Régions Boulogne-Billancourt

Sur les anciens terrains Renault, les usines cèdent la place à la ville

Mots clés : Architecte - Architecture - Collectivités locales - Dessin - Manifestations culturelles - Rénovation urbaine

Le 17 octobre, Pierre-Christophe Baguet, député-maire de Boulogne-Billancourt, a inauguré le cours de l’île Seguin qui dessert les premiers immeubles construits sur les anciens terrains Renault. Alors que les travaux battent leur plein sur le Trapèze ouest, les études démarrent sur le Trapèze est.

Sur les anciens terrains Renault, un nouveau quartier sort de terre. Près de 1 800 habitants vivent déjà dans le secteur du Trapèze ouest et 1 300 salariés y travaillent (laboratoire Ipsen et journal « L’Equipe »).

La livraison des premiers immeubles s’accompagne de l’aménagement des premiers espaces publics. Le 17 octobre, Pierre-Christophe Baguet, député-maire de Boulogne-Billancourt et président de la SAEM Val de Seine Aménagement, aménageur de la ZAC Seguin Rives de Seine, a inauguré le cours de l’île Seguin, conçu par Patrick Chavannes et Thierry Laverne. Epine dorsale du nouveau quartier, cette avenue de 500 m de long se prolonge par le nouveau pont Renault jusqu’à l’île Seguin. Si l’ouvrage de franchissement de la Seine, dessiné par Marc Barani, est désormais accessible au public plusieurs mois après sa livraison, les Boulonnais devront patienter jusqu’au printemps prochain pour poser le pied sur l’île, dans l’attente de l’aménagement de deux hectares de jardins, sous la houlette du paysagiste Michel Desvigne (voir en pages Aménagement).

Près de 100 000 m2 construits

La première tranche du parc de Billancourt, conçu par l’agence Ter (1 ha sur 7 ha au total), bien que terminée, n’ouvrira, elle aussi, qu’en mars ou avril 2010 pour laisser le temps aux plantes de s’acclimater. Enfin, la mise en service du parking souterrain de 600 places (Dacbert-Chapelier-Cochet), qui intègre l’une des culées du pont Renault, interviendra avant la fin de l’année. Fin 2009, la barre des 100 000 m 2 de Shon construits sera quasi atteinte, sur une constructibilité totale de la ZAC de 850 000 m 2 . Au même moment, dix-neuf immeubles seront en chantier (160 000 m 2 ), dont les livraisons s’échelonneront jusqu’à la fin 2011. Mais il faudra attendre 2013 et la livraison de l’îlot D3b, pour que le Trapèze ouest (330 000 m 2 Shon, 2 500 logements) soit entièrement achevé.
Pendant ce temps-là, sur le Trapèze est, les premières consultations pour des macrolots démarrent. « Nous avons décidé de mettre la crise à profit pour lancer les études », indique André Moine, directeur général délégué de la SAEM Val de Seine Aménagement. Une nouvelle convention a été signée en mars dernier entre la SEM, Renault et le groupement de promoteurs DBS (Hines, Nexity, Icade, Vinci Immobilier) relative à la mise en œuvre de l’aménagement de ce secteur. « Pour tenir compte de la conjoncture, nous avons introduit un délai entre le moment où le permis de construire est purgé de tout recours et l’acquisition des terrains, variant de douze mois à vingt jours selon les macrolots, alors que les précédentes conventions n’en prévoyaient aucun », précise Marie-Laure Fleury, directrice d’études à la SEM.
L’accord qui vient d’être conclu porte sur la construction de 156 000 m 2 Shon, en cinq macrolots, répartis entre 100 000 m 2 de logements, 47 000 m 2 de bureaux et 9 000 m 2 d’activités et de commerces. S’y ajoutent 20 000 m 2 d’équipements publics dont un lycée à énergie zéro, et la partie est du parc de Billancourt. Il ne couvre pas la totalité du Trapèze est. En sont exclus deux îlots : l’un, d’une constructibilité de 42 000 m 2 que Renault souhaite aménager en direct avec les promoteurs et l’autre qu’il réserve à la construction de son siège social (60 000 m 2 ).

