Enjeux Toulouse

Un parc des expos contre 170 ha à préserver

Projet phare de Toulouse Métropole, qui veut se doter d’un équipement lui permettant d’accueillir des événements

d’envergure internationale, le parc des expositions (PEX), entré en phase chantier en ce début d’année, a fait l’objet de toutes les attentions. Porté par la société publique d’aménagement Europolia, le projet se développera sur une centaine d’hectares, au nord-ouest de Toulouse. Mobilisant un investissement de plus de 300 millions d’euros HT, l’opération a été déclarée d’utilité publique en 2014.

Avant cette date, Europolia a réalisé un important travail d’études, notamment pour assurer le moindre impact du PEX sur l’environnement. Le projet s’accompagne ainsi de mesures compensatoires sur vingt ans se concrétisant par 170 hectares à préserver. En 2011, Europolia a mandaté Ecotone, bureau d’études en environnement, pour identifier les espèces protégées présentes sur le site. « Nous avons réalisé un inventaire bibliographique, puis un diagnostic “faune-flore”. Cela a pris un an pour étudier le comportement de l’écosystème pendant les quatre saisons », indique Anne Fraisse, directrice de projet chez Europolia.

Réduction de l’emprise au sol. En tout, 46 espèces à protéger ont été identifiées. Pour les préserver, la surface envisagée pour l’implantation du projet a été divisée par trois par rapport au projet initial. La proposition d’OMA, concepteur du PEX, a permis de réduire le périmètre d’implantation. Par exemple, pour préserver les lieux de vie de la cicendie naine, une plante qui s’installe dans les fossés et pousse aléatoirement, l’un des bâtiments a été raccourci de 100 m, et la terre a été déplacée. « On a prélevé, avec un godet adapté, la terre des fossés dont nous supposons qu’elle contient les graines, puis créé une dépression humide pour y mettre la terre de ces fossés », raconte Anne Fraisse. Autre exemple d’intervention pour sauver un coléoptère : « Nous avons repéré des arbres dans lesquels vit le capricorne, les avons coupés selon les préconisations de l’écologue et réalisé un enclos pour laisser le temps à l’insecte de manger les souches d’arbre et de s’échapper », poursuit la directrice de projet.

Négociations avec un agriculteur. A l’issue du diagnostic réalisé en 2012 par Ecotone, Europolia a déposé en avril 2013 un dossier de demande de dérogations à la protection des espèces protégées auprès du Conseil national de la protection de la nature. En novembre 2014, le préfet prenait l’arrêté entérinant ces dérogations et prescrivant des compensations sur vingt ans. Depuis, Europolia met en œuvre ces mesures de compensation. L’été dernier, elle a, par exemple, entamé les négociations avec un agriculteur pour améliorer les conditions de l’accueil d’un oiseau présent sur ses terres, en l’engageant notamment dans une pratique agricole moins intensive.

Contrainte supplémentaire, Europolia a aussi dû réaliser le diagnostic archéologique sur 100 ha en hiver, saison pendant laquelle l’herbe ne repousse pas, et où les oiseaux partent chercher leur bonheur ailleurs dans des contrées plus chaudes.

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