Architecture Génie civil

Une place fortifiée par 11 km de composite

Mots clés : Dallage - Produits et matériaux - Stationnement - Travaux publics

A Ajaccio, des lamelles en fibres de carbone consolident la dalle qui chapeaute un parking.

Au cœur d’Ajaccio (Corse-du-Sud) s’est déroulé cet été un chantier particulièrement remarquable. Pour renforcer la dalle de couverture en béton armé qui chapeaute le parking souterrain du Diamant – et ainsi que puisse avoir lieu l’organisation d’événements publics sur la place, en surface (concerts, rencontres sportives, etc.) -, près de 11 kilomètres linéaires d’armatures passives en fibres de carbone ont été mises en œuvre. « Il s’agit de l’un des chantiers les plus importants aujourd’hui en France avec cette technologie », fait savoir Eric Houel, directeur du développement du génie civil pour l’industriel fournisseur ParexGroup France. Coût de l’opération ? 250 000 euros environ.

Capacité portante de 500 kg à 1 t par m2. « En plus d’améliorer la résistance mécanique de la structure porteuse, construite dans les années 1970, il s’agissait de mettre en conformité l’ouvrage avec la réglementation. Grâce à cette intervention, la capacité portante de la structure est passée de 500 kg par m² à 1 tonne par m², la légèreté des lamelles permettant de ne pas surcharger inutilement la structure », indique Frédéric Firroloni, dirigeant de l’entreprise éponyme. En outre, la nécessité de préserver la hauteur « sous tête » dans le parking (2 m) a plaidé en faveur de l’emploi des lamelles en fibres de carbone. « Le recours à ces dernières nous a évité de mettre en place des poutres métalliques épaisses », indique Stéphane Panin, dirigeant de la société R3S France, spécialisée dans le traitement des pathologies structurelles.

Au total, plus de 6 000 m² de surface étaient concernés. Dénommé Lankostructure Carbo, le produit de l’industriel mis en œuvre à Ajaccio se présente sous la forme de lamelles de 10 cm de large, pour une épaisseur de 1,2 mm, venant se rajouter aux 35 cm d’épaisseur de la dalle. Découpées « à façon », selon différentes longueurs répondant aux besoins du chantier (entre 1 et 5,15 m), ces dernières ont été directement collées, en sous-face de la dalle et de 85 poutres-porteuses, à l’aide d’une colle époxy (50 Carbo Colle), la distance entre les lamelles oscillant entre 15 cm et 1 m.

La variété des dimensions des lamelles constitue l’une des caractéristiques du chantier corse. Pour les mettre en place, ParexGroup France a mis à la disposition du bureau d’études structure Salini un logiciel de dimensionnement permettant le calcul « rapide et efficace », selon Eric Houel, des longueurs et des positionnements des renforts. « Le bureau d’études a ainsi pu définir préalablement un plan de calepinage pour optimiser la pose des lamelles sur le chantier », avance le responsable.

Rythme de pose de 600 m par jour. Déterminant les performances des renforts, la préparation préalable de la dalle a été une étape importante. « Il fallait que sa sous-face présente une bonne cohésion d’ensemble pour que la colle assure au mieux la transmission des efforts », précise Stéphane Panin. Pour ce faire, l’entreprise a développé un bras mécanisé sur mesure facilitant les opérations de décapage et de ponçage du support. Les compagnons actionnaient, du sol, le bras sur lequel était fixé l’outil, au lieu d’intervenir directement – et dans une posture inconfortable – sur la dalle. Grâce à cette « astuce » technique, le rythme de pose des lamelles a atteint les 600 m par jour.

Maîtrise d’ouvrage : Ville d’Ajaccio. Maîtrise d’œuvre : bureau d’études Salini. Entreprises : Firroloni, R3S France. Industriel : ParexGroup France. Montant : 250 000 euros.

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