Trois consultations lancées

Depuis mars, trois consultations ont été lancées pour les macrolots B4 (33 400 m 2 ), A4 ouest (33 000 m 2 ) et A5 (20 000 m 2 ). En juillet, le B4 a été attribué à l’atelier Brenac et Gonzalez (voir encadré). Les lauréats des deux autres îlots seront choisis en décembre et février 2010, cinq architectes étant sélectionnés à chaque fois (1).
Enfin, sur l’île Seguin, les réflexions se poursuivent. Désigné architecte-coordonnateur en juillet, Jean Nouvel s’est attelé à l’élaboration d’un nouveau plan directeur de l’île, qui devrait être dévoilé ce printemps. Et le 23 octobre, à la grande satisfaction de Pierre-Christophe Baguet (voir ci-dessous), le conseil général des Hauts-de-Seine a acté le principe d’un grand équipement musical (32 000 m 2 ) sur la pointe aval de l’île. –

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ENCADRE

Brenac-Gonzalez sur le Trapèze est

L’atelier Brenac et Gonzalez a été désigné architecte-coordonnateur du premier macrolot lancé sur le Trapèze est, le B4, d’une superficie de 34 300 m 2 . Il assurera aussi la maîtrise d’œuvre de deux lots de logements libres avec un ensemble pastoral catholique (12 300 m 2 au total), les autres architectes d’opération étant Sauerbruch-Hutton (16 600 m 2 de bureaux) et KOZ (4 500 m 2 de logements sociaux). « L’îlot s’organise autour de quatre entités sculpturales, entre lesquelles le vide circule, chacune liée à un programme », décrit Jean-Pierre Lévêque, chef de projet. Le cœur d’îlot sera très végétalisé (paysagiste : TN ). Des matériaux comme le verre et le métal seront utilisés en façades pour optimiser la diffusion de la lumière. Dépôt des permis construire : avril 2010.

ENCADRE

« Inscrire les terrains Renault dans le projet de métro automatique de Christian Blanc »

– Le conseil général vient de voter une délibération relative à son projet d’équipement musical sur l’île Seguin…

Cette délibération est le premier acte concret de démarrage de l’île Seguin. Elle arrête nos engagements respectifs sur la pointe aval de l’île. Nous allons céder cette parcelle de 2,35 ha pour un euro symbolique au conseil général, qui en contrepartie s’engage à lancer avant le 31 décembre 2010 une procédure actant du démarrage de son projet d’équipement musical. Cette cité musicale abritera deux salles de concerts, des commerces et des restaurants à vocation culturelle. et le conservatoire de Boulogne-Billancourt à rayonnement régional, le troisième de France après Paris et Lyon avec 1 400 élèves, pour l’instant situé en centre-ville.

– Où en sont les autres projets sur l’île ?

Dans le cadre du projet de pôle d’art contemporain, sur la pointe amont, nous accueillerons 20 000 m 2 de galeries privées et 10 000 m 2 de galeries publiques. Sur la partie médiane s’installeront un pôle de cinéma numérique, le « Cube », équipement culturel transféré d’Issy-les-Moulineaux et une école des beaux-arts numériques en cours de négociation.
La résidence pour artistes est maintenue ainsi que l’hôtel. L’université américaine s’est désistée pour des raisons économiques. L’île accueillera aussi des programmes de bureaux pour des sociétés intervenant dans le domaine culturel. J’ai posé comme condition que les rez-de-chaussée des immeubles restent ouverts au public pour participer à l’animation et à la vie de l’île. Enfin, au printemps prochain, nous rendrons l’île Seguin aux Boulonnais qui en sont privés depuis plus d’un siècle, en ouvrant deux hectares de jardins (sur les onze hectares de l’île). Le tout, bien sûr, est coordonné par Jean Nouvel.

– Comment la desserte de l’île sera-t-elle assurée ?

Un nouveau pont vient d’être inauguré. De plus, la construction de deux passerelles est prévue, l’une pour la relier au tramway T2, en rive gauche de Seine ; l’autre pour rejoindre le terminus de la ligne 9 au pont de Sèves. Mais je souhaiterais une desserte spécifique du site. Elle avait été envisagée par un tramway partant de Meudon, traversant l’île et le Trapèze pour rejoindre, via Marcel-Sembat, la gare de Saint-Cloud Montretout, mais le projet a été récusé par le Syndicat des transports d’Ile-de-France en 2006. Soit je m’emploie à relancer ce projet, soit, ce qui est encore mieux, je parviens à inscrire les terrains Renault dans le projet de métro automatique de Christian Blanc. Les deux pôles économiques majeurs qui tirent l’Ile-de-France – La Défense avec 150 000 emplois et à partir du 1 er janvier, la communauté d’agglomération Grand Paris Seine Ouest (1) avec 160 000 emplois – doivent être reliés en direct. Par ailleurs, la vallée de la culture, dont l’île Seguin constituera la tête de pont, devrait attirer un million de visiteurs par an. J’espère que ces deux arguments réussiront à convaincre Christian Blanc.

(1) A4 ouest : Baumschlager-Eberle, Ferrier, Stern, de Geyter, Valode et Pistre ; A5 : Béal & t Blanckaert, Hamonic et Masson, Marciano, Périphériques, Tetrarc.
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