Régions PARIS

Une église sauvée par « jet grouting »

Mots clés : Établissements de culte, funéraire

L’église de Saint-Germain-de-Charonne, dans le XXe arrondissement de la capitale, est un édifice classé Monument historique dont la construction s’échelonne entre le Xe et le XVIIIe siècle. L’histoire structurelle de cet ouvrage, implanté sur le flanc sud d’un coteau très escarpé, atteste d’une instabilité chronique qui a, de tout temps, justifié des travaux de renforcements récurrents. Fermé au public depuis décembre 2009, suite à l’apparition de fissures importantes, le bâtiment fait aujourd’hui l’objet d’un projet de consolidation dont l’objectif est de le sauver d’une ruine certaine. Le rapport d’expert ayant démontré le caractère insuffisant des fondations – l’église repose sur des remblais et colluvions – les travaux consistent à le « rasseoir » sur de bons appuis, en allant chercher la couche de meilleure capacité portante qui n’apparaît qu’à une dizaine de mètres de profondeur.

Recréer de bonnes fondations

C’est le procédé de « jet grouting » qui a été retenu pour cette reprise en sous-œuvre salvatrice. La technique consistant à créer, sous les maçonneries existantes, des colonnes par projection sous haute pression d’un coulis de ciment dans le sol. Une partie du terrain déstructuré se mélange ainsi avec le fluide, afin de former une sorte de « béton de sol », le reste des matériaux étant évacué sous forme de rejet (« spoil »).
Dans la pratique, 190 colonnes ont ainsi été réalisées (diamètre 0,80 et 1 m), chaque point de forage étant constitué de 2 à 4 colonnes d’une profondeur de 3 à 10 m. L’intervention a débuté par l’intérieur, les équipes de Soletanche Bachy pianotant sur trois zones afin de s’adapter, en permanence, aux évolutions du bâtiment ausculté, en temps réel, via des capteurs de mouvement reliés à une centrale de recueil des données. La machine a ensuite été transférée à l’extérieur – à noter que la présence de sépultures, proches de la façade est, interdisait toute possibilité de forer sur ce côté de l’édifice. L’engin étant, finalement, rapatrié à l’intérieur afin de réaliser les colonnes sous les six poteaux existants.

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