Autres

Ultra-tendance

Mots clés : Architecte - Architecture - Architecture intérieure

Elue par Time magazine comme une des vingt-cinq personnalités les plus influentes du monde, Li Edelkoort est une figure iconique de la prospective.

Hollandaise établie à Paris et à New York depuis plus de vingt ans, elle est à la tête du bureau de style mode Trend Union et se définit volontiers comme « polygame ». Cette volonté d’hybrider les disciplines s’exprime de façon aussi logique qu’inédite dans un premier cahier de tendances dédié à larchitecture, dévoilé en avant-première lors de la conférence Left/Brain/Right, organisée par Material ConneXion à New York, avant d’être présenté en septembre 2008 à Paris lors du salon Maison & Objet. Rencontre avec une femme d’influence, qui se revendique comme « déclencheur de curiosité »…

Quelle différence faites-vous entre les notions de mode et de tendances ?

Il n’y a pas vraiment de différence si l’on parle de « mode » comme d’un miroir du temps, une expression culturelle du temps. Dans cette perspective, on peut affirmer que les « modes » ou les « tendances » ne sont pas éphémères et futiles, comme les magazines féminins qui banalisent le débat avec leurs rubriques « in » et « out » voudraient nous le laisser croire. Bien au contraire, les tendances durent très longtemps. Dix ans, quinze ans, vingt-cinq ans et même plus… Pour s’en convaincre, il suffit d’observer comment l’arrivée du « temps libre » dans les années cinquante par exemple, a donné naissance, dans un premier temps, à une économie du loisir qui s’est exprimée dans les infrastructures, les transports, puis à travers une mode vestimentaire loisir, le fameux marché casual qui continue d’être porteur et de se développer de nos jours. Au début cela se résumait aux jeans qui symbolisaient le casual américain. Puis les univers se sont croisés, contaminés, ce que les Anglo-Saxons appellent « cross-pollination » puisque cette famille de vêtements casualwear/streetwear intègre dorénavant des marques issues de l’univers des travaux publics comme Caterpillar par exemple. La culture du temps libre affiche un tel essor aujourd’hui qu’elle dépasse les seuls vêtements ou objets et inspire aux architectes et designers de nouveaux lieux spécifiquement dédiés aux pauses nomades, comme les hôtels, les spas…

Comment est né votre projet de cahier de tendances « Architecture » ?

Ce qui m’intéresse dans la mode donc, ce sont les tendances à long terme. Les scénarios de vie. Quand on parle de la mode de cette façon, on a le droit de réfléchir à l’architecture. Je ne suis pas architecte et ne prétendrai jamais l’être. De même que je n’ai jamais prétendu être un couturier par exemple. J’irai même jusqu’à dire que je ne sais faire aucun de ces métiers, et c’est ma force ! Mais j’ai un neveu qui est architecte et qui m’a demandé un jour de l’aider à injecter de l’émotion dans la présentation d’un de ses projets. Et cela a suscité tellement d’enthousiasme que...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 2008 du 01/12/2008
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X