Régions

VALERIE FOURNEYRON MAIRE DE ROUEN « Densifier la ville et choyer son centre »

Mots clés : Collectivités locales - Droit de l'urbanisme - Energie renouvelable - Marché de lénergie - Politique de la ville - Politique du logement - Qualité de l'eau, de l'air et du sol - Rénovation urbaine

Reprise en main du GPV (grand projet de ville), accent mis sur le logement et la lutte contre l’étalement urbain, projet de requalification des bords de Seine rive gauche, décisions tranchées sur les grands projets architecturaux : Valérie Fourneyron marque sa première année de mandature avec énergie.

Quelles orientations souhaitez-vous donner à la politique du logement ?

C’est clairement de lutter contre la périurbanisation en densifiant la ville centre. Notre PLU (plan local d’urbanisme) prévoit 25 % de logements sociaux dans tout projet immobilier, contre 20 % auparavant, et la suppression du seuil de 30 logements pour éviter la prolifération actuelle des projets à 27 ou 28 logements.

Est-ce pour cette raison que vous avez repris en main le grand projet de ville lancé en 2001 ?

Les six premiers mois de mon mandat y ont été largement consacrés. Le second avenant à la convention Anru, signé en juillet dernier pour 327 millions d’euros, était attendu depuis 2006. Une vingtaine de partenaires étaient autour de la table. Il s’agissait de redonner confiance aux bailleurs sociaux qui jusque-là ne savaient plus répondre aux exigences architecturales et n’avaient pas les moyens de les financer. L’un des points clés repose sur une reconstitution du patrimoine social hors sites Anru (342 logements contre 273 au départ).

Il y aura moins de démolitions que prévu, moins d’argent affecté aux espaces publics et plus de réhabilitations et de résidentialisations. Ceci n’exclut pas les contributions d’architectes de renom, comme Yves Lion, Frédéric Borel ou Françoise-Hélène Jourda.

D’autres exemples de ce rééquilibrage ?

J’en vois deux. Sur la zone d’aménagement concerté (ZAC) Aubette-Martainville, l’agence Seura de David Mangin va construire 80 logements sociaux BBC (bâtiments basse consommation) pour Immobilière Basse-Seine (IBS) et 50 logements THPE en accession, dont 13 villas urbaines pour Kaufman & Broad. L’ensemble sera très paysagé avec des promenades au bord de la rivière. L’aspect réutilisation de la géographie du site est primordial à mes yeux, de même que le biotraitement pour la dépollution des sols. Idem pour le projet Luciline pour lequel il faudra une modification juridique de la ZAC.

Je ne voulais pas que les belles terrasses avec vue sur Seine soient réservées aux activités tertiaires. Avec Christian Devillers, nous avons rééquilibré le projet afin qu’il se rapproche d’un écoquartier. Les premiers forages montrent que le recours à la géothermie à partir des eaux de la Seine semble très positif. Et nous avons décidé de remettre à nu la rivière Luciline.

Par ailleurs, notre politique foncière est en passe de redonner confiance aux concessionnaires automobiles du Mont-Riboudet. L’idée de show-rooms en rez-de-chaussée surmontés de logements ne les effraie plus. Pour moi, Luciline est l’exemple même de comment on doit développer une ville.

L’aménagement des quais rive droite est bien avancé, avec notamment le chantier du hangar n° 2 et le projet de Maison de l’étudiant. Qu’en est-il de la rive gauche ?

Nous allons lancer dès 2010 un concours pour son aménagement, qui devra être cohérent avec le projet d’écoquartier Flaubert, dont la salle Agglo 106 sera le premier élément structurant, et avec le parc de la presqu’île Rollet que prévoit Jacqueline Osty.

Des tours à Rouen sont-elles envisageables ?

On se pose la question, notamment autour du projet de nouvelle gare multimodale rive sud qui pourrait être entouré d’un quartier dense.

Le riche patrimoine de la « ville aux cent clochers » ne constitue-t-il pas un fardeau financier pour la municipalité ?

Je ne dirai jamais cela. C’est vrai que seule la cathédrale reste sous maîtrise d’ouvrage de l’État et que l’entretien de nos monuments a un coût. Dans le plan pluriannuel d’investissement 2010/2014 que nous avons adopté en juin, dix millions d’euros seront consacrés à nos monuments, Saint-Maclou, la Cour d’Albane et Saint-Ouen en priorité. Mais les retombées économiques et touristiques de cette richesse sont considérables et je suis fière de l’image de Rouen que ce patrimoine procure. Notre action ne doit pas être centrée dessus mais il est hors de question pour moi de ne pas y être attentive et de ne pas choyer le cœur de notre cité, notamment en mettant de la qualité dans ses espaces publics. D’où les 500 000 euros en cours pour la régénération des voies piétonnes et les 7,5 millions d’euros du plan Fisac que nous allons signer pour le centre-ville.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Parcours

1998-2007 : vice-présidente du conseil régional de Haute-Normandie.

2001-2009 : conseillère générale de Seine-Maritime, canton de Rouen 5.

2007 : députée de la première circonscription de Seine-Maritime.

2008 : maire de Rouen et première vice-présidente de l’agglomération de Rouen.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X