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A Paris, l’architecte Frédéric Jung réaménage par le vide le musée de La Poste
Bienvenue aux PTT - © Hervé Abbadie
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A Paris, l’architecte Frédéric Jung réaménage par le vide le musée de La Poste

Marie-Douce Albert |  le 21/11/2019  |  MuséeRestructurationRénovationRéalisationsParis

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Le bâtiment construit pour cette institution en 1973 dans le quartier Montparnasse, dans le XVe arrondissement, a été profondément remanié. Sa réouverture, le 23 novembre, permettra au public de découvrir un musée plus ouvert et plus lumineux.

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Bienvenue aux PTT

© Hervé Abbadie

Le 23 septembre 2019, le musée de La Poste rouvre ses portes, à Montparnasse, à Paris (XVe). Pendant deux jours, le public pourra découvrir gratuitement cette grande collection de timbres (le musée fait office de dépôt légal), mais aussi d’uniformes, de véhicules, d’outils, de mobilier…  dans des espaces profondément restructurés et aménagés par l’agence Jung Architectures.

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Connu à cette adresse

© Hervé Abbadie

Le musée demeure dans le bâtiment qui avait été construit pour accueillir ses collections en 1973. Juste à côté de la gare, la façade du 34 boulevard de Vaugirard est restée telle que l’avaient réalisée l’architecte André Chatelin et le sculpteur Robert Juvin.

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Affranchissement

© Jung Architectures

Le chantier lancé en 2015 a essentiellement permis au bâtiment de s’affranchir de son imposante structure d’origine. L’ancien noyau central a été démoli et un système de quatre poteaux périphériques a permis de créer une colonne de vide, le « Totem », qui éclaire le cœur du musée.

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Distribution

© Hervé Abbadie

Le «Totem» regroupe également les escaliers qui desservent les différents étages où sont exposées les collections permanentes.

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Enveloppe à fenêtres

© Hervé Abbadie

La façade arrière, jusqu’alors très fermée, a été désobstruée. Une opération qui a permis de révéler l’étrangeté de sa structure d’origine.

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Au verso

© Hervé Abbadie

Le motif plissé des panneaux de façades de Robert Juvin avait été obtenu par l’assemblage de parpaings triangulaires. Le chantier a permis de mettre au jour l’arrière de cet appareillage.

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Nouveau cachet

© Hervé Abbadie

Pour accueillir des objets variés et aussi chamarrés qu’une collection de timbres, l’agence Jung Architectures a opté pour une scénographie sobre. La neutralité du gris participe aussi à réguler l’apport de lumière sur les collections.

Le musée de La Poste n’a pas fait peau neuve. Surtout pas. S’il ne fallait garder qu’un seul élément de l’établissement inauguré en 1973 à Paris, sur le boulevard de Vaugirard (XVe), c’était bien sa façade toute de béton sculptée. A l’époque de sa construction, l’architecte André Chatelin, soucieux de protéger des collections fragiles, avait en effet conçu une grande boîte fermée. L’artiste Robert Juvin l’avait ornée de grands reliefs pour la rendre plus aimable.

Mais derrière cette enveloppe à l’esthétique surannée, tout en revanche a changé. Le musée de La Poste, qui rouvre au public ce samedi 23 novembre (*) après quatre années de chantier, a été remanié jusque dans son ossature. Frédéric Jung, dont l’agence a réalisé la nouvelle architecture et la scénographie des lieux, rappelle ainsi que «le parcours muséographique avait été imaginé par André Chatelin comme une spirale descendante et tournait autour du noyau technique dressé en plein milieu du bâtiment. Cela verrouillait totalement l’espace». Pour restructurer le bâtiment, l’architecture a choisi de remplacer le plein par du vide : l’ancien noyau a sauté et désormais le public visitera les lieux en contournant une grande colonne ouverte et lumineuse baptisée le «Totem».

Supprimer le principal élément porteur du bâtiment et reporter la structure en périphérie «a été très compliqué, note Frédéric Jung. Nous avons été obligés de démolir, petit à petit, en partant du haut, et de reconstruire en même temps.» Un jeu de quatre poteaux de béton a été réalisé sur toute la hauteur du bâtiment et repose sur les fondations existantes. «Le service des carrières nous avait en effet demandé de ne pas en créer de nouvelles», précise l’architecte.

 

« IGH et ERP »

 

La recréation des espaces a par ailleurs permis de mettre fin à une incongruité réglementaire : jusqu’alors le musée de La Poste avait en effet la réputation d’être «le seul IGH (immeuble de grande hauteur) et ERP (établissement recevant du public) de Paris», raconte Frédéric Jung. Rabaisser le dernier plancher accessible a permis à l’institution de sortir de ce statut très coûteux en frais de sécurité incendie.

Plus généralement, le chantier a permis de ramener de la lumière naturelle dans cet ancien coffre-fort, notamment en créant des ouvertures sur la façade arrière, orientée au nord. La manœuvre a été, dans ce cas, plus aisée puisqu’il s’est agi de supprimer des remplissages en parpaings. Ce déshabillage a permis de révéler la structure d’origine dont les lignes accidentées rappellent combien le bâtiment d’origine avait une géométrie complexe.

(*) Le musée de La Poste, 34 boulevard de Vaugirard à Paris (XVe). museedelaposte.fr. A lire : «Le musée de La Poste  - Chronique d’une transformation» par Simon Texier, aux Editions Archibooks, prix : 22 €.

 

FICHE TECHNIQUE


Maîtrise d’Ouvrage : SCI Tertiaire représentée par Poste Immo. AMO : Alamo (générale), JLL (HQE).

Maîtrise d’œuvre : Jung Architectures, architecte et scénographe, mandataire commun (Frédéric Jung, architecte en charge ;  Fabrice Malburny, architecte, chef de projet ; Claudine Dreyfus, architecte, chef projet scénographe ; Isabelle Devin, architecte, scénographe) ; CALQ, maîtrise d’œuvre d’exécution.

BET : Khephren (structure) ; Alto Ingénierie (fluides, synthèse, HQE, BIM manager), Avelac (acoustique) ; Batiss (SSI), D’A & Cyprium (économie), Becar (OPC gros œuvre), Isabelle Crosnier (programme).

Surface : 5 188 m² SP.

Principales entreprises : ATD (désamiantage), CBC & Dumez (gros œuvre, étanchéité, menuiseries extérieures, clos‐couvert), Giffard (menuiseries bois), Vallée (cloisons, doublage, plafonds, sols, peinture), Vulcain (métallerie), Engie Ineo (électricité), CITC (CVC, plomberie), Goppion (aménagements scéniques, vitrines), Version Bronze, (soclage, suspentes).

Calendrier : Concours : 2012 ; études : 2012-2015, travaux : 2015-2019, livraison : novembre 2019.

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