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Un programme pour cultiver le jardin des PME

Il y a quelques jours, l’Etat a confié à la Caisse des dépôts 600 millions de francs provenant de la privatisation de France Télécom. Objectif : créer un fonds public de capital-risque en faveur des entreprises innovantes qui ne viendra pas en concurrence avec les sociétés privées, mais leur servira d’appui pour démultiplier leurs propres décisions d’investissement. Une forme de reconnaissance du savoir-faire de la Caisse s’ajoutant au programme triennal en faveur des PME qu’elle a lancé à la demande des pouvoirs publics en 1994. Leur taux de mortalité, le gisement qu’elles représentent en termes d’emplois, mais aussi la carence d’investisseurs enclins à appuyer les fonds propres des PME en France – un leitmotiv de Philippe Lagayette – , tout plaidait pour que la Caisse remplisse ici aussi son rôle d’aiguillon. Elle privilégie pour ce faire, comme en témoigne le dernier fonds en date, les interventions indirectes afin de ne pas perturber le marché et de créer un effet de levier. Cette subsidiarité devant, autre leitmotiv, se conjuguer autant que faire se peut avec rentabilité, même si celle-ci s’apprécie sur le long terme.

Sous la responsabilité d’Albert Ollivier, le programme se décline en plusieurs strates : un fonds Garantie capital PME (pour 100 millions de francs par an), qui garantit les interventions en fonds propres réalisés par des investisseurs nationaux et régionaux ; le soutien à l’investissement régional par l’apport de capitaux à des instituts de participation et des sociétés de développement régional (400 millions sur trois ans) ; les « fonds de fonds » ouverts aux investisseurs extérieurs afin d’épauler la transmission ou le développement des PME (255 millions sur trois ans) ; le financement des PME innovantes (400 millions) et des valeurs de croissance candidates au nouveau marché (150 millions) ; sans compter avec le concours au pôle fonds propres de la BDPME.

Jusqu’à présent, ce programme à facettes doté de 1,5 milliard a concerné 233 investisseurs et 4 430 PME. Reconduit à l’identique pour la période 1997-1999, il se complète d’actions à cibles bien précises. Des « fonds d’amorçage » destinés aux entreprises de haute technologie iront « chercher les projets dans les labos », selon l’expression d’Albert Ollivier : un accord a été signé avec l’université de Compiègne. Pour relancer la mécanique de création des très petites entreprises, la Caisse a débloqué 100 millions pour la mise en place de prêts d’honneur à taux zéro afin de conforter leur assise en capital et, donc, leur accès aux crédits bancaires. Un coup de pouce auquel les artisans du BTP ne devraient pas rester insensibles.

Renseignements auprès des 26 directions régionales de la CDC.

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