[TO] Règles techniques

Un pont roulant provisoire pour acheminer des balcons

Mots clés : Politique du logement - Rénovation d'ouvrage - Travail

-La rénovation d’une barre datant de plus de vingt ans est l’occasion d’équiper certains logements de balcons. -Les conditions de mise en oeuvre sont rendues délicates par un environnement complexe.

Construites dans le milieu des années 70, les résidences « Sienne » et « Tivoli » sont deux immeubles en barres qui encadrent, de part et d’autre, la place de Vénétie dans le XIIIe arrondissement de Paris. Pour les rénover, Efidis, maître d’ouvrage, a organisé un concours de conception-construction qui a été remporté par l’équipe Arcane-Bouygues. « Ce projet a été retenu parce qu’il était le seul à proposer la mise en place de balcons », explique Jean-Claude Testa, d’Efidis. L’ensemble de l’opération a été mené en lien constant avec les représentants des associations de locataires – « très actifs », souligne Jean-Claude Testa. Outre l’installation de balcons, les travaux comprenaient l’isolation des pignons, la réfection de la toiture-terrasse et la rénovation des halls.

« Le projet prévoyait d’équiper tous les appartements de balcons, explique Yves Moreau, chef de service au bureau d’études de Bouygues. Mais une analyse complète de la structure a fait valoir que la façade était constituée d’une alternance d’allèges servant de poutres et donc porteuses sur une trame de 7 m, et d’allèges non porteuses selon une trame de 5 m. Or, le percement de portes-fenêtres pour accéder aux balcons n’était possible que sur les trames les plus courtes, sans fonction structurelle. »

Ancrage des tiges à la résine après carottage

Les balcons rapportés sont des éléments en béton blanc préfabriqués et constitués de trois parties : un tympan central et deux tympans de rives pesant, selon les cas, de 3,2 à 3,5 t. Leur fixation est assurée à l’aide d’un sabot métallique en forme de portemanteau fixé en tête de voile à l’aide de deux tiges Artéon, de 20 mm de diamètre, ancrées à 40 cm. « Afin de limiter les risques d’effritement du béton dont nous ne connaissions pas la qualité et la régularité de réalisation, mais aussi pour diminuer les nuisances sonores, nous avons préparé chaque ancrage par carottage, poursuit Yves Moreau. Les tiges ont ensuite été scellées à l’aide d’une résine ; elles ont toutes fait l’objet d’un test de résistance à l’arrachement. Par ailleurs, avant le chantier, nous avions procédé à des essais sur des tiges expérimentales en montant l’effort d’arrachement à 15 t, bien au-delà de ce que devront subir nos ouvrages. »

Sur les tympans de chaque balcon, une suspente (un HEB 120 réalisé par oxydécoupage) vient s’emboîter dans le sabot. Un jeu de cales dans les deux sens permet de placer parfaitement le balcon.

« Les conditions de mise en oeuvre étaient assez particulières, souligne Jean-Claude Testa. En effet, les immeubles sont environnés de dalles supérieures de parking ou de passages publics, ou encore sont en bordure d’école.

La meilleure solution a consisté à mettre en place un chemin d’alimentation qui consistait à apporter tous les balcons, l’un après l’autre, au même endroit, de les hisser jusqu’au sommet des immeubles, de les acheminer jusqu’à la bonne trame avant de les descendre jusqu’à leur emplacement définitif. Pour cela, il a fallu installer un véritable pont roulant qui s’appuyait d’un côté sur la toiture, de l’autre sur les mats des plates-formes élévatrices. » Afin d’éviter, au cours de cette dernière manoeuvre, d’endommager la façade, le chef de chantier avait mis au point un système de protection constitué de câbles tendus sur toute la hauteur de l’édifice, et contre lesquels venait s’appuyer un capot spécial, fixé sur l’arrière de la dalle du balcon manutentionné.

« Dès que le balcon était en place, poursuit Yves Moreau, et alors qu’il était toujours protégé par la plate-forme de travail conçue pour pouvoir l’entourer complètement pendant sa mise en place, une équipe effectuait les percements en deux temps. D’abord, un sciage incomplet qui maintenait le morceau d’allège en place, puis un abattage et, dans la foulée, l’installation des éléments de menuiserie en PVC. » Ce n’est qu’après que tout a été fixé que l’ouvrage a pu être ouvert aux locataires.

FICHE TECHNIQUE

Maître d’ouvrage : Efidis.

Maître d’oeuvre : cabinet Arcane.

Entreprise : Bouygues.

PHOTOS :

Après carottage, les deux tiges sont scellées à la résine et soutiennent le sabot métallique (ci-dessus). Le pont roulant s’appuyait d’un côté sur la toiture et de l’autre sur les mats des plates-formes élévatrices. Une protection constituée de câbles tendus évitait d’endommager la façade (ci-dessous).

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