Management Enquête

Salaires du négoce la prudence toujours de mise

Mots clés : Distribution - Travail

Les politiques salariales des négoces naviguent entre une crise qui dure et la nécessité de remotiver les collaborateurs pour soutenir l’activité.

Dans une conjoncture plus que morose, les négociations dans le cadre des conventions collectives nationales (CCN) constituent un point de repère non négligeable pour les négoces. « Les minima sociaux constituent l’une des étapes de la négociation annuelle, et ce n’est pas un sujet anodin, puisqu’ils entrent dans le calcul de revalorisation des primes d’ancienneté », rappelle Laurent Martin Saint-Léon, délégué général de la Fédération du négoce de bois et des matériaux de construction (FNBM).

Or, après une recommandation patronale en 2013, un accord au sein de la CCN du négoce de matériaux de construction (n° 3154) a été trouvé en 2014. « Nous avons renégocié sur la base de 2012 et nous nous félicitons de cet accord applicable depuis le 1er mars, indique Franck Bernigaud, président de la commission sociale de la branche matériaux de construction de la FNBM. Ceci permet de tenir compte de l’évolution du Smic et de l’inflation, et indique que nous avons une branche dynamique avec une bonne relation bipartite. »

Minima conventionnels, un repère dans le brouillard

Du côté de la Confédération française du commerce interentre-prises (CGI), des négociations ont eu lieu pour la CCN des commerces de gros (n° 3044), avec une propo- sition de revalorisation de 1,1 % des minima conventionnels. En raison d’un taux de représentativité insuffisant du seul signataire – la CFDT -, l’accord paritaire n’a pas pu être appliqué, et c’est donc seulement à titre d’information que la grille des minima a été transmise aux entreprises. « Quand elle s’applique, la grille des minima conventionnels se répercute sur toute la grille, depuis le premier échelon des employés du niveau I.1 jusqu’au niveau VI.3, qui correspond aux agents de maîtrise, et même au-delà, au niveau VII.1 pour les cadres, explique Isabelle Bernet-Denin, secrétaire générale de la CGI, en charge des affaires sociales et de la formation. Elle joue un rôle auprès des petites et moyennes structures qui ont besoin d’un repère conventionnel. Mais elle est également intégrée par les grandes entreprises pour la mise en place de leur politique globale de rémunération. »
Ainsi, les années sans accord, la revalorisation des minima conventionnels n’a pas de caractère obligatoire. Mais les entreprises qui ne les répercutent pas risquent d’avoir à absorber des hausses substantielles dans l’année (ou les années) suivante(s) dès lors qu’un accord sera trouvé. Or, ce pourrait être le cas pour le commerce de gros en 2015.
Par ailleurs, il est préférable de faire preuve de vigilance à l’évolution de ces accords, pour vérifier que les minima conventionnels sont respectés lorsque des rémunérations variables sont versées. Or, la pratique du variable est très courante dans l’univers du négoce. Elle a même eu tendance à se déployer au-delà des fonctions directement commerciales, avec un impact fort sur les niveaux de revenus des salariés du secteur en crise depuis plusieurs années.

Concilier des objectifs divergents

En ce sens, la situation des cadres du négoce est assez proche de celles de la plupart des cadres en France dont les salaires progressent au mieux lentement, voire stagnent. Selon une étude de l’Apec, 49 % des entreprises envisagent de distribuer des augmentations à tout ou partie de leurs cadres en 2014, dans des proportions similaires à celles de 2013, année où le salaire annuel moyen des cadres en poste était de 54 800 € et où le salaire médian s’élevait à 48 000 €.
La 12e édition du baromètre Expectra des...

Vous lisez un article de la revue Negoce n° 401 du 20/11/2014
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