[TO] Urbanisme et aménagement

TERRITOIRE Un guide pratique pour l’extension des villages du Lot

Mots clés : Architecte - Architecture - Collectivités locales - Concours d'architecture - Espace naturel

Le Parc naturel régional des causses du Quercy a organisé une consultation d’urbanisme pour éviter le mitage des campagnes. Les propositions seront intégrées dans un guide pratique à l’usage des élus.

Confronté à l’exode rural depuis la fin du XIXe siècle, le territoire du Parc naturel régional des causses du Quercy (26 000 habitants, 97 communes) vit une révolution à laquelle ne sont pas préparés les maires de petites communes dénuées de services techniques : une pression foncière forte liée à la proximité de l’autoroute A20, l’arrivée de nouvelles populations, et l’augmentation des coûts de l’immobilier. Une étude sur l’habitat neuf individuel, menée en 2004 en commun avec le Pays bourian, collectivité limitrophe, et financée par le programme européen Leader , a servi de déclencheur : « Elle a confirmé un manque important de logements et une forte consommation de terrain, soit 5 000 m2 minimum en moyenne par maison. L’étalement urbain se fait au gré des opportunités foncières sur du parcellaire agricole. C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité lancer une consultation d’urbanisme pour donner aux collectivités les moyens de répondre aux besoins tout en tenant compte d’une organisation réfléchie de l’espace et de la qualité architecturale », précise Anne Eusèbe, chargée de mission urbanisme au Parc naturel régional. « Nous ne voulions surtout pas appliquer à ce territoire rural des réponses très urbaines avec leur logique de densité. Nous attendions une démarche pédagogique », renchérit Joël Laporte, directeur du CAUE du Lot.

Le concours d’urbanisme intitulé « Nouveaux hameaux nouveaux quartiers en milieu rural » a été lancé à l’automne 2006. Les équipes pluridisciplinaires, composées d’architectes, urbanistes et paysagistes, ont chacune travaillé sur deux des dix terrains mis à disposition par les communes et communautés de communes partenaires de l’opération.

L’architecte-urbaniste Jacqueline Bertaïna et la paysagiste Françoise Mauxion de l’agence Parcourir (Toulouse) ont présenté un document didactique axé sur la forme urbaine et les outils de gestion de l’urbanisation, et ont insisté sur la nécessaire recomposition du parcellaire, s’appuyant sur les lotissements multipropriétaires pour répondre à la question de densification dans le temps. « Il faut refuser de caler le parcellaire bâti sur le parcellaire agricole. Dans ces territoires, la demande n’est pas suffisante pour monter vingt opérations en même temps. De plus, les élus n’ont pas les moyens de financer une maîtrise d’œuvre à chaque opération. La souplesse est donc indispensable pour permettre une urbanisation progressive », affirme Jacqueline Bertaïna.

Négocier plus qu’imposer. La paysagiste Eliane Auberger de Sycomore (Clermont-Ferrand) et l’architecte Philippe Berges (Figeac, Lot) préconisent d’organiser les interfaces et transitions entre bâti et activités, et de donner du temps au temps pour adapter les équipements publics, les services et le foncier. « On n’intervient pas dans le rural comme dans l’urbain. Là où tout le monde se connaît, on négocie plus que l’on impose », poursuit Eliane Auberger.

Les Toulousains Marc Segui de l’Atelier urbain et Bruno Redon de Repérage ont développé la notion d’aire de constructibilité (aire aedificandi). « Elle permet de ménager un recul moyen sur l’espace public, préserver les continuités non bâties entre parcelles, et facilite une gestion durable des subdivisions parcellaires », note Marc Ségui.

Le Parc naturel des causses du Quercy, qui n’a pas vocation à être un maître d’ouvrage, ne donnera pas de prolongements opérationnels directs à ces études. Il en assurera la médiatisation et les insérera sous forme de fiches dans un guide pratique à l’usage des élus. Les propositions constituant des références pour les collectivités locales, opérateurs et leurs maîtres d’œuvre.

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ENCADRE

Produire des modèles de maison

En bordure du parc régional, le CAUE (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement) du Lot a apporté son assistance technique au concours d’architecture organisé par le Pays bourian (59 communes, 22 000 habitants) consistant à imaginer trois modèles de maisons individuelles à ossature bois, modulables et de « bonne qualité environnementale ». Menée conjointement avec celle du Parc naturel régional des causses du Quercy, la consultation vise le même objectif de développement territorial et d’adaptation aux caractéristiques locales.

Les maisons conçues par les lauréats (David Hébert/YannOuvrieux/Isabelle Paoli, architectes, Cahors/Toulouse) vont être construites en 2008 pour 100 000 euros les 100 m2 en moyenne (illustrations ci-dessous). Ouvertes au public pendant trois mois, puis mises à la vente, elles doivent sensibiliser la population à d’autres références.

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