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Sophia-Antipolis L’immobilier de bureaux au bord de la pénurie

Mots clés : Collectivités locales - Economie mixte - Gestion et opérations immobilières - Marché de l'immobilier

Le constat peut laisser perplexe, mais il est bien réel : la technopole, en phase de reprise de sa croissance (+ 870 emplois en 1996, sans doute plus de 1 000 en 1997), risque de refuser des demandes d’implantation (ou d’extension des surfaces occupées) sur plus de 1 500 m2, faute d’une offre de bureaux suffisante et adaptée ! Depuis plusieurs mois déjà, les responsables du parc s’inquiètent du quasi-arrêt de toute production immobilière nouvelle sur ce créneau : à la mi-mars 1997, les stocks de bureaux à la location (c’est le mode d’occupation qui a le vent en poupe auprès des entreprises) ne dépassaient pas 14 500 m2 (offre « locataire », « propriétaire » et « en cours de réalisation » cumulée), chiffre en deçà de la consommation moyenne annuelle sur les cinq dernières années : 18 500 m2.

En juin dernier, la société anonyme d’économie mixte (SAEM) Saca a confié au groupe Conseils Associés une étude de l’offre de 32 immeubles locatifs du parc (soit 162 000 m2 dont 75 % en bureaux) pour examiner de plus près le phénomène. Elle révèle qu’à fin novembre « les immeubles de bureaux occupés à 87,5 % ne proposaient plus que 11 300 m2 de disponibles ». Et encore : sur ces 11 300 m2, 3 100 m2 sont situés dans un immeuble impossible à proposer, et les 8 000 m2 restants sont dispersés en petites surfaces (1 000 m2 environ).

Un manque d’investisseurs

« En fait, l’offre locative est tombée à presque rien, précisent Alain Catroux, directeur du Symisa, et Pierre Robert, chargé de mission à la SAEM. Il y a urgence à lancer au moins 3 500 m2 de bureaux en « blanc », en deux opérations, avec des locaux simples, modulables, câblés, qui répondent parfaitement aux besoins des acteurs du parc. Puis de passer à la réalisation d’au moins un bâtiment de 1 500 m2 par an. » Le marché de Sophia, sain, rentable, devrait sans mal absorber cette offre nouvelle : les terrains, les clients, les promoteurs sont là, mais… pas les investisseurs. Et c’est toute la difficulté actuelle : les « institutionnels » ne se sont pas remis des années noires qu’a traversé l’immobilier d’entreprise, et ce alors que la relance de l’immobilier locatif, sous la pression de la demande, devient urgente.

Les chiffres clés de Sophia-Antipolis (1)

1 082 raisons sociales (dont 53 % dans les services aux entreprises).

17 030 emplois (dont 40 % dans les sciences de l’information, le pôle de compétence majeur).

Près de 800 000 m2 construits et occupés.

En 1998, le nombre d’emplois sous statut « locataire » devrait dépasser celui des entreprises sous statut « propriétaire ».

(1) au 1er janvier 1997).

PHOTO :

La Sem déplore un manque de bureaux en location.

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