[TO] Urbanisme et aménagement

Transports urbains Les quartiers de gare redynamisent les villes européennes

Mots clés : Rénovation urbaine - Transport ferroviaire - Transports

Anciennes enclaves urbaines, les gares et leurs abords deviennent des pôles d’échanges entre plusieurs modes de transport. Dans toute l’Europe, cette modernisation affecte le foncier environnant, les gares étant à l’origine de projets urbains qui revitalisent les villes.

Les pôles d’échanges multimodaux vont-ils réconcilier la gare avec la ville ? La question a fait l’objet en décembre d’une table ronde organisée par la SNCF et l’UIC (Union internationale des chemins de fer) lors de la 2e conférence internationale des gares ferroviaires. Pour les gestionnaires européens de gares, le constat est identique : « Les gares ont été souvent implantées en lisière de la ville, explique Vincent Bourlard, directeur du Patrimoine à la SNCB. Rattrapées par l’urbanisation, elles sont peu à peu devenues des barrières dressées au milieu du tissu urbain. » Résultat : un fonctionnement de la ville perturbé, et des accès aux services ferroviaires encombrés.

Une évolution profonde est pourtant en cours. A tel point que les gares deviennent l’un des leviers de redynamisation des villes avec leur modernisation et la réalisation de lignes à grande vitesse (voir aussi rubrique régions, p. 33). « La durée du trajet restant un argument commercial majeur, il faut fluidifier le plus possible les passages d’un mode de transport à l’autre et donc que les gares évoluent vers des pôles d’échanges multimodaux », explique Pascal Lupo, directeur des gares à la SNCF. La cohabitation des modes de transport n’est pas nouvelle : « Les déplacements se faisant uniquement de gare à gare ont toujours été très rares, note Stefan Garber, directeur infrastructure et service à la Deutsche Bahn. Ce qui change, c’est que la diversité des modes de transports est intégrée en amont, dès la conception de la gare et de ses abords. » Ainsi, à Korbach (Allemagne), les lignes de bus et de trains locaux sont exploitées de part et d’autre d’un même quai. Dans d’autres bâtiments voyageurs, la gare routière est logée sous la plate-forme ferroviaire.

Dépose-minute, parkingsen silo aménagés… Les transports individuels, automobiles en tête, ne sont pas oubliés par les concepteurs. Si la concurrence avec le train a longtemps été de mise, l’accent est désormais mis sur leur complémentarité, en reliant directement les structures autoroutières aux gares comme à Gand et à Liège (Belgique). Aux abords des gares sont aménagés des espaces de stationnement : dépose-minute au pied du bâtiment voyageurs, parkings en silo proches de la gare, stationnements longue durée un peu plus loin… Pour faire préférer le train, le pôle d’échange multimodal devient un « puits à voiture », mais il accueille aussi mieux les modes doux : parvis piétonnier devant la gare, garages à vélo et services de location gérés par les gares (Allemagne), stations de tramway au plus proche des bâtiments voyageurs, calcul du temps de trajet en porte-à-porte selon différents modes…

Cette entreprise de séduction tous azimuts du piéton a aussi des effets urbains. « Aujourd’hui, les gares et leurs abords sont conçus comme une passerelle vers le cœur de ville », explique Piet Geurts, directeur des travaux à la NS-Poort (direction des gares néerlandaises). Irrigués par des lignes de bus et de tramway supplémentaires, valorisés par l’aménagement de nouveaux espaces publics, les quartiers de gares deviennent une vitrine de ville.

Logements, culture, activités, commerces. « Dans la manière de conduire les aménagements, les partenariats sont beaucoup plus poussés avec les villes », explique Pascal Lupo. Réponse à la pénurie foncière croissante, les anciens ateliers et les entrepôts ferroviaires laissent place à des programmes mixtes combinant logements, culture, activités et commerces. « Ce renouvellement des quartiers de gare est aussi symptomatique de nouveaux rapports aux déplacements, conclut Vincent Bourlard. En Belgique, de plus en plus de sièges sociaux sont implantés à proximité des gares. C’est un signe fort qui permet de mesurer très pratiquement les effets de l’abandon de la voiture. »

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