Régions

Seine-et-Marne Une formation pour les femmes d’artisans du bâtiment

Mots clés : Apprentissages - Artisanat - Entreprise du BTP - Politique européenne

-Elle est mise en place par le BTP 77 dans le cadre du programme européen Adapt. -Un menu de seize thèmes possibles leur est proposé.

Qu’elles soient mères, filles, ou épouses d’entrepreneurs, les femmes jouent un rôle important dans la vie des PME du BTP seine-et-marnais. Constituée pour une large part de petites unités -4 000 entreprises de moins de 25 salariés (soit 85 %) et environ 1 750 artisans – la profession est parfois organisée autour d’un noeud familial où la femme tient une place prépondérante, bien que souvent peu reconnue. Les femmes du BTP interviennent en effet dans la gestion financière, la gestion du personnel, la bureautique, le développement commercial, voire sur le plan technique.

C’est pour optimiser ces rôles que la fédération du bâtiment et des travaux publics de Seine-et-Marne a mis sur pied un projet visant à structurer et organiser leur formation. Il s’inscrit dans le cadre du programme d’initiative communautaire (PIC) Adapt. Ce dispositif financé par le fonds social européen permet de soutenir des projets répondant à des caractéristiques précises : ils doivent être innovants, recouvrir une dimension transnationale tout en restant des projets locaux. Plus spécifiquement, ils doivent permettre aux salariés de s’adapter aux évolutions du monde du travail.

« Avec ce type de projet, nous sommes tout à fait en phase avec notre fonction syndicale, souligne un responsable de l’initiative. Très souvent, les femmes n’ont pas le statut de salariées. Etre femme ou fille d’entrepreneur, cela ne suffit pas. Il s’agit là, d’obtenir la validation de leur compétence ».

En juillet dernier, dès l’agrément de son projet, le BTP 77 qui dans cette opération fait un peu office de « laboratoire national », lançait une enquête auprès des 4 000 bénéficiaires potentielles. L’ambition : déceler auprès d’un panel de femmes représentatives des besoins de la profession, les priorités en matière de formation. Un questionnaire en 50 points portant aussi bien sur les besoins en informatique (connaître Windows) que sur l’évaluation du stress ou la défense des droits dans une sous-traitance. Ce « sondage » a permis de définir un « menu » de seize thèmes de formations (informatique, comptabilité, gestion, technique, commercial, sécurité, langues vivantes, relations humaines, etc.) qui se tiennent au siège de la fédération à Melun, ou encore à Meaux, selon un calendrier précis.

La dimension transnationale indispensable à ce projet du BTP 77 a été validée grâce à un accord de jumelage et d’échanges avec les fédérations du bâtiment d’Irlande, de Belgique et l’Institut Gaudi de Barcelone. Le coût du projet pour deux ans et demi de fonctionnement s’élève à 7,7 millions de francs dont 40 % sont à la charge du fonds social européen, le reste se partageant entre fonds publics et privés français.

ENCADRE

Un couple complémentaire

Femme d’artisan plombier-chauffagiste, Nicole Le Marchand a déjà « goûté » à trois formules de formation proposées par le BTP 77. « Ce que j’ai appris à chaque fois nous a permis de progresser de façon incroyable », souligne-t-elle. L’entreprise familiale « Modern’Confort » à Pontault-Combault emploie 6 personnes plus elle-même, en bénévole. « Je travaille à mi-temps… », et précise-t-elle non sans humour : « 12 heures par jour ». Et de fait, ses stages ont permis à Nicole Le Marchand d’optimiser son temps de travail entre la comptabilité et la présence dans le magasin auprès des clients. Elle s’est ouverte aux conseils en décoration, a appris à gérer ses stocks plus finement, à élaborer des fichiers de contrôle pour limiter les pertes de temps aux ouvriers sur les chantiers.

« Très souvent, les femmes d’artisan sont des autodidactes, ajoute-t-elle. Il faut savoir se remettre en question pour ne pas être dépassé. Notre profession est l’objet de nouvelles réglementations très lourdes. La formation est indispensable pour y voir plus clair. C’est également une question de survie ».

De son côté, Georges Le Marchand approuve, parfaitement conscient de ne pouvoir assumer seul ces missions, en plus des chantiers. « Nous jouons la complémentarité dans le couple », admet-il, en se félicitant de pouvoir se reposer entièrement sur les nouvelles compétences de sa femme.

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