[TO] Règles techniques

Un polder écologique pour restaurer la forêt rhénane

Mots clés : Qualité environnementale - Sécurite civile - Transport fluvial - Travail

-Une submersion annuelle complétera l’effet des crues.

Dix ans de discussions entre les services de la navigation et les associations de protection de l’environnement ont précédé l’ouverture, en septembre dernier, du chantier du polder écologique d’Erstein (Bas-Rhin). Asséché depuis vingt-sept ans par la canalisation du Rhin, cet espace de 600 ha, dont 540 occupés par la forêt, renouera avec les inondations après l’an 2000.

« Au fil des enquêtes publiques, un nouvel objectif est apparu : retrouver la bande rhénane telle qu’elle existait avant la canalisation », explique Jean-Claude Petit, responsable de la cellule polders au service de la navigation de Strasbourg. Pendant la période de floraison, le polder connaîtra une submersion écologique, indépendante du niveau du Rhin. La fonction de rétention des crues s’appliquera selon les règles suivantes : remplissage des bras morts du Rhin (les Giessen), au-delà d’un débit de 1 550 m3/s, remplissage partiel du polder au-delà de 2 000 m3/s, remplissage total au-delà de 3 500 m3/s, soit le débit d’une crue d’une fréquence d’une fois tous les douze ans. Deux prises d’eau en amont et deux ouvrages de vidange en aval encadreront les travaux de génie civil. La prise d’eau principale, capable de remplir les 7,8 millions de mètres cubes du polder en dix heures, assumera l’essentiel de l’effort de rétention des crues. Un bassin de dissipation d’énergie, en sortie d’ouvrage, évitera l’érosion à l’intérieur du polder. La prise secondaire aménagée sur la digue du Rhin, servira à alimenter les Giessen pendant les faibles crues. En aval, l’évacuation gravitaire des eaux est prévue par une conduite d’une douzaine de kilomètres, jusqu’au port de Strasbourg. L’ouvrage de vidange principal pourra vider le polder en six jours.

Les digues seront rehaussées par palplanches, et favoriseront la circulation d’eau dans la zone inondable. L’oxygénation qui en résultera favorisera l’aménagement d’aires de nidification et de mares à batraciens. La modélisation d’une remise en eau de la forêt sur la nappe, réalisée par Antea, a mis en lumière les risques d’inondation des habitations proches du polder : le récurage de la Zembs et le recalibrage du Feldgraben, deux ruisseaux qui échouent dans le polder, répondront à ce problème.

FICHE TECHNIQUE

Maître d’ouvrage : Voies navigables de France.

Maître d’oeuvre : service de la navigation, Strasbourg.

Entreprises : Transroute, Solétanche, Simep.

Marché : 160 millions de francs.

Livraison : fin 2000.

SCHEMA : Un terrain de 600 ha est inondable en cas de crue, grâce à deux prises d’eau en amont.

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