Technique et chantier

Structure Une façade en jardin suspendu sur la Seine

Mots clés : Aménagement paysager - Bois - Espace vert - Gestion des déchets - Gros oeuvre

Isséane, le centre de traitement des déchets ménagers d’Issy-les-Moulineaux (92), s’achève avec la construction de son bâtiment administratif. La structure extérieure supportera des bacs plantés de chênes.

En bord de Seine à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), le gigantesque chantier d’Isséane, le centre de tri et de valorisation énergétique des déchets ménagers du Syctom de l’agglomération parisienne, touche à sa fin. Tandis que les équipements techniques fonctionnent depuis décembre 2007 et traitent les déchets ménagers de plus d’un million d’habitants, les travaux se poursuivent avec la végétalisation de l’ensemble du site et la construction du bâtiment administratif. Lors des travaux de gros œuvre de l’usine, enterrée à 31 m de profondeur, un mur de béton de 180 m de long et de 20 m au-dessus du sol a été coulé pour séparer les deux programmes : d’un côté l’usine de traitement des déchets, de l’autre le bâtiment administratif. Face à la Seine, celui-ci accueillera sur 6 500 m2 de planchers les bureaux du Syctom et de l’exploitant, un centre d’information du public ainsi que des bureaux destinés à la location.

Des mégapoutres creuses recevront des bacs

Les systèmes de charpentes métalliques des deux programmes sont indépendants et ont été réalisés par des entreprises différentes : Barbot et Joseph Paris pour l’énorme structure de l’usine, Eiffel pour le bâtiment de bureaux côté Seine. Lors du coulage du mur de séparation, des sabots métalliques ont été insérés pour servir d’appuis aux poutres du bâtiment de bureaux à venir. La structure de ce bâtiment est en effet constituée de 14 portiques implantés tous les 14 m, composés de poteaux fuselés réalisés en PRS (profilés reconstitués soudés) dans les ateliers Eiffel de Maizières-lès-Metz (Moselle), rattachés au mur de béton par des poutres de 10 m de long boulonnées sur les inserts métalliques réservés. Aucun poteau intermédiaire ne devait être implanté dans cette bande de 10 m empruntée par les camions du centre de tri.

En partie haute de l’ouvrage, une poutre treillis relie les 14 poteaux. Environ 8 m plus bas, des mégapoutres creuses de 1 m de haut et 2 m de large viennent s’accrocher sur les poteaux. Elles recevront des bacs contenant des chênes fastigiés (en fuseaux). « Déjà sélectionnés, ils patientent dans une pépinière jusqu’à leur transplantation », précise l’architecte Marc Landowski. Leur particularité : un feuillage marcescent, qui reste roux tout l’hiver et ne tombe qu’avec l’arrivée de feuilles nouvelles au printemps. Un système d’arrosage automatique, alimenté par les eaux pluviales de la toiture, sera intégré à l’installation.

Pas de système de climatisation

L’ensemble mégapoutres et poutres transversales (entre poteaux et mur de béton) supporte tous les planchers de bureaux : une boîte de deux étages est posée au-dessus et deux autres niveaux sont suspendus dessous. A 7,50 m sous les poutres-bacs, une autre rangée, également en PRS mais aux dimensions moindres, recevra des bacs garnis de plantes retombantes qui parachèveront la végétalisation de la façade. Les boîtes abritant les bureaux, en structure acier avec planchers collaborants acier-béton, sont revêtues de bois : du pin du Nord traité à chaud dans un bain d’huile de lin pour assurer sa pérennité. Ces volumes fermés alternent avec des patios vitrés où sont réunies les circulations verticales et des passerelles de communication. Aucun système de climatisation n’est prévu. Les dispositions architecturales et techniques apportant un confort été comme hiver par des moyens passifs. L’exposition au nord, les arbres en façade et la toiture végétalisée limiteront les apports de chaleur l’été.

Maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre : Syctom de l’agglomération parisienne

Assistance à maîtrise d’œuvre : Dubosc & Landowski, AAE (architectes) ; Iosis, Jacobs (ingénierie)

Bureau de contrôle technique : Veritas

Coordination SPS : Presents

Paysagiste : Serge Eyzat

Entreprises : Razel, Demathieu et Bard, Urbaine de Travaux (groupement d’entreprises génie civil) ; Bilfinger Berger, Solétanche Bachy, Sefi, Spie Fondations (fondations) ; Barbot, Joseph Paris, Smac Acieroid, Eiffel (charpente, façades, couverture)

Coût total de l’opération : 601 millions d’euros HT.

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EN SAVOIR PLUS

Une usine géante de traitement des déchets en ville, n° 5 405 du 29 juin 2007, p. 70 « Le Moniteur »

Terrassement et génie civil sans nuisances sonores, n° 5 332 du 5 février 2006, p. 86 « Le Moniteur »

Fondations complexes en site urbain, n° 5 238 du 16 avril 2004, p. 62 « Le Moniteur »

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Des poteaux fuselés comme des bateaux

Comme l’ensemble de la structure, les 14 poteaux métalliques livrés avec une couche de peinture primaire ont été revêtus de peinture intumescente puis d’une finition gris clair. Ils sont habillés de coques en bois dont la réalisation a été confiée à un fabricant de coques de bateaux. Chacun des quatre quartiers de bois du parement, constitué de lamelles collées entre elles, est vissé sur un support en polyester moulé, lui-même fixé par des vis sur des oreilles métalliques soudées sur le poteau lors de sa fabrication en atelier.

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