[TO] Règles techniques

Terrassement par voie nautique sur la Meurthe

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier - Travail

-Porter la profondeur de la Meurthe à 5 mètres. -Utilisation de pelles flottantes et de trois barges de 120 t chacune.

La situation en milieu urbain de la quatrième tranche (sur cinq) des travaux de calibrage de la Meurthe à Nancy a amené Sogea Est à définir des techniques de terrassement par voie nautique. « La profondeur de la rivière devant être portée à 5 m, nous avons d’emblée exclu les terrassements à sec avec formation de casiers. La mise à sec de la rivière aurait provoqué un rabattement de nappe, puis des mouvements de quelques centimètres en tête de berges, ce qui aurait occasionné des désordres dans les habitations situées immédiatement au bord de l’eau », rappelle Olivier Tissier, ingénieur chef de projet.

Tous les travaux de protection de berges ont été réalisés depuis des pontons flottants. Sur 1 400 m, 1 000 m sont protégés par 1 000 t de palplanches PU 16, les 400 m restants en talus étant recouverts de gabions plats ou d’enrochements. Pour les 100 000 m3 de terrassements en eau, Sogea Est a retenu les pelles flottantes Bibaut en raison de leur compacité : une pelle flottante travaille au niveau de l’eau, soit 1,50 m plus bas qu’une pelle à chenilles montée sur un ponton. « Pour extraire les marnes compactes du fond de la Meurthe, situées jusqu’à 6 m de profondeur, nous avions besoin d’une importante force d’arrachement au godet. Or, la pelle flottante de 35 t équivalait à une pelle de 50 t sur ponton », ajoute Olivier Tissier.

Trois barges démontables de 120 t chacune ont assuré l’acheminement des marnes et des vases, déplacées par un pousseur de 450 CV. Sogea a aménagé une zone d’égouttage des déblais. Les matériaux extraits transitent sur une sauterelle (28 m de long et 1,40 m de large) jusqu’au bac de rétention bordé de digues d’une capacité de 3 000 m3. « Comme les semi-remorques ne sont pas souillés sur le chantier même, nous gagnons dix minutes par rotation sur le nettoyage des véhicules », souligne Olivier Tissier. L’entreprise a également opté pour la préfabrication des gabions plats posés en protection des barges talutées. La membrane géotextile se pose sur les panneaux préfabriqués sur pontons. Pour permettre la manutention des matelas, un quadrillage métallique rigidifie les panneaux de 23 cm d’épaisseur et comporte des points de levage, apposés tous les mètres.

FICHE TECHNIQUE

Maître d’ouvrage : communauté urbaine du Grand Nancy.

Maître d’ouvrage délégué : Solorem.

Maître d’oeuvre : Navigation du Nord-Est.

Coordonnateur sécurité : BET Trigo.

Entreprises : Sogea Est, Dodin Ouest, Cochery-Bourdin-Chaussé, Brio Sarl.

Montant : 35 millions de francs HT.

Délai : vingt-quatre mois.

PHOTO : Les pelles à chenilles travaillent en terrassement depuis des pontons flottants, au niveau de l’eau.

Vous êtes intéressé par le thème Règles techniques ?
  • Découvrez les Cahiers Techniques du Bâtiment
    Le magazine qui traite des innovations produits, des évolutions techniques et de l’actualité règlementaire dans tous les corps d’états.
    Voir le site

Le Moniteur Boutique
Accéder à la boutique
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X