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A Marseille, Premys écrête l’emblématique tour K de la cité de la Castellane
Marseille : démolition par grignotage de la tour K de la cité de la Castellane - © Teddy Seguin pour Erilia
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A Marseille, Premys écrête l’emblématique tour K de la cité de la Castellane

Christiane Wanaverbecq (Bureau de Marseille du Moniteur) |  le 23/06/2020  |  Bouches-du-RhôneColasDéconstructionBétonGinger

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D’ici à la fin de l’année, Premys, filiale de Colas, aura terminé la déconstruction de l’emblématique tour K de la cité de la Castellane à Marseille. Après trois ans de gestation, le bailleur social Erilia a lancé le chantier en août 2019.

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Marseille : démolition par grignotage de la tour K de la cité de la Castellane

© Teddy Seguin pour Erilia

Du haut de ses 45 mètres, la tour K domine depuis cinquante ans la cité de la Castellane dans les quartiers nord de Marseille. Ses 90 logements offraient une vue imprenable sur la grande bleue.

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Marseille : démolition par grignotage de la tour K de la cité de la Castellane

© Teddy Seguin pour Erilia

La tour K se compose de deux immeubles en structure béton de 15 étages reliés par une verrière et des passerelles.

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Marseille : démolition par grignotage de la tour K de la cité de la Castellane

© Teddy Seguin pour Erilia

Montée à l’aide d’une grue mobile, la mini-pelle creuse un trou d’environ 30 m2 qui permettra à la grue mobile de la descendre au niveau inférieur. De là, elle va grignoter le reste de la dalle.

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Marseille : démolition par grignotage de la tour K de la cité de la Castellane

© Teddy Seguin pour Erilia

Les conducteurs des deux mini-pelles, posées chacune sur un des deux immeubles formant la tour K, travaillent de façon coordonnée pour garder le même rythme.

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Marseille : démolition par grignotage de la tour K de la cité de la Castellane

© Teddy Seguin pour Erilia

Depuis le niveau inférieur, la mini-pelle grignote le reste de la dalle, ouvre les murs et garde le voile périphérique comme garde-corps.

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Marseille : démolition par grignotage de la tour K de la cité de la Castellane

© Teddy Seguin pour Erilia

La mini-pelle s’attaque aux murs latéraux.

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Marseille : démolition par grignotage de la tour K de la cité de la Castellane

© Teddy Seguin pour Erilia

La grande plate-forme installée en façade coulisse au fur et à mesure de l’avancée du processus.

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Marseille : démolition par grignotage de la tour K de la cité de la Castellane

© Teddy Seguin pour Erilia

Les gravats sont évacués au fur et à mesure.

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Marseille : démolition par grignotage de la tour K de la cité de la Castellane

© C.W.

Des filets de protection permettent la circulation en toute sécurité des voitures et des piétons.

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Marseille : démolition par grignotage de la tour K de la cité de la Castellane

© Teddy Seguin pour Erilia

Vue depuis le boulevard Henri-Barnier. La déconstruction de la tour K s’inscrit dans un projet de rénovation urbaine de la cité de la Castellane dans les quartiers Nord à Marseille.

Bâtiment emblématique de la cité de la Castellane dans les quartiers nord de Marseille, car associée à un important trafic de drogue, la tour K sera rayée de la carte à la fin de l’année. A cette date, Premys, la filiale de Colas spécialisée dans la déconstruction, livrera à son client, le bailleur social Erilia, un terrain nu. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un projet de renouvellement urbain qui vise à ouvrir le quartier sur le reste de la ville et à le rendre plus accessible, notamment avec la création de voies nouvelles. Ainsi, à la place de la tour K, construite au début des années 1970, sera aménagée, depuis le boulevard Henri-Barnier, une nouvelle entrée avec une voie bordée d’espaces verts.

 

Quatre mois d’écrêtage

 

Mais avant d’arriver à ce résultat, les huit membres de l’équipe de Premys, mobilisés sur le chantier depuis août 2019, ont encore quatre mois de travaux devant eux pour écrêter ce qui est en réalité deux immeubles en structure béton de 15 étages reliés par une verrière et des passerelles. La technique, qui consiste à grignoter le béton, étage par étage, jusqu’au sol, a été proposée par le bureau d’études Ginger Deleo car elle permet de limiter l’impact du chantier sur l’environnement. Avec cette même préoccupation, il a été demandé à Premys de mouiller le béton au fur et à mesure de l’avancée du chantier et cela afin d’éviter les émissions de poussière.

