Architecture Energie

Un collège au zénith du solaire

Mots clés : Education - Energie renouvelable - ERP sans hébergement

L’installation de La Rochelle pourrait ouvrir la voie au photovoltaïque organique de grande taille.

Le photovoltaïque organique peine toujours à convaincre.

Cette alternative aux panneaux classiques, où des molécules de carbone remplacent le silicium, reste considérée, par ses détracteurs, comme un gadget au rendement trop faible. Toutefois, un collège de La Rochelle (Charente-Maritime) pourrait contribuer à remettre en cause ce point de vue. En effet, l’établissement Pierre-Mendès-France accueille sur sa toiture 530 m² de films solaires en matériau carboné au rendement exceptionnel. L’installation, inaugurée le 15 novembre, constitue un record de surface pour ce procédé.

Cette opération découle d’un appel à projets lancé au début de l’année 2017 par le conseil départemental. « Pour cet édifice, nous nous intéressions au critère innovant de l’offre », précise Patrice Acquier, responsable de l’immobilier du département. « L’établissement est classé en zone d’éducation prioritaire. C’est une occasion d’en donner une autre image », ajoute Jean-Pierre Ruiz, proviseur du collège.

Contrat qui sort de l’ordinaire. C’est finalement Engie qui a remporté la procédure. Les termes du contrat sortent de l’ordinaire : le groupe prend à sa charge le coût du projet, environ 300 000 euros HT. Par ailleurs, il ne vend pas l’électricité produite. Celle-ci est autoconsommée par le site. Enfin, le département deviendra propriétaire des équipements dans dix ans. En contrepartie, l’énergéticien était libre d’expérimenter. En l’occurrence, il souhaitait tester le système Heliafilm, conçu par Heliatek. Engie possède depuis 2016 une participation de 6,6 % au capital de cette jeune entreprise allemande.

Cette technologie présente les mêmes qualités que les cellules solaires organiques : le dispositif est à peine plus épais qu’un film plastique et tout aussi flexible. « Il est bien plus léger qu’un panneau en silicium. La pose ne nécessite donc pas d’études ou de renforcement de la structure porteuse, remarque Quentin Van Nieuwenhoven, ingénieur chargé des énergies renouvelables du centre de recherche Engie Lab Laborelec. En outre, la production s’opère par un procédé d’impression sur rouleau plastique. Les dimensions du module sont donc très flexibles. » L’opacité du matériau peut également varier au gré des cahiers des charges, un atout pour d’éventuelles installations en façade.

Rendement au-dessus du lot. Ces propriétés simplifient la mise en œuvre. Le chantier a débuté le 23 octobre et s’est terminé le 14 novembre. « La pose des équipements a nécessité deux jours. Ils sont collés directement sur la toiture », explique Laurent David, responsable du centre de travaux de Périgny (Charente-Maritime) d’Engie Ineo, la filiale du groupe chargée de l’opération. Au-delà de ces caractéristiques, le constructeur allemand annonce un rendement de 13,2 %, soit le double des standards habituels du photovoltaïque organique. Si ce chiffre reste en deçà des modules au silicium, qui dépassent les 20 %, Quentin Van Nieuwenhoven pointe d’autres avantages : « La production de dispositif ne chute pas avec la hausse de la température. Il conserve aussi un bon rendement en lumière diffuse. De plus, sa dégradation est en théorie moins rapide. » Le démonstrateur de La Rochelle aidera notamment à vérifier ce dernier point. Sa puissance s’élève à 22,3 kWc. La production est estimée à 24 MWh/an, ce qui devrait couvrir environ 18 % des consommations du site. Le projet comporte aussi un volet pédagogique : le hall sera équipé d’un écran qui affichera la production des films. Les élèves bénéficieront de modèles réduits d’Heliafilm. Ils pourront ainsi étudier leur fonctionnement.

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