Technique et chantier

Un radar pour ausculter la colonne des Girondins

Mots clés : Conservation du patrimoine - Matériel - Equipement de chantier

« Nous avons des compétences physicochimiques développées et un savoir-faire applicable sur des cas de sauvegarde du patrimoine », lance Rémy Chapoulie, enseignant chercheur à Bordeaux-III (1). L’Unité mixte de recherche dédiée à la recherche sur les archéomatériaux (CNRS-UMR 5060-Iramat) vient d’apporter la preuve de cette volonté d’ouverture par le biais d’une étude sur la colonne des Girondins, située place des Quinconces. Ce monument, propriété de la ville de Bordeaux érigé en 1902, est le plus visité de la ville, mais souffre de desquamations (2) et d’altérations, tant sur les parties métalliques que sur la pierre. La collectivité a donc placé un filet de protection, qui emballe le chapiteau surmonté des statues du Génie de la liberté. La restauration de ce symbole bordelais, qui culmine à 50 m de haut et s’enrichit de deux bassins ornés des allégories de la République et de la Concorde, est aujourd’hui envisagée.

Localiser les fers qui arment la pierre

Dans ce contexte, l’étude de l’Unité mixte de recherche propose un état des lieux qui analyse la composition des alliages, la provenance des matériaux et leur identification. Puis, en l’absence de plan, il s’est agi de comprendre la structure du monument pour déceler les interactions pierre/métal et lister les désordres internes. L’intervention a revêtu un caractère classique : échantillons prélevés pour être examinés par diffraction de rayons X, par microscope optique ou électronique à balayage, associé à un dispositif d’analyse des éléments chimiques.

De surcroît, l’étude s’est appuyée sur une investigation à l’aide d’un radar utilisé par le Centre de développement des géosciences appliquées de Bordeaux-I, avec le concours de Michel Martinaud et Michel Frappa, enseignants chercheurs. Le radar fonctionne comme émetteur d’une onde qui se réfléchit sur une interface. Le temps de retour de l’écho est alors mesuré. Ainsi, la réflexion des ondes a permis de localiser les fers insérés dans la pierre en offrant une vision et une interprétation fine des structures qui renseignent sur les interventions possibles en matière de sauvegarde.

Ce travail transversal au plan universitaire se propose de donner les informations nécessaires pour une restauration de la colonne des Girondins et constitue un préalable à d’autres interventions que les chercheurs voudraient amorcer. « Nous espérons que ce travail préliminaire d’auscultation et d’acquisition de connaissances sur le monument guidera les choix lors de la restauration. » En fait, les chercheurs souhaiteraient être sollicités pour poursuivre le diagnostic et remettre un document complet sur lequel pourrait se fonder l’architecte désigné pour la remise en état.

(1) Rémy Chapoulie a encadré, au sein de la maison de l’Archéologie, le travail d’Edouard Saintesprit, étudiant en DESS (Méthode physiques appliquées au patrimoine culturel), conjointement avec Michel Pernot, directeur de recherche au CNRS.

(2) Elimination des couches superficielles de « l’épiderme » d’un matériau sous la forme d’écailles.

PHOTO : BORDEAUX. La colonne des Girondins a fait l’objet d’une analyse par radar. Elle a permis de localiser les fers dans la pierre, et d’anticiper les interventions possibles en matière de sauvegarde de l’édifice.

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