 

Deux autres options

 

Pour démolir la tour K, Erilia avait deux autres options. Le foudroyage avec explosifs a été écarté rapidement en raison de la proximité des autres immeubles et du boulevard Henri-Barnier, voie passante qui relie le quartier Saint-Antoine à l’autoroute du littoral. Il aurait fallu aussi organiser en amont l’évacuation de toute la cité. « De voir s’effondrer un bâtiment comme un château de cartes par explosion est trop perturbant pour la population. De plus, cette technique nécessite une phase de curage et d’évacuation des gravats après le tir. Avec la solution de l’écrêtage, les gravats sont évacués au fur et à mesure », rappelle Djilali Derouiche, directeur de la maîtrise d’ouvrage chez Erilia.
L’autre solution, de la pelle à grand bras, n’a pas été retenue non plus. « La proximité des autres immeubles de la cité et la hauteur de la tour elle-même rendaient l’opération impossible car la pelle a besoin d’un certain recul et il aurait fallu créer un périmètre de protection pour éviter les projections de gravats », renchérit Xavier Nielly, chef de secteur chez Premys.

 

Sécurité

 

Arrivées sur le site en août dernier, les équipes de Premys ont d’abord installé les filets de protection autour de la tour K pour permettre la circulation en toute sécurité des voitures et des piétons. Elles ont également installé une plate-forme mobile (bi-mât) qui ceinture toute la tour. Elle coulissera à la façon d’un ascenseur au fur et à mesure de l’avancée du processus.
Après avoir curé et désamianté les deux parties de la tour, les équipes de Premys étaient prêtes mi-mars à attaquer l’écrêtage. La Covid-19 en a décidé autrement. Les deux mini-pelles de cinq tonnes, posées chacune à l’aide d’une grue mobile au sommet de la tour de 45 mètres de haut, n’ont été mises en action que début juin.
A ce jour, la terrasse supérieure de chacun des deux immeubles a été grignotée et le 15e niveau attaqué. La démolition de la terrasse au niveau supérieur a été l’opération la plus délicate compte tenu de l’épaisseur de la dalle (40 cm). Elle a duré 10 jours.

 

Trou de 30 m2

 

Pour les niveaux suivants, Premys espère aller plus vite et terminer cette phase du chantier cet automne. Ses équipes devront ensuite démolir les fondations pour une fin de chantier à la fin de l’année. « L’écrêtage des 15 niveaux sera plus simple car les dalles sont moins épaisses et nous n’aurons pas à détruire d’édicules comme ceux qui habillaient la terrasse. Mais surtout, nous allons répéter quinze fois le même schéma », précise Xavier Nielly.
Ses équipes vont effectivement appliquer le même processus étage après étage. Chacune des mini-pelles creuse ainsi, par niveau, un carré de 30 m2 au centre de la dalle dans chacun des immeubles. C’est par ces deux trous que la grue mobile les descendra au niveau inférieur. Une fois les étais enlevés à l’étage inférieur et installés plus bas, les engins écrêtent le reste de la dalle, les voiles et les murs latéraux. « L’opération reste délicate car les conducteurs de chacun des deux mini-pelles doivent se coordonner pour travailler au même rythme sur chacun des deux immeubles », insiste Thibaut Servange, conducteur de travaux chez Premys.

 

Phasage de la démolition de la tour K à Marseille :

 

Gestion des déchets

 

La gestion des gravats est un autre sujet qu’Erilia a voulu le plus vertueux. Ils sont évacués au fur et à mesure via une trémie aménagée au milieu de la tour. Ils seront ensuite acheminés par camions vers des centres de traitement afin d’être valorisés. Les déchets inertes seront dirigés vers le centre de stockage de la Nerthe, voisin du quartier à moins de 10 km. Les autres déchets (métaux, plâtres, bois, équipements électroniques, etc.) iront dans des centres de traitement adaptés tous situés au sein de l’aire métropolitaine. Les 10 500 tonnes de béton seront valorisées à 90 % après concassage. Une partie sera d’ailleurs réutilisée sur place notamment pour servir de remblai du futur talus réalisé sur l’emprise de la tour.

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Erilia
Maîtrise d’œuvre : Ginger Deleo (mandataire), démolition et désamiantage ; Cerretti, VRD ; Bureau Veritas coordination SPS ; Emergence, facilitateur de clauses sociales.
Entreprise : Premys
Coût des travaux : 3,2 millions d’euros TTC
Coût global de l’opération : 5,5 millions d’euros TTC (y compris honoraires, accompagnement Mous, frais de déménagement, etc.).
Subventions : 3,8 millions d’euros (Anru), 300 000 euros (Métropole Aix-Marseille-Provence) et 1,4 million d’euros (fonds propres Erilia).

 

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