Technique et Construction durable Label IntAIRieur

Une initiative très privée

Dévoilé en novembre, IntAIRieur est le premier label à se positionner sur le créneau de la qualité de l’air intérieur (QAI). Cette initiative privée à destination des logements neufs est portée par la société Immolab, créée en 2017 à Toulouse par Polyexpert Environnement (groupe Polyexpert, spécialisé dans l’expertise assurance du secteur de la construction). La présentation de ce label permettant de contrôler la QAI en a surpris plus d’un.

« Ce label n’est connu d’aucun acteur institutionnel ou légitime sur le sujet, confie Lionel Combet, chargé de mission en qualité environnementale des bâtiments à l’Ademe. On est très loin d’une démarche partagée comme Manag’R, pour laquelle nous travaillons avec le CSTB, les acteurs de la recherche, l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, le ministère de la Transition écologique et solidaire, l’Alliance HQE-GBC… »

Manque de données. A l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, on est tout aussi sceptique. Sa présidente Andrée Buchmann appelle plutôt à la création d’un référentiel par les pouvoirs publics, sur des bases objectives : « L’Ademe travaille déjà en ce sens et a commencé à évaluer les critères de QAI qui pourraient aboutir à l’élaboration d’un tel label. » Pour Claire-Sophie Coeudevez, cogérante de Medieco, un acteur majeur de la QAI, « la démarche est intéressante, mais on manque encore d’informations sur les exigences et les coûts, qui devront être maîtrisés pour que la labellisation soit intégrée facilement dans les projets ». La récente publication du référentiel permet d’y voir plus clair. Il peut être téléchargé sur le site Internet d’IntAIRieur. Côté coûts, Nicolas Duhameau, gérant d’Immolab et de Polyexpert Environnement, précise que les grilles tarifaires seront remises aux maîtres d’ouvrage intéressés.

Le mieux est désormais d’attendre les premières références. Pour le moment, aucune labellisation IntAIRieur n’a encore été signée. Certaines sont pressenties avec des maîtres d’ouvrage locaux ou nationaux (à Bayonne avec Bouygues Immobilier, notamment). La demande de labellisation doit être formulée par le maître d’ouvrage avant le dépôt du permis de construire.

Un auditeur agréé (le réseau est constitué et validé par Polyexpert Environnement) contrôle ensuite l’opération lors des phases programme, conception et réception et à la demande du maître d’ouvrage pendant l’opération. A l’issue de ce protocole, le label peut être délivré au maître d’ouvrage.

Le label, qui attend ses premières références, suscite des réserves.

Le référenciel pourrait être amené à évoluer à la suite des premiers retours d’expérience. C’est l’une des vocations de l’Association de promotion de la qualité de l’air intérieur (APQAI), qui a été créée pour fédérer les membres du comité de pilotage du label. La plupart ont donné leur accord pour adhérer à l’association, assure Nicolas Duhameau. Parmi les noms cités par le gérant : Bouygues Immobilier, Saint Georges Promotion (Toulouse), le conseil régional de l’Ordre des architectes d’Occitanie, l’Association Santé Environnement France, l’agence régionale de santé d’Occitanie…

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