Enjeux

Venathec détonne chez les acousticiens

Mots clés : Concurrence - Métier de la construction

Le bureau d’études bouscule le paysage morcelé de sa profession en multipliant nouvelles agences et rachats.

Dans l’univers atomisé de l’ingénierie acoustique, Venathec fait exception. Par croissance interne puis par une succession de rachats, le bureau d’études de Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) né en 1999 s’est constitué un réseau de 14 implantations dans huit régions, appuyé sur deux levées de fonds d’un total de 3 millions d’euros, auprès de l’Institut lorrain de participation et de Bpifrance. Venu de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), son dirigeant-fondateur Patrice Cornu entend poursuivre le mouvement, persuadé que l’heure de la concentration a sonné pour son métier : « La cartographie de nos agences comprend des zones à combler, de la Franche-Comté jusqu’au Pays basque, en passant par le Centre-Val de Loire. »

Répartir le risque. A 5,8 millions d’euros cette année, le chiffre d’affaires a plus que doublé depuis 2014. Quelque douze mois de carnet de commandes laissent entrevoir un niveau de 7,2 M€ en 2018, hors croissance externe éventuelle. « Nous avons plus d’un an d’avance sur notre plan de développement 2016-2021, qui prévoit 10 M€ de CA pour un effectif de 110 à 120 salariés », complète Patrice Cornu. Devenu leader français de l’ingénierie acoustique, Venathec en a-t-il inventé le modèle du futur ? La question fait débat. Certains confrères estiment que l’avenir reste aux petites structures à spécialités pointues, quand d’autres se sont lancés dans une stratégie comparable à celle du Nancéien. Pour Patrice Cornu, « les longues études d’expertise demeurent un socle, qui représente d’ailleurs 30 % de notre activité ». Mais pour « répartir le risque », Venathec a démultiplié territoires d’intervention et spécialités. Et plutôt que la prescription traditionnelle de son métier, il déploie une prospection commerciale qualifiée d’« offensive », voire d’« agressive » par ses concurrents.

70 salariés. 14 agences. 5,8 M€ de CA en 2017. 4 pôles de spécialités.

Une démarche qui s’accompagne d’une réorganisation de la gestion administrative, de l’informatique et de la logistique, « de sorte à consacrer son temps au terrain et à l’analyse, pas à rédiger les rapports », dixit le dirigeant.

Pour mener sa croissance, Venathec s’est structurée en quatre pôles : « industrie » (exposition au bruit des salariés, insonorisation des ateliers, impact sonore d’une installation classée sur son voisinage), « éolien » (études acoustiques préalables, contrôle en phase de fonctionnement), « environnement » (solutions antibruit au bord des routes) et « architecture ». Ce dernier pôle comprend l’ingénierie phonique liée aux constructions, y compris de prestige (nouveau siège de la Banque européenne d’investissement à Luxembourg, campus The Camp à Aix-en-Provence – lire aussi p. 22) , en direct auprès du maître d’ouvrage ou dans l’équipe de maîtrise d’œuvre ou de conception-réalisation.

Patrice Cornu n’exclut pas d’élargir l’offre, dans le contexte où les bureaux d’études généralistes se dotent de plus en plus de leur propre compétence acoustique. L’ingénieriste pourrait commencer par la ventilation. Il opérerait alors un retour aux sources : il a démarré par cette spécialité qui renvoie à son nom d’origine (VENtilation, Acoustique, THermie, EClairage) avant de prendre résolument le virage de l’acoustique en 2002.

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