Régions Rennes

Trois ans de retard pour un projet refusé pour cause de salamandre

La salamandre tachetée que l’on trouve à Rennes dans la prairie des Matelouères est un petit animal inoffensif. Pourtant, sa défense a donné lieu à une bagarre juridique menée par les opposants à la construction de quatre immeubles R + 2 à R + 4. La contestation du permis de construire pour ce programme de 53 logements dans le quartier de la Poterie, débute en juin 2011. « En septembre dernier, le juge a définitivement débouté les opposants de leur demande d’annulation de permis », se félicite Daniel Alliaume, président de SO.RE.IM, société de promotion locale retenue par la Ville de Rennes en 2009.

Associé à la Coop de Construction pour la réalisation de 26 logements aidés, Daniel Alliaume ajoute : « La salamandre est un prétexte. Ces riverains qui se prétendent écologistes voulaient garder l’usage de la prairie pour eux seuls. »

Les salamandres protégées du chantier

Le lancement commercial vient de démarrer et les différents marchés passés selon la procédure des lots séparés sont en cours d’attribution, afin que les travaux puissent être engagés dès le premier trimestre 2015. Ils devraient durer vingt-deux mois pour un coût de 6,24 millions d’euros TTC.Si le jugement du tribunal administratif n’exige aucune modification du projet, en revanche, un arrêté préfectoral demande la mise en œuvre d’une barrière écologique. « Il s’agit d’empêcher les salamandres de venir sur le chantier. Cette bâche s’étendra sur 150 mètres », précisent Georges Le Garzic et Bernard Menguy, architectes du programme. « Notre objectif était de toucher le moins possible à la prairie : en bordure de rue, nous avons un immeuble R + 4 et dans la prairie, sont prévus trois immeubles R + 2 », poursuivent-ils. Elaborés en 2010 selon la méthode PCI (processus de conception intégrée) qui réunit en amont tous les intervenants, du maître d’ouvrage jusqu’à l’habitant, ces quatre bâtiments intégraient déjà les prescriptions de la RT 2012. Se voulant exemplaire d’un point de vue environnemental, le cahier des charges allait même jusqu’à la protection d’un poirier centenaire situé au centre de la parcelle. « L’ensemble sera chauffé par une chaufferie bois à pellets et nous avons disposé les toitures de façon à ce qu’un opérateur puisse installer des capteurs photovoltaïques », détaille Bernard Menguy. Entre autres originalités du projet : les voitures sont absentes sur le site et les accès aux appartements sont privatisés par le biais de passerelles accrochées aux celliers en ganivelle construits à quelques mètres.

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