Architecture Laboratoire

Se jouer des courts-jus

Mots clés : Établissements de soins

Près de Lyon, le Supergrid Institute accueille des tests électriques de forte puissance en toute sécurité.

Parti de la gare de Lyon-Part-Dieu, le tram T3 quitte rapidement la capitale des Gaules et s’engage dans les rues de Villeurbanne. Au bout de deux kilomètres environ, le regard des passagers est attiré par un nouveau duo de bâtiments qui émergent des grilles de l’usine General Electric. L’un arbore une façade rouge en terre cuite rehaussée d’un profilé ondulé en acier. Son voisin, dont le béton gris clair est resté nu, expose un quadrillage en relief. Ce couple peu banal abrite les activités du Supergrid Institute. Créé en janvier 2014, cet institut pour la transition énergétique rassemble 13 partenaires publics et privés (1) autour de la recherche sur les équipements électriques haute tension. « Nous étudions les technologies en courant continu ou alternatif nécessaires au transport de l’électricité et à la sécurité du réseau », précise Hubert de la Grandière, directeur général de l’organisme.

Cage de Faraday géante. Les expérimentations de l’institut requièrent des tensions de plusieurs milliers de volts, et exigeaient donc des locaux adaptés. Le chantier a commencé avec la construction de l’édifice ocre, qui a duré de juillet 2016 à septembre 2017. Sa surface de 5 560 m² se partage entre un espace tertiaire et deux halls, qui sont destinés à l’assemblage et aux tests d’appareils électriques de grande taille. D’une hauteur de 17 m, ces hangars occupent 1 500 m². Le hall dédié aux essais a été conçu comme une cage de Faraday : son enveloppe empêche les nuisances électromagnétiques d’entrer ou de sortir. Pour ce faire, toute sa surface est recouverte de panneaux de bois revêtus d’une couche d’acier galvanisé de 3 cm d’épaisseur.

La partie tertiaire se compose quant à elle de quatre niveaux et accueille des bureaux et des laboratoires. Afin de respecter les délais fixés, Spie Batignolles Sud-Est, l’entreprise générale chargée de l’opération, a utilisé des poutres et des poteaux préfabriqués. Les planchers des bureaux intègrent également des prédalles alvéolées recouvertes d’une dalle de compression, pour une épaisseur totale comprise entre 22 et 30 cm. « Nous avons choisi ce système en raison de sa grande portée. Sur une longueur de 15 m, il ne nécessite qu’une file de poteaux-poutres au centre », se félicite Norbert Larue, directeur régional de Spie Batignolles Sud-Est. Le budget de ce chantier s’élève à 8,2 millions d’euros HT.

Résistance aux explosions. Le second bâtiment consiste en un immense cube de 25 mètres de côté. Amorcée en novembre 2016, sa construction devrait se conclure en janvier prochain. Il sera utilisé pour des tests de matériel soumis à de très hautes puissances électriques, et sa structure doit donc pouvoir résister à d’éventuelles explosions d’équipements.

Les fondations se composent de pieux et de longrines préfabriqués. Ces dernières ont été clavetées sur site au moyen de semelles de béton armé. « Une dalle avait été envisagée, mais le sol s’est révélé trop hétérogène lors des sondages effectués avant les travaux », explique Norbert Larue.

Le béton, de catégorie C30/37, a été coulé sur place. Son armature d’une forte densité doit lui permettre de contenir les déflagrations et les projections de débris. Par ailleurs, ces pièces en acier sont soudées entre elles afin d’éviter des fuites de courant vers l’extérieur. Cet ouvrage représente un investissement de 4,45 millions d’euros HT.

Maîtrise d’ouvrage : Supergrid Institute (et GE Grid Solution pour le hall d’essais très haute puissance). AMO : Ingérop.

Maîtrise d’œuvre : AAMCO/NEWA (architecte), Artelia (ingénierie).

Entreprise générale : Spie Batignolles Sud-Est.

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(1) Les partenaires-actionnaires sont : Alstom, CentraleSupélec, l’Ecole centrale de Lyon, EDF, GE Grid Solutions, GE Renewable Energy, Grenoble INP, l’Insa Lyon, Nexans, l’université Claude-Bernard-Lyon-1, l’université Joseph-Fourier-Grenoble-1, l’université Paris-Sud, Vettiner.
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