Enjeux

Véronique Joffre, discrète mais engagée

Mots clés : Architecte

La Toulousaine a été désignée femme architecte de l’année pour ses réalisations qui privilégient les matériaux bruts.

Elle semble encore surprise de cette reconnaissance. Véronique Joffre a été nommée femme architecte de l’année 2016 par l’Association pour la recherche sur la ville et l’habitat (Arvha). Cette Aveyronnaise d’origine, qui exerce en libéral depuis 1991, n’est pas une militante. Toutefois, elle mesure la valeur d’un prix créé pour rendre plus visible la présence des femmes dans le domaine de l’architecture. « Aujourd’hui, à l’école de Toulouse où j’enseigne, il y a 60 % de filles, dont seulement 15 % créent une agence en leur nom propre. Ce métier demande beaucoup de disponibilité et d’engagement personnel dans les projets. La crainte de ne pas trouver le bon équilibre entre les sphères familiale et professionnelle fait peut-être hésiter les femmes », analyse l’architecte qui a fondé sa propre agence.

Aujourd’hui installée à Toulouse, Véronique Joffre a commencé son activité en Aveyron en 1991 avec une commande de groupe scolaire à Druelle, la commune de son enfance. Alors âgée de 26 ans, elle souhaite concilier vie personnelle et travail. Mariée à un musicien allemand, mère de deux enfants, elle prend les projets l’un après l’autre pour pouvoir s’y consacrer pleinement et atteindre la qualité souhaitée. A ce jour, elle compte à son actif une quinzaine de réalisations, publiques pour l’essentiel : un centre de loisirs sur la ZAC Andromède à Blagnac (Haute-Garonne), la requalification du centre urbain à Balma (Haute-Garonne), la maison médicale de Caussade (Tarn-et-Garonne), la centrale hydroélectrique d’Albas (Lot)… La dernière est le groupe scolaire de la Cartoucherie à Toulouse.

Une architecture lisible par tous. Bien que différents, ces projets partagent une écriture raffinée toujours intégrée dans un contexte. « Je porte une attention particulière aux lieux et aux gens que j’accompagne. Tous mes projets tendent vers une architecture lisible par tous, simple et utilisant des matériaux bruts : bois, acier, verre, béton. Je souhaite avant tout créer des conditions de bien-être pour les usagers », explique Véronique Joffre.

Femme discrète, elle sait aussi affirmer ses convictions.

En 2016, elle a mis un terme à sa collaboration avec un promoteur car les conditions de travail étaient contraires à sa philosophie. Ces particularités ont frappé sa consœur marseillaise Corinne Vezzoni, présidente du jury de l’Arvha en 2016. « Grâce à ce prix, on découvre des personnalités ancrées dans leur territoire, qui font un travail de fond, se réjouit-elle. Véronique Joffre me fait penser à ces architectes suisses du Tessin, tel Luigi Snozzi, intervenant à petite échelle. » Et de louer la finesse des dispositifs mis en œuvre pour requalifier le cœur de ville de Balma, lui apportant une nouvelle identité.

1991 Fondation de son agence

200 000 euros de chiffre d’affaires

Trois architectes, dont deux salariés

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