Architecture et urbanisme

Travaux souterrains Les plus grands tunneliers du monde au travail en Chine

Mots clés : Entreprise du BTP - Matériel - Equipement de chantier - Réseau routier - Services urbains - Transport collectif urbain - Travail

A Shanghai, deux monstres mécaniques de 15,43 m de diamètre – record du monde – creusent un tunnel bi-tubes qui accueillera une autoroute et une ligne de métro.

Anneau après anneau, deux tunneliers géants construisent le tunnel sous-marin de Chong Ming à Shanghai. Les plus grands diamètres jamais utilisés : 15,43 mètres ! Et pour cause, chacun des deux tubes de cet ouvrage accueillera trois voies autoroutières et une ligne de métro. Sur huit kilomètres, ce tunnel reliera l’île de Chang Xing au district de Shanghai Pudong. Un projet pointu pour lequel la mairie de Shanghai a souhaité que la société locale « Stec » s’adjoigne les services d’un partenaire étranger. C’est à Bouygues Travaux Publics, déjà chargé de l’assistance technique du bouclage souterrain du périphérique de la ville, qu’a été confié cette mission. « Sur un plan purement technique, les entreprises chinoises auraient été capables de réaliser le projet, estime Alain Pierre Hervio, directeur du projet. Mais elles présentent quelques faiblesses en termes de qualité, de sécurité et de management de projet. C’est pourquoi nous intervenons. »

Surveiller le joint de queue. Première tâche des Français : établir le cahier des charges des tunneliers fabriqués chez Herrenknecht. « Selon les termes du contrat, c’est le client qui achète les tunneliers et les met à disposition des entreprises, précise Alain Pierre Hervio. Plus d’un an et demi d’âpres négociations, à faire la démonstration de nos choix de méthodes. » C’est en août 2006 qu’a démarré la première machine, début 2007 pour la seconde.

Le tunnelier est à pression de boue. « Il nous faut maintenir 5 bars au front, ce qui n’est pas évident avec un tel diamètre. Nous nous sommes inspirés de la machine que nous avions utilisée aux Pays-Bas sur le tunnel du Groene Hart (14,87 m de diamètre, fabriqué par NFM, NDLR) en y apportant des améliorations en termes de guidage, d’ergonomie, d’agencement… ». Pour surveiller l’usure des outils de la roue de coupe, des capteurs y ont été installés. « Nous enregistrons 670 paramètres tous les 10 mètres. » Un maximum de précautions a été apporté au joint de queue, celui qui assure l’étanchéité entre l’arrière de la jupe et le dernier anneau posé (voir « Le Moniteur » du 2 décembre 2005, page 11). Tant sur la machine que sur les voussoirs. « L’extrados des voussoirs est très soigné. Cela n’a aucune incidence sur la qualité finale de l’ouvrage mais c’est important pour ne pas user prématurément le joint de queue. Si nous devions le changer, c’est deux mois et demi d’arrêt ! »

A mesure que les tunneliers progressent dans une géologie clémente – argiles en surface, silts en profondeur et quelques sables similaires à ceux de Fontainebleau –, les différences culturelles se font jour. « Sur une journée, nous travaillons vingt heures et consacrons quatre heures à la maintenance préventive. Ce qui a beaucoup étonné nos partenaires, peu habitués à ces précautions. » A l’inverse, les Français n’avaient pas prévu qu’à l’été 2006 les effectifs du chantier seraient consignés chez eux à l’occasion de la visite de chefs d’Etat africains ou que fin juin 2007, 80 % des ouvriers seraient réquisitionnés pour la récolte du riz.

Maître d’ouvrage : Shanghai Changjiang Tunnel and Bridge Construction and Development.

Bureau de contrôle : Maunsell Aecom.

Entreprises : Stec (Shanghai Tunnel Engineering Co) et Bouygues Travaux Publics.

15,43 mètres

c’est le diamètre des tunneliers, record mondial.

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