Architecture Climatisation

Une vague de nouveaux fluides

Mots clés : Air - Climatisation

La réglementation impose la réduction des gaz à effet de serre les plus nocifs.

Des alternatives aux réfrigérants de type HFC émergent.

En matière de climatisation des bâtiments tertiaires, il va être nécessaire de réduire drastiquement les quantités de fluides frigorigènes de types hydrofluorocarbones (HFC) : R-410a et R-134a essentiellement. Le sujet est acté au plan européen depuis la parution du règlement n° 517/2014 du 16 avril 2014, dit F-Gas II. Ce texte s’inscrit dans la lignée de sa première version, le F-Gas de 2006, qui demandait aux pays membres de réduire et de confiner ces gaz à effet de serre. La version 2014 cible les HFC et limite les quantités (en équivalent CO2) à mettre sur le marché d’ici à 2030. Il organise une décroissance par paliers dite « phase down ». En Europe, cette étape a commencé en janvier 2015 avec une réduction de 7 % pour la période 2016-2017. De 2018 à 2020, la marche sera nettement plus haute : il faudra réduire l’usage des HFC de 30 % ! Puis, en 2025, les équipements de climatisation ne pourront plus utiliser que des fluides d’un indice de potentiel de réchauffement global (PRG) de la planète inférieur ou égal à 750, soit deux à trois fois moins qu’actuellement (le PRG des fluides actuels oscille entre 1 500 et 2 000).

De 2018 à 2020, il faudra réduire l’usage des hydrofluoro-carbones (HFC) de 30 %.

Les alternatives. Des substituts arrivent sur le marché : en premier lieu, les fluides HFO, des hydrofluorocarbures insaturés dits aussi « hydrofluorooléfine ». Référencés R-1234yf, R-1234ze ou R-1234zd, ils se distinguent par un PRG de seulement 5 ou 6, mais ils sont classés « faiblement toxiques et inflammables ». Autre alternative : le R-32. Avec un PRG de 675, ce difluorométhane est tout de même faiblement inflammable. Breveté par le japonais Daikin, il est devenu en quelques années l’un des réfrigérants majeurs des systèmes de climatisation domestique. Toshiba et Mitsubishi Electric l’ont également adopté. En matière de climatisation des bureaux, les scénarios projettent une migration rapide, à plus de 95 % d’ici aux années 2022-2024, du R-410a vers le R-32, ou marginalement vers des mélanges de R-32 avec des HFO.

Moins de fluides dans le tertiaire. L’association European Partnership for Energy and the Environment (Epee) a, dès la parution du règlement F-Gas II, développé son « gapomètre ».

Destiné aux industriels, installateurs et exploitants, cet outil de mesure anticipe et suit les progrès de réduction de ces gaz à effet de serre sur les équipements neufs, sur les installations existantes et sur la récupération des fluides. La première échéance est posée pour 2021. Pour diminuer de 55 % les volumes de HFC à cette date, l’Epee a simulé les parts affectées à chaque action. Les nouveaux équipements devraient y contribuer à hauteur , les installations existantes pour 39 Mt éq.CO2 -et la récupération de fluides pour 20 Mt éq. CO2. Une large part de ces efforts repose sur les installations de froid industriel. La contribution de la climatisation, essentiellement tertiaire, serait de – 14 Mt éq. CO2.

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