Technique et chantier Logement étudiant

Un campus universitaire urbain fragmenté

Mots clés : Architecture - Politique du logement - Prix d'architecture

Inauguré en juin dernier, le « Campus des comtes de Champagne » prend place dans le centre ancien de Troyes. Il met en scène le retour de l’université dans la ville à la faveur d’une opération d’architecture et d’urbanisme conçue par Florence Lipsky et Pascal Rollet. Une composition d’ensemble fragmentée qui réinterprète de manière contemporaine certains modes constructifs locaux.

Un restaurant universitaire, des services et logements pour étudiants, un gymnase, le tout complété par des aménagements extérieurs hydrauliques et paysagers : ce récent pôle universitaire « de confort » (sans locaux d’enseignement) ambitionne de redynamiser la vie estudiantine au cœur de Troyes (Aube). A deux pas de la cathédrale et du musée d’Art moderne, au point de rencontre des quartiers historiques du XVII e siècle et d’ingrates barres HLM des années 1950, l’ensemble s’installe sur une emprise de 2,2 ha. Lauréats du concours en 2003 – devant Bernard Tschumi et des confrères locaux -, les Parisiens Florence Lipsky et Pascal Rollet (lauréats du prix de l’Equerre d’argent 2005) proposent une composition urbaine morcelée, largement inspirée des campus nord-américains qu’ils ont longtemps fréquentés.

« Une disposition qui favorise la richesse des ambiances : la vie universitaire se déroule essentiellement dans l’entre-deux, les pelouses, les parvis, le bassin, etc. », explique Pascal Rollet. L’ensemble construit articule ainsi une résidence de 47 logements individuels (de 18 m 2 chacun) dont quatre pour handicapés, une « Maison des étudiants » qui regroupe différents services communs, un complexe sportif scindé entre deux bâtiments (danse, sports de combat, murs d’escalade, etc.) et un restaurant universitaire de 100 places. Un parc de stationnement en sous-sol pour 160 véhicules complète le programme.
Séduit par la morphologie originale du projet, François Baroin, actuel maire de la Ville, a toutefois tenu à ce que celui-ci prenne en compte la typologie constructive de son centre ancien, en particulier les colombages caractéristiques des maisons à « pans de bois troyens ». D’où, explique Pascal Rollet, une réinterprétation de ces principes structurels à l’aide d’une « ossature en bois de bouleau finlandais sous une cloche de polycarbonate alvéolaire (Danpalon) avec isolation en ouate de cellulose ». Une disposition qui permet « d’inscrire en ville une architecture contemporaine qui joue sur les transparences et les superpositions de textures », dûment validée par une Appréciation technique d’expérimentation (ATex).

Petites maisons de ville verticales

Les bâtiments des lieux de vie culturelle et étudiante associent un rez-de-chaussée en béton abritant les fonctions communautaires, surmonté de deux niveaux de logements en construction à sec (panneaux de bois contrecollé massif en KLH). Un procédé constructif autrichien retenu pour sa précision d’assemblage in situ et, explique Florence Lipsky, « afin de réduire les interfaces entre corps d’état, sources de désordres et de finitions médiocres ».
Ces cellules spartiates à double orientation s’organisent comme une série de « petites maisons de ville verticales » juchées sur leur socle minéral, librement inspirées des édifices médiévaux existants. Elles empruntent également au registre des « motels » anglo-saxons, notamment en ce qui concerne leur distribution par des coursives et espaces extérieurs.
A noter, enfin, l’utilisation judicieuse effectuée du « 1 % artistique » confié au plasticien allemand Veit Stratmann pour des bancs publics qui ponctuent l’espace du campus de notes utilitaires colorées.-

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X