Régions Grand Ouest

Un patrimoine souterrain méconnu et trop négligé

Mots clés : Conservation du patrimoine

Sommes-nous si nantis au point que l’on ne connaît même pas l’état de notre patrimoine ? Si la réponse est non pour la plupart d’entre nous, elle est plus ambiguë en ce qui concerne les réseaux d’eau potable des collectivités locales. C’est le constat que devraient dresser les cellules économiques régionales de la construction (Cerc) des Pays de la Loire et de Bretagne invitées par les Canalisateurs de France à présenter leurs études sur l’état des réseaux d’eaux potable le 25 janvier, lors du 18e Carrefour des gestions locales de l’eau de Rennes. Ainsi, selon la Cerc des Pays de la Loire, seulement « 80 % des services interrogés déclarent disposer d’un schéma directeur et 88 % d’un inventaire du réseau plus ou moins complet ».

La chasse au gaspi, une priorité. Pour aider les collectivités à mieux connaître et gérer leur patrimoine, les agences de l’eau subventionnent « à hauteur de 80 % l’implantation de compteurs de sectorisation aux points nodaux ou l’installation de prélocalisateurs de fuites », assure Olivier Brunner, chef de service collectivités et industries à la délégation Armorique de l’agence de l’eau Loire-Bretagne. La chasse au gaspi figure donc clairement parmi les priorités, et l’agence a récemment lancé un appel à projet avec une enveloppe de 20 millions d’euros pour réduire les fuites dans les réseaux d’eau potable situés dans les zones de déséquilibre des ressources en eau.

« Dans le bassin Loire-Bretagne, nous avons des taux de rendement moyen entre 67 et 87 %, mieux que la moyenne française de 76 %, mais encore très loin de l’Allemagne qui affiche un taux de 93-95 % », note Olivier Brunner. Ces taux sont toutefois très contrastés selon les territoires avec, par exemple, un bon rendement en Vendée (87 %) contrairement au Loir-et-Cher qui affiche 32 % de perte ! « Comme en Vendée où les services ont quasiment tous fusionné, la concentration des services à des échelles territoriales significatives est clairement un facteur d’efficacité », constate Pierre-Yves Le Foll, directeur de la Cerc Pays de la Loire.

Ce mouvement de fusion, qui s’inscrit dans le cadre de la loi Notre du 7 août 2015, n’a pas que des avantages. A court terme, il pourrait réduire la visibilité des services sur leurs investissements. Sur la période 2015-2020, le programme de renouvellement des réseaux a été estimé à 250 millions d’euros dans les Pays de la Loire, soit un recul de près de 25 % par rapport à la période 2010-2015, note la Cerc. Une tendance qui ne va pas améliorer le rythme actuel de renouvellement du réseau, estimé à 0,6 % par an.

« A ce rythme, il faudrait alors cent quarante ans pour remplacer un réseau dont la durée de vie varie entre cinquante et soixante-dix ans », assure Olivier Brunner. Et d’ajouter : « Globalement, nous n’intervenons pas sur le renouvellement des réseaux, à l’exception toutefois de ceux en PVC collés qui posent un problème sanitaire de relargage de chlorure de vinyle monomère (CVM) et dont nous subventionnons le remplacement à hauteur de 40 %. »

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