Architecture et urbanisme

URBANISME Michel Cantal-Dupart nommé professeur au CNAM

Mots clés : Architecte - Architecture - Enseignement supérieur - Métier de la construction

-Un entretien avec le premier architecte-urbaniste à être nommé professeur au Conservatoire national des arts et métiers.

Pour la première fois, un architecte-urbaniste a été nommé professeur titulaire d’une chaire du Conservatoire national des arts et métiers : urbanisme et environnement. Le 11 mars dernier, devant 300 personnes et en présence de Claude Bartolone, ministre de la Ville et du préfet de région, Jean Pierre Duport, madame Paye-Jeanneney, administratrice générale du Conservatoire, a installé Michel Cantal-Dupart, dans cette nouvelle chaire. Dans sa conférence inaugurale, qu’il a prononcée vêtu de la traditionnelle toge rouge, Michel Michel Cantal Dupart a tracé les grandes lignes de l’enseignement des villes dans leur environnement. Il répond aux questions du « Moniteur ».

Pourquoi avoir retenu l’inclusion et l’exclusion pour thème de votre leçon inaugurale ?

Parce qu’il faut montrer que le destin des villes est d’aller de l’exclusion à l’inclusion. Premièrement, exclusion des habitants des faubourgs par les enceintes qui marquent l’appartenance, la citadinité. Deuxièmement, inclusion de ces territoires et de leurs habitants par des ponts, réels ou virtuels, des ouvrages, des techniques.

Jean Prouvé, qui m’a précédé en tant que professeur au Conservatoire, a su attirer toute une génération d’architectes à l’intelligence de la construction. Je veux faire la même chose auprès du public du CNAM, attirer à la culture de la ville ces jeunes professionnels, techniciens, élus, futurs responsables des villes.

Comment enseigner la ville, quand l’urbanisme a du mal à exister en tant que discipline ?

Il ne servirait à rien de montrer des études urbaines qui perdent rapidement leur actualité. Je préfère montrer, à travers des objets et des ouvrages comparatifs, comment la montée rationaliste s’est accompagnée d’un nombre incalculable de ponts à Paris. Pour inclure précisément. Comment la médecine s’est occupée, à une époque, d’établir les liens entre la maladie et les quartiers de la misère. Comment l’Exposition universelle de 1889 a été l’exposition de la technique et du progrès des villes, puis comment, hélas, l’esthétique a repris le dessus à partir de l’utilisation de la photographie aérienne. Et que ce processus de mainmise des architectes a donné la « pâtisserie » de l’Exposition universelle de 1900. Tout cela s’est joué en quelques années. Les grands ensembles en forme de tableau de Mondrian n’en sont que la réplique.

En quoi consiste la ville de droit dont vous parlez ?

C’est ce sur quoi je travaille aujourd’hui : revendiquer la ville de droit c’est dire que la même attention doit être portée au centre et à l’extrême banlieue. Il faut huit francs pour faire onze kilomètres en transports en commun dans Paris, et trois fois plus à l’extérieur pour en faire deux fois moins. La ville de droit c’est l’accessibilité, le libre mouvement des hommes, donc des idées.

Je crois que les habitants méritent que l’on forme ce que j’appelle des ergonomes des villes. Il ne faut pas seulement faire des voitures à vivre, mais des espaces pour tous.

PHOTO : Michel Cantal-Dupart : « Revendiquer la ville de droit, c’est dire que la même attention doit être portée au centre et à l’extrême banlieue. »

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X