Enjeux

Sylfen dope l’autonomie énergétique des bâtiments

Grâce à l’hydrogène, la jeune pousse grenobloise parvient à stocker et déstocker l’énergie à souhait.

Miser sur l’hydrogène pour introduire plus de flexibilité dans le pilotage des futurs bâtiments et écoquartiers autonomes en énergie ? C’est le pari de Sylfen, une start-up grenobloise, codirigée par Nicolas Bardi, Caroline Rozain et Marc Potron. Elle s’appuie sur une technologie capable de stocker les surplus d’énergies renouvelables sous forme de gaz pour les restituer, à la demande, sous forme d’électricité et de chaleur. Son Smart Energy Hub est le fruit de dix années de recherche et développement au CEA Tech, la branche « recherche technologique » du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).

« Notre système synthétise l’hydrogène à haut rendement par électrolyse de l’eau. Il présente par ailleurs l’avantage d’être réversible pour se comporter comme une pile à combustible », livre Nicolas Bardi, ancien directeur de laboratoire au CEA Tech et cofondateur de Sylfen en juin 2015. Pour se distinguer sur le marché émergent de l’autoconsommation, marché sur lequel sont positionnés d’autres frenchy comme PowiDian ou Atawey, l’entreprise joue résolument la carte de cette offre « deux en un ».

Cogénération au gaz. Afin d’optimiser son dimensionnement, l’installation est couplée à des batteries traditionnelles : lorsque les accumulateurs sont saturés, le trop-plein d’électrons est stocké sous forme de gaz. Et pour faire face aux périodes de forte consommation, le Smart Energy Hub peut aussi être alimenté par du simple gaz de ville et le transformer en électricité et chaleur. « Nous comparons notre solution à un hub vers lequel convergent différentes sources d’énergie », décode le président de Sylfen.

Le concept s’adapte à toutes les typologies de bâtiments. En effet, la start-up a imaginé un concept modulaire, reposant sur une « brique » de base de 40 kW. Les briques sont associées entre elles, jusqu’à atteindre la puissance souhaitée. Puis elles sont interfacées à d’autres modules qui assurent la connexion à l’alimentation électrique, au réseau de chauffage et au stockage de gaz à l’extérieur du bâtiment.

Recherche d’un projet commercial. Un premier prototype à l’échelle 1/5e, non couplé à un bâtiment, est actuellement à l’essai chez un industriel. Dans le même temps, la start-up boucle une levée de fonds destinée à implanter le premier module à l’échelle 1. Pour atteindre son objectif d’une dizaine de bâtiments pilotes couvrant tous les types d’usages, Sylfen recherche un projet commercial ou de logements. « Notre solution doit être intégrée dès la phase avant-projet par les maîtres d’ouvrage, car elle implique notamment une adéquation entre la capacité de stockage et celle de production photovoltaïque », avertit Nicolas Bardi.

La première génération de Smart Energy Hub devrait être commercialisée à l’horizon 2020 et être intégrée à des bâtiments de 10 000 m² de surface de plancher maximum. Au-delà, la jeune pousse réfléchit à des modules plus puissants capables de fonctionner à l’échelle d’un écoquartier, d’un établissement hospitalier, etc. La faible vitesse de développement du marché de l’autoconsommation l’a convaincue d’élargir son horizon à l’international. La start-up de sept personnes est d’ailleurs hébergée par l’antenne grenobloise d’InnoEnergy, une des branches l’Institut européen d’innovation et de technologie.

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L'avis de l'expert - Prometteuse

« Si cette start-up parvient à rendre les bâtiments totalement autonomes grâce au stockage de l’énergie renouvelable produite et ce, quelles que soient les conditions d’exploitation, elle est promise à un bel avenir ! La clé de sa réussite viendra de sa capacité à adapter cette technologie à n’importe quel bâtiment mais aussi à convaincre les promoteurs immobiliers de l’utilité économique de cette solution. »

Julien Sorba, associé chez BDO.

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7 collaborateurs.

40 kW : la puissance d’une brique de base du Smart Energy Hub.

2020 : horizon de sa commercialisation.

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