Technique et chantier

Travaux publics FNTP : 10 000 projets pour l’équipement public

Mots clés : Droit de l'environnement - Réseau routier - Travail

-La Fédération nationale des travaux publics a recensé 10 000 projets à démarrer principalement en 1997/1998, pour répondre aux attentes du public et soutenir la profession. -Pour la plupart de volume modeste, ces projets pourraient pallier la remise en cause des grands travaux par le nouveau gouvernement.

Alors qu’il se prépare à rencontrer le ministre de l’Equipement Jean-Claude Gayssot à la mi-juillet, Philippe Levaux, président de la FNTP, a lancé l’opération « 10 000 projets pour l’équipement public, la croissance et l’emploi », vendredi 27 juin à Rennes. C’est à l’occasion de l’assemblée générale des entrepreneurs de travaux publics de Bretagne qu’ont été dévoilés les résultats de l’audit et de l’enquête Sofres recensant 9 900 projets – hors Ile-de-France et Corse – qualifiés par la profession de véritable « photographie » du marché des TP à l’horizon 2005.

« Sous réserve de financement, ces projets peuvent démarrer très vite, précise Philippe Levaux. Ils traduisent des besoins réels et sont tous porteurs de croissance et d’emplois. Les entreprises se mobilisent après que le nouveau ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire, Dominique Voynet, a annoncé le blocage de près d’un tiers de notre activité, sans proposer aucune solution de rechange. » En inaugurant le jour même le tronçon Amiens-Abbeville de l’A16, Jean-Claude Gayssot rappelait qu’aucun chantier n’avait été encore arrêté, mais confirmait que le gouvernement souhaitait réfléchir à « un autre mode de développement ». « En tant que ministre, ma méthode sera d’écouter tous les avis avant de prendre des décisions », a répété le ministre de l’Equipement. Les entrepreneurs observant toutefois l’absence de concertation à ce jour, c’est avec circonspection qu’ils ont reçu un message voulu rassurant d’Yves Mansillon, préfet de la région Bretagne : « Le gouvernement ne veut pas stopper les investissements en infrastructures, mais redéfinit sa politique en la matière, après une phase de réflexion, pour veiller à ce que les choix s’opèrent en fonction de leur utilité économique et sociale. Pour preuve : le lancement il y a quelques jours de la procédure de DUP du tronçon Lyon-Balbigny de l’A89. »

Dans l’attente d’un signal fort de la part des décideurs publics, la FNTP a recensé des opérations qui traduisent trois tendances :

– le besoin d’infrastructures structurantes pour mieux relier les régions ;

– la nécessité de poursuivre l’aménagement de l’environnement quotidien, à travers des équipements qui leur garantissent, par exemple, une eau pure, ou l’amélioration de la sécurité routière ;

– un effort plus important d’entretien des équipements, notamment en matière de voirie.

Priorité à la route et à l’environnement

Pour ce faire, sept critères ont été retenus : la localisation, le descriptif du projet, le type de travaux, le maître d’ouvrage, l’avancement, le montant des travaux, et la période de mise en service. La route arrive en tête (40 % des projets), devant l’environnement (27 %) et les travaux touchant à la qualité de la vie (23 %).

Viennent ensuite les transports collectifs, le développement économique, les infrastructures maritimes et fluviales, et l’énergie. Dans le domaine de l’eau et des déchets, l’enquête rappelle que les Français placent l’environnement au premier rang de leurs préoccupations.

« Ce qui ressort de notre étude, c’est l’image d’un marché varié, davantage tourné vers le qualitatif et la vie quotidienne des citoyens, même si de grands projets importants en termes de chiffre d’affaires demeurent, explique Philippe Levaux. Nous faisons pour cela appel aux communes de moins de 10 000 habitants, dont la situation financière est aujourd’hui plus saine. » Ainsi, sur les 10 000 projets, 6 500 sont de la responsabilité des communes et de leurs groupements, contre seulement 600 de celle de l’Etat. Toutefois, lorsque l’on raisonne en volume de travaux, les communes n’en représentent qu’à peine 15 %.

GRAPHIQUE : Amélioration des routes, de l’environnement, de la qualité de la vie… sont au coeur des préoccupations des Français.

ENCADRE

Des projets de remplacement

Parmi les projets recensés par la FNTP, voici quelques exemples de grands projets de substitution aux dossiers susceptibles d’être bloqués par le nouveau gouvernement.

Liaison Seine-Nord à grand gabarit, soutenue par Marie-Christine Blandin, présidente de la région Nord-Pas-de-Calais : 13 milliards de francs, de 1999 à 2005.

Canal du Midi : 300 millions, jusqu’en 1998.

TGV Rhin-Rhône : 12 milliards, de 1997 à 2003.

TGV Perpignan-Figueras : 4 milliards, de 1997 à 2004.

TGV normand, via La Défense et Roissy en tunnel : 10 milliards, de 1999 à 2009.

Autoroute des estuaires Avranches-Rennes : 1,4 milliard, jusqu’en 2001.

A 89 : 14 milliards, au-delà de 2000.

A 58 : 20 milliards, de 1997 à 2005.

Route Centre-Atlantique : 14 milliards, jusqu’en 2010.

Deux pistes d’atterrissage à Roissy : 1 milliard, jusqu’à fin 1998.

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