre la construction de cet ouvrage annulaire, nouveau rouage spatial et technique qui se glisse dans l’édifice existant sans l’impacter, la restauration de l’ensemble fut aussi un enjeu majeur du chantier. Ce travail passe par le nettoyage des façades et le rétablissement des 112 menuiseries. « Nous avons aussi conservé la structure métallique existante, bien qu’invisible, mais que nous avons considéré comme un élément patrimonial majeur », précise Fanny Houmeau.

L’immense décor peint en 1889 qui se déploie à 360 ° sous le dôme a également nécessité des travaux conséquents. Une vingtaine de restaurateurs ont œuvré, dans le noir, sous la coupole bâchée, à la restauration des 1400 m² de toile marouflée pendant huit mois, de janvier à juillet 2018.

Enfin, la restauration de la verrière a été un des enjeux majeurs, depuis le traitement de la charpente en fonte, simplement repeinte, jusqu’à l’intégration de nouveaux produits verriers. Ces derniers présentent de meilleures performances thermiques et un traitement solaire, qui n’affectent pas la transmission lumineuse sous la coupole. De quoi mettre en valeur à l’été 2020 la collection d’art contemporain de François Pinault.

 

Fiche technique
Maîtrise d’ouvrage : Collection Pinault. Daniel Sancho. Maîtrise d’œuvre : Tadao Ando Architect & Associates, NeM / Niney & Marca Architectes, Agence Pierre-Antoine Gatier (architecte en chef des Monuments historiques). BET Setec. Entreprise générale : Bouygues Construction.

 

Commentaires

A Paris, le chantier de la Bourse de Commerce dévoilé

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

La maintenance des bâtiments en 100 fiches pratiques

La maintenance des bâtiments en 100 fiches pratiques

Date de parution : 06/2019

Voir

Conduire son chantier en 70 fiches pratiques

Conduire son chantier en 70 fiches pratiques

Date de parution : 11/2018

Voir

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Date de parution : 10/2018

